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	<title>LM magazine &#187; La salle des pendus</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Christian Boltanski</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Apr 2015 11:35:03 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Boltanski]]></category>
		<category><![CDATA[Grand-Hornu]]></category>
		<category><![CDATA[La salle des pendus]]></category>
		<category><![CDATA[MAC's]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><b>L’exposition que vous présentez ici est très sombre. Vous décririez-vous comme un artiste pessimiste ?</b> Je suis un homme extrêmement optimiste. Mais mon art est une réflexion sur la vie qui est totalement tragique. Les humains sont capables de tout… Je vais vous raconter cette histoire que j’aime beaucoup : un homme vient de perdre sa femme et ses deux amis l’emmènent dans le jardin car ils craignent qu’il se suicide. Ils le soutiennent en marchant et cet homme si malheureux dit : « <i>Ô regardez ces fleurs comme elles sont belles, regardez comme il faut beau c’est merveilleux… J’avais oublié… </i>» Donc, heureusement, nous avons cette capacité à oublier l’horreur de la vie.</p>
<p><b>Vous définiriez-vous comme un artiste humaniste ?</b> Oui, c’est prétentieux de le dire, mais je me considère comme un humaniste.</p>
<div id="attachment_36008" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-medium wp-image-36008" alt="©Ph. De Gobert" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2015/03/christian-boltanski2-300x200.jpg" width="300" height="200" /><p class="wp-caption-text">©Ph. De Gobert</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><b><i>La salle des pendus </i></b><b>fait clairement référence à ce qu’on appelait le vestiaire des mineurs<i>…</i></b> Oui. Mais le travail artistique doit rester ambigu. Le descendant d’un mineur du Grand-Hornu, peut légitimement faire cette lecture. Mais, il y a aussi d’autres choses à voir. Je ne vous cacherai pas qu’une des interprétations possibles est la Shoah, qui n’a aucun rapport avec la mine. Ici, chacun lit l’œuvre avec son propre vécu.</p>
<p><b>Pourquoi multipliez-vous à ce point les niveaux de lecture ?</b> Je vais vous raconter une anecdote.<b> </b>Je me rends souvent au Japon et lors de ma première exposition, on m’a dit : « votre art est tellement japonais ». On a supposé que j&#8217;avais un grand-père japonais <i>(rires).</i> Je l&#8217;ai pris comme un compliment. De même, si j’exposais en Afrique, j’aimerais qu’on me dise que mon art est africain. Parce que l<span class="has-pullquote" data-pullquote="Le rêve d’un artiste, c’est de passer de l’individu au collectif">e rêve d’un artiste, c’est de passer de l’individu au collectif</span>.</p>
<p><b>Y a-t-il une dimension religieuse dans votre travail ? Etes-vous intéressé par la religion ? </b>Nous avons tous des serrures à ouvrir. Chacun cherche son chat mais aussi la clef de ces serrures. Que ce soit un scientifique, un philosophe,  un théologien… tout le monde cherche. Je pense qu’il n’y a pas de bonne clé, mais que l’important est de chercher la clé.</p>
<p><b>D</b><b>onc, vous êtes plus spirituel que religieux…</b> Disons que je n’ai pas trouvé la bonne clé.</p>
<p><b>Quels sont vos projets ?</b> Je me sens un peu comme un saltimbanque. Je suis aujourd’hui ici. En juillet je serai à Cracovie, en octobre je serai à Paris et en novembre à Turin. Donc je monte mon chapiteau un peu partout.</p>
<p><b>Avec cette installation-ci ?</b> Non, ce sera totalement différent.</p>
<div id="attachment_36294" style="width: 244px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-medium wp-image-36294" alt="Les Registres du Grand-Hornu,détail-1997_© Ph Degobert" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2015/04/xpo_macs_christian-boltanski-les-registres-du-grand-hornu-detail-1997_-ph-degobert-1997-1-234x300.jpg" width="234" height="300" /><p class="wp-caption-text">Les Registres du Grand-Hornu,détail-1997_© Ph Degobert</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Votre histoire avec le MAC’s remonte à 1997 et <i>Les Registres du Grand-Hornu</i>. Pourtant vous avez déclaré que vous n’aimez pas les musées car vous les trouvez « totalement faux ». En quoi celui-ci ne serait-il pas totalement faux ?</b> Il est totalement faux, à part la partie ancienne. J’en veux souvent aux architectes qui bâtissent des musées, et j’en veux à cet architecte.</p>
<p><b>Pourquoi ?</b> <span class="has-pullquote" data-pullquote="Un musée c’est un espace qui n’a pas vécu et n'a pas été créé pour les hommes">Un musée c’est un espace qui n’a pas vécu et n&#8217;a pas été créé pour les hommes</span>. C&#8217;est une sorte de réceptacle, sans histoire. Et puis très souvent les architectes veulent réaliser leur chef-d’œuvre et ne pensent pas aux autres. Le Guggenheim à New-York est un bâtiment admirable, mais une horreur pour l’artiste qui doit y exposer. Ici, par exemple, l’escalier est une belle chose mais il coupe l’expo en deux. Je préfère travailler dans des églises, dans des granges&#8230; Et puis surtout : la vie est plus émotionnelle que l’art.</p>
<p><b>C’est-à-dire ?</b> Le visiteur devrait oublier un instant qu’il est confronté à de l’art. Dans les musées, il y a une sorte d’étiquette « art » et encore pire : « art contemporain ». Une anecdote le démontre fort bien. Il y a des années il était prévu que j&#8217;expose à Saint-Jacques-de- Compostelle dans un musée qui ne me convenait pas. J&#8217;ai alors pu m&#8217;installer dans une des nombreuses églises (en fonctionnement) que compte la ville. Et la veille de l’inauguration, une vieille dame m&#8217;a dit : « <i>qu’est-ce qui va se passer ici ?</i> » Je lui ai répondu qu’on préparait une célébration pour les morts. Elle a immédiatement compris mes intentions. Mais si je lui avais dit : « <i>je suis ce qu’on appelle un artiste post-conceptuel », </i>elle m’aurait dit<i> : « mais quelle honte !</i> ». Donc le fait de mettre une étiquette sur une œuvre empêche l’émotion. Si à la sortie d&#8217;une de mes expositions on se dit : « <i>Boltanski est un bon artiste de la fin du XX<sup>e</sup> siècle</i><i> »,</i> j&#8217;aurais tout raté. C’est pourquoi il n’y a pas d&#8217;étiquette dans cette exposition. Rien à lire, mais tout à chercher soi-même.</p>
<div id="attachment_36295" style="width: 238px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-medium wp-image-36295" alt="Le Manteau, 1986 © Christian Boltanski" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2015/04/xpo_macs_christian-boltanski-le-manteau-1986christian-boltanski-228x300.jpg" width="228" height="300" /><p class="wp-caption-text">Le Manteau, 1986 © Christian Boltanski</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Mais comment vous présenteriez-vous, si vous n’êtes pas un artiste contemporain ?</b> <span class="has-pullquote" data-pullquote="Je ne suis pas un artiste moderne">Je ne suis pas un artiste moderne</span>. Je dis toujours que je suis un peintre, mais je ne sais pas quelle est la meilleure définition. Le mot plasticien est tellement laid&#8230; En tout cas je ne suis pas moderne. L’art n’est pas moderne, n’est pas meilleur aujourd’hui qu’il y a 50 ans. Les questions que je me pose, sont les mêmes que celles de nos ancêtres. Je parle avec le langage de mon époque, mais la jalousie chez Racine correspond à la même chose aujourd’hui. On ne parle pas en alexandrins, mais c’est le même sentiment.</p>
<p><b>Vous multipliez les médias, vous êtes plus à l’aise avec lequel </b>? Je préfère la parole, car j’ai peu été à l’école et donc l’écriture reste plus compliquée pour moi.</p>
<p><b>Quel message voudriez-vous faire passer au visiteur ?</b> C’est à chacun de le trouver. Il y a deux jours une radio belge m’a demandé ma maxime, alors j’ai cité Jacques Demy : « <i>Rit qui veut, pleure qui peut</i> ». Il est plus difficile de pleurer que de rire.</p>
<p><a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2015/04/01/christian-boltanski/" target="_blank">RETROUVEZ NOTRE REPORTAGE SUR L&#8217;EXPOSITION DE CHRISTIAN BOLTANSKI EN CLIQUANT ICI</a></p>
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		<title>Christian Boltanski</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Apr 2015 01:30:38 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Christian Boltanski]]></category>
		<category><![CDATA[La salle des pendus]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>La salle des pendus est moins une exposition qu’un voyage intérieur vers des rivages qu’on aimerait ne jamais atteindre. Le temps qui...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><em>La salle des pendus</em> est moins une exposition qu’un voyage intérieur vers des rivages qu’on aimerait ne jamais atteindre. Le temps qui passe et détruit tout, l’oubli, la mort… Ces thèmes hantent Christian Boltanski depuis bientôt 60 ans. Articulées entre elles sur 5 000 mètres carrés, <a href="http://www.mac-s.be/" target="_blank">les 15 pièces présentées au MAC’s</a> n’ont pourtant rien d’une rétrospective. Elles forment une seule oeuvre, indivisible, radicale et conçue spécialement pour le Grand-Hornu. <em>« C’est un objet unique qui, fin août, ne sera plus jamais visible »</em>, prévient-il. Si le parcours offre – comme toujours chez Boltanski – une multiplicité de lectures, l’artiste a d’abord voulu y exprimer <em>« la destruction de la vie, de l’humain »</em>.</p>
<div id="attachment_36005" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-medium wp-image-36005" alt="Les Registres du Grand-Hornu, 1997 © Ph. De Gobert" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2015/03/christian-boltanski-300x200.jpg" width="300" height="200" /><p class="wp-caption-text">Les Registres du Grand-Hornu, 1997 © Ph. De Gobert</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>L’effacement progressif</strong></p>
<p>Ce chemin débute devant Les Registres du Grand-Hornu, oeuvre emblématique de cette <em>« mythologie de l’individu »</em> que le Français a réalisée pour le MAC’s en 1997. Dans une pénombre presque religieuse, 3 500 boîtes de fer blanc et rouillées couvrent l’immense mur de l’ancien magasin au foin. Sur chacune d’elles, un nom de mineur, parfois assorti d’une photo, comme un mémorial – <em>« nommer quelqu’un, c’est lui donner la dignité d’être humain »</em>. Au pied de ces Registres, des manteaux posés sur des tréteaux de bois et doués d’une parole synthétique questionnent le visiteur : <em>« Dis-moi, comment es-tu mort ? »</em>… Et l’on comprend que tout cela va disparaître. Que la présence de l’Homme va s’estomper à mesure que l’on progresse dans cette oeuvre orchestrée avec des vêtements, bouts de tissus, lumières et sons. <em>« L’humain peut beaucoup, mais ne peut rien contre le temps qui avance continuellement »</em>, annonce notre hôte.</p>
<p>Paradoxalement, c’est au rythme d’un coeur qui bat que se poursuit le voyage. Un fond sonore qui naît du centre du parcours, pour l’inonder. <em>« Ce sont à la fois des battements cardiaques et, en même temps, le bruit d’une usine »</em>. Voici une autre interprétation de l’oeuvre, plus sociétale : <em>« le mineur, et l’Homme, détruits par la machine et le travail</em> ».</p>
<div id="attachment_36008" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-medium wp-image-36008" alt="©Ph. De Gobert" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2015/03/christian-boltanski2-300x200.jpg" width="300" height="200" /><p class="wp-caption-text">©Ph. De Gobert</p></div>
<p><strong>Fantômes</strong></p>
<p>Boltanski joue sa partition avec des procédés déjà employés ailleurs*, mais qu’il réarrange pour épouser l’identité du site, un ancien charbonnage. Ainsi cet espace impressionnant qu’il nous faut maintenant traverser fait référence au vestiaire des mineurs, qui surélevaient leurs vêtements pour les mettre à l’abri des rats et du vol. Ici, des dizaines de manteaux – d’hommes, de femmes et d’enfants – sont suspendus et animés par un système mécanique, nous frôlant de leur présence fantomatique et glaçante. Ils nous poussent vers notre destin (la mort) révélé au centre d’une ultime salle par un immense tas de vêtements noirs, bouleversant charnier de tissu vidé d’humanité. Celui-ci évoque aussi le terril, qui figure, au bout du compte, tout ce qu’il reste du mineur, dont le nom a disparu&#8230; Le temps, ou la machine, ont fait leur oeuvre. Et tout effacé.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Né en 1944 d’une mère chrétienne et d’un père juif, Christian Boltanski reste profondément marqué par la Seconde Guerre mondiale. Face à ce grand mont sombre et universel, il confie : <em>« je ne vous cacherai pas qu’une interprétation possible est la Shoah »</em>. Dans <em>La salle des pendus</em>, chacun puise en lui pour trouver sa vérité. C’est le propre de l’art.</p>
<div id="attachment_36010" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-medium wp-image-36010" alt="©Ph. De Gobert" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2015/03/christian-boltanski3-300x200.jpg" width="300" height="200" /><p class="wp-caption-text">©Ph. De Gobert</p></div>
<p><em>*au Grand Palais (Paris) avec Personnes</em> <em>ou sur l’île de Teshima, au large du Japon,</em> <em>à travers Les Archives du Coeur</em><br />
<em></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2015/04/01/christian-boltanski-2/" target="_blank">RETROUVEZ L&#8217;INTERVIEW DE CHRISTIAN BOLTANSKI EN CLIQUANT SUR CE LIEN</a></p>
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