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	<title>LM magazine &#187; L’Empire de Babel</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Du Zhenjun</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Jan 2015 11:19:46 +0000</pubDate>
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<p>Quand la révolution culturelle chinoise de Mao Zedong commence, en 1966, Du Zhenjun est âgé de cinq ans. Rapidement, il se tourne vers l’art, avec les limites qu’implique le pouvoir politique communiste : « <em>Au collège, j’étais dans une école de gravure sur jade et ivoire, où l’on formait plus des artisans que des artistes</em> ». Mais cet apprentissage artistique à Shanghai, ville où il est né et a grandi, fut bouleversé en 1976, quand « <em>Mao, Zhou Enlai et Zhu De décèdent</em> ». Du Zhenjun se souvient que « <em>tous les Chinois étaient tristes, un peu comme en Corée du nord après la mort de Kim Jong-il</em> ». L’artiste s’émancipe avec l’arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping : « <em>Le premier grand changement fut l’ouverture de l’université. Ce n’est plus l’état qui sélectionnait les futurs étudiants, mais les examens</em> ». Ainsi en 1984, le sculpteur intègre l’Université des Beaux-arts de Shanghaï pour découvrir la peinture. <span class="has-pullquote" data-pullquote="La mondialisation me fascine parce que j'ai grandi dans une société fermée"><br />
</span></p>
<p><strong>Direction la France</strong></p>
<p>Pour se libérer d’un modèle qu’il estime encore trop académique, Du Zhenjun rejoint le monde occidental. Son arrivée à Rennes en 1991 pour se former aux arts numériques marque une nouvelle étape. Désormais, plus question de se laisser enfermer dans une case. Si bien qu’en 2003, en marge du Festival d’automne, l’artiste numérique Edmond Couchot le qualifiera « <em>de philosophe qui pense avec des images</em> ». L’inspiration principale de cet insaisissable Chinois ? La mondialisation, qui le fascine : « <em>Sûrement parce que j’ai grandi dans une société fermée</em> ». Tandis que certains dénoncent la disparition des cultures, Du Zhenjun pointe ce qui rapproche les hommes, persuadé que l’humanité est arrivée à une situation « <em>où nous sommes obligés de partager des valeurs, une morale à l’échelle mondiale. Une civilisation s’impose grâce à la technologie</em> ». Sans prise de position manichéenne : « <em>Je ne porte pas de jugement. <span class="has-pullquote" data-pullquote="Je ne suis ni pour ni contre la globalisation.">Je ne suis ni pour ni contre la globalisation.</span> De même que cela n’a pas d’intérêt d’être pour ou contre Internet</em> ».</p>
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<p> <strong>Babel, ou la contraction du monde</strong></p>
<p>Aujourd’hui, on parle principalement de <em>L’Empire de Babel</em>, série de 15 images présentées lors de <em>Paris Photo</em> 2013 et 2014 par la Galerie RX. Une transposition du mythe de la fameuse tour à notre époque. Pour sa réalisation, Du Zhenjun a prélevé sur le net des centaines de fragments d’images hétéroclites, coupées de leur contexte. Ce foisonnement de visages et d’objets renvoie aux épisodes les plus ordinaires ou les plus dramatiques du monde contemporain. L’impression de saturation de chacune des « photographies » a son explication : « <em>Il y a très peu d’espace dans cette série qui reflète cette mondialisation qui nous sature d’informations. L’immensité et l’infiniment petit se rejoignent</em> ». <em>L’Empire de Babel</em> est plus qu’une œuvre, c’est « <em>un pays fictif qui représente notre monde. Chaque image en est une contraction</em> ». Et qui devrait continuer d’inspirer Du Zhenjun. Mais cette fois à travers la peinture : « <em>Elle traduit mieux les émotions personnelles. Je cultiverai cette thématique de la globalisation, en me focalisant toujours plus sur l’individu</em> ».</p>
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