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	<title>LM magazine &#187; Leland Carlson</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Dull Men’s Club</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Jan 2016 09:32:45 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Dull Men’s Club]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Leland Carlson est américain. Cet avocat à la retraite partage son temps entre l’Angleterre et les Etats-Unis. Créateur du Dull Men’s Club, le septuagénaire lit avec attention le menu. <em>« Je vais prendre un fish and chips, c’est plutôt « dull » ça, non ? »</em>. Eh oui, quoi de plus banal et terne dans un pub anglais ? Le ton est donné. Leland aime célébrer l’ordinaire. Cette passion est née dans les années 1980, dans un bar de Manhattan. Lisant comme d’habitude le journal, il est d’un coup submergé par toutes les annonces de clubs qui prônent une foule d’activités : <em>« yoga, bridge, etc. Il y avait tellement d’options que je me suis dit : “Si je n’adhère à rien de tout cela, je dois être forcément “dull”, triste&#8230; Ou alors, pourquoi pas créer mon propre cercle ?”»</em>.</p>
<p>L’idée de son Dull Men’s Club consiste à sacraliser des choses a priori banales. Leland est ainsi intarissable sur ses deux grandes passions : les escalators et les bancs publics ! <em>« J’aime bien monter, descendre, errer dans les couloirs, m’asseoir sur les bancs et prendre mon temps »</em>. Une démarche loin d’être ordinaire à une époque où tout s’accélère. Suivant le même esprit, deux ou trois personnes le contactent chaque semaine pour rejoindre son club. Il fait passer un petit test et délivre des certificats – gratuits. <em>« La plupart sont des maris, des boyfriends ou même des ados comme Jude, le collectionneur de disques de stationnement »</em>.</p>
<div id="attachment_49174" style="width: 543px" class="wp-caption aligncenter"><img class=" wp-image-49174" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2016/01/report_leland-carlson_escalator--elisabeth-blanchet-1024x683.jpg" alt="Leland Carlson, président du Dull Men’s Club qui compte plus de 5 000 membres. © Elisabeth Blanchet" width="533" height="356" /><p class="wp-caption-text">Leland Carlson, président du Dull Men’s Club qui compte plus de 5 000 membres. © Elisabeth Blanchet</p></div>
<p><strong>Le roi des cônes –</strong> Ses comparses les plus célèbres figurent dans le calendrier 2015 du Dull Men’s Club et dans le livre qui vient de sortir : <em>Dull Men of Great Britain</em>. Voici par exemple David Morgan, 73 ans, qui collectionne les cônes de signalisation depuis la fin des années 1970. <em>« J’étais représentant de commerce dans une boîte qui en fabriquait et l’un de nos concurrents nous accusait de le copier</em>, se souvient-il. <em>Je suis parti à la chasse aux cônes pour prouver que ce gars-là n’avait rien inventé »</em>. Mais cette quête est devenue une authentique passion. Aujourd’hui David (surnommé « Cône-Man le Barbare ») possède plus de 500 pièces. Elles envahissent littéralement sa maison. Certes, ses enfants sont gênés lorsqu’il affirme ne pas supporter la vue d’un cône isolé sur le bord de la route&#8230; Durant un dîner, certains convives quittent même la table en apprenant qu’il administre un bain chaud et range à l’ombre chaque nouvelle trouvaille pour les protéger du soleil&#8230;</p>
<div id="attachment_49181" style="width: 497px" class="wp-caption aligncenter"><img class=" wp-image-49181" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2016/01/report_dull-mens-club_archie-workman-drainspotterleland-carlson_lm-114-1024x768.jpg" alt="Archie Workman entretient les fossés et collectionne les bouches d’égout. Il est fasciné par leurs formes, leur agencement et le monde qu’elles dissimulent. ©Leland Carlson" width="487" height="365" /><p class="wp-caption-text">Archie Workman entretient les fossés et collectionne les bouches d’égout. Il est fasciné par leurs formes, leur agencement et le monde qu’elles dissimulent. ©Leland Carlson</p></div>
<p>L’un des autres fers de lance du groupe, Kevin Beresford, photographie les ronds-points dans sa ville de Redditch (Midlands) depuis 2003. <em>« Je les trouve fascinants, ils ont tellement de potentiel. On pourrait mettre n’importe quoi dessus… Ce sont des oasis dans les villes</em> », assure cet imprimeur de 62 ans. Son premier calendrier, <em>Roundabouts of Redditch</em>, connaît un succès national et le deuxième, <em>Roundabouts of Great Britain</em>, brille à l’international !</p>
<p><strong>Extra-terne –</strong> <em><span class="has-pullquote" data-pullquote="« On passe pour des zinzins, mais les gens nous trouvent drôles ! »">« On passe pour des zinzins, mais les gens nous trouvent drôles ! »</span></em>. Leland va jusqu’à parler de TOC qui rend heureux… Pour Mark Coulson, docteur en psychologie à l’université du Middlesex, il y a une contradiction : les Dull Men se font remarquer car ce qu’ils font est rare et inhabituel, donc plus vraiment terne… David Morgan approuve : «<em> Je me sens “extra dull ”»</em>. C’est beaucoup mieux que d’être un simple “dull” ! <em>« Je les admire</em>, avoue Mark Coulson. <em>Ils sont anti-conformistes, anti-consuméristes, pas du tout réceptifs aux messages qui nous invitent à vivre de grands frissons »</em>. Pour lui, être “dull” n’est pas typiquement anglais mais il est vrai que la Grande-Bretagne est un pays ouvert aux excentricités et obsessions inoffensives. Au dessert, Leland choisit un autre classique des pubs anglais : le Sticky Toffee Pudding. Et pense déjà au prochain livre du DMC. Il envisage d’y introduire quelques femmes. <em>« En général, elles sont bien trop excitantes ! »</em>. Mais Leland reconnaît qu’il existe des sacrées “dull” dans la gent féminine et pense au titre du futur bouquin : <em>Dull Men of Great Britain + 3 Women ! </em></p>
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