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	<title>LM magazine &#187; joan miro</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Joan Miró</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2022 07:15:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[BAM]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>
		<category><![CDATA[joan miro]]></category>
		<category><![CDATA[l'essence des choses passées et présentes]]></category>
		<category><![CDATA[Mons]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>À l&#8217;évocation de Joan Miró surgissent inévitablement les mêmes mots : des compositions épurées, des formes et des traits simples, voire <em>« enfantins »</em> pour citer André Breton. En réalité, l&#8217;affaire est plus complexe. <em>« C&#8217;est un artiste très populaire mais qui n&#8217;a pas été compris</em>, affirme Xavier Roland, responsable du pôle muséal de Mons. <em>Il n&#8217;y a en effet rien de spontané dans son oeuvre, tout est sophistiqué et extrêmement référencé »</em>. Pourtant, n&#8217;est-ce pas Miró lui-même qui assura, en 1928, vouloir <em>« assassiner la peinture »</em> ? Si cette déclaration iconoclaste traduit « une recherche de liberté totale », selon la commissaire Victoria Noel-Johnson, elle ne se signifie pas pour autant une déconnexion avec l&#8217;histoire de l&#8217;art. C&#8217;est même tout le contraire, comme le démontre parfaitement cette exposition.</p>
<p><strong>Le passé recomposé </strong></p>
<p>Au fil d&#8217;une centaine de pièces, entre peintures, dessins, sculptures mais aussi objets personnels, le parcours révèle l&#8217;évolution de l&#8217;artiste et ses inspirations, de ses premières toiles influencées par le fauvisme, le cubisme en passant par la calligraphie japonaise ou l’expressionnisme abstrait américain – l’Espagnol a d&#8217;ailleurs expérimenté le &#8220;dripping&#8221; bien avant Pollock. Oui, Miró a puisé dans des tas de courants pour élaborer ce style unique, où la forme s&#8217;efface peu à peu pour laisser place à &#8220;l&#8217;essence&#8221; de la figure.</p>
<div id="attachment_140654" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/11/joan-miro-25.jpg"><img class="size-full wp-image-140654" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/11/joan-miro-25.jpg" alt="Miró au Museo Nacional del Prado, 1972 Photo : Francesc Català-Roca / DR" width="800" height="530" /></a><p class="wp-caption-text">Miró au Museo Nacional del Prado, 1972<br />Photo : Francesc Català-Roca / DR</p></div>
<p>Au BAM, des dispositifs numériques décortiquent la façon dont il a pioché des éléments (ici un visage, là un objet) dans <em>Le Jardin des délices</em> de Jérôme Bosch ou <em>La Fornarina</em> de Raphaël pour les transformer et les fondre dans ses propres tableaux. L&#8217;analyse de ses &#8220;Intérieurs hollandais&#8221; ou de ses &#8220;Portraits imaginaires&#8221; est en cela éloquente. Parfois, ses références nous renvoient même&#8230; à la préhistoire. Si le bleu reste sa couleur de prédilection (c&#8217;est celle du ciel et de la mer de sa Barcelone natale), on remarque une appétence pour les tons bruns ou beiges. Pourquoi ? <em>« C’est un écho à la grotte, aux cavernes »</em>, précise Victoria Noel-Johnson. Cet attrait pour l&#8217;art primitif est évident face à Les Oiseaux de proie foncent sur nos ombres, soit une oeuvre peinte sur une peau de vache, geste traduisant <em>« le lien le plus intime entre l&#8217;Homme et la nature »</em>. Et, finalement, la création dans ce qu&#8217;elle a de plus élémentaire.</p>
<hr />
<p style="text-align: center;"><strong>Œuvres commentées par Xavier Roland, directeur du pôle muséal de Mons</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em>Elle et Lui</em> (1925)</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/10/dsc03949.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-140639" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/10/dsc03949.jpg" alt="" width="800" height="533" /></a></p>
<p style="text-align: center;">« Cette peinture montre bien la manière dont Miró fonctionne. Pour la réaliser il s&#8217;est inspiré d&#8217;un tableau hollandais du xviie siècle, montrant une mère et son enfant. Contrairement à ce qu&#8217;on pourrait penser, l&#8217;artiste ne crée donc pas des formes et des couleurs ex nihilo, mais se nourrit de références. Il reprend ici des motifs (comme les yeux ou la bouche de l&#8217;enfant) mais épure la composition pour retenir l&#8217;essentiel. Ainsi, la forme organique bleue symbolise la robe de la mère. Cela suffit à représenter le lien entre les deux personnages, la filiation. Voilà pourquoi l&#8217;oeuvre de Joan Miró parle à tout le monde : il a conçu un langage universel. »</p>
<p style="text-align: center;"><strong><em>Les Oiseaux de proie foncent sur nos ombres</em> (1970)</strong></p>
<div id="attachment_140640" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/10/4117.jpg"><img class="size-full wp-image-140640" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/10/4117.jpg" alt="© Successio Miró / SABAM Belgium 2022 © Maeght, 2022" width="800" height="908" /></a><p class="wp-caption-text">© Successio Miró / SABAM Belgium 2022 © Maeght, 2022</p></div>
<p style="text-align: center;">« C&#8217;est une oeuvre emblématique. Joan Miró a ici peint sur une peau de vache. Il assassine donc la peinture au sens le plus littéral du terme. Il a choisi un support organique et ce n&#8217;est pas anodin : celui-ci renvoie à une vie antérieure que l&#8217;artiste réanime à travers son geste expressionniste. La grandeur de l&#8217;oeuvre lui donne aussi un caractère iconique, voire sacré. Sur une toile, la peinture n&#8217;aurait pas eu la même force. Enfin, on sent que cette composition n&#8217;a pas de centre et qu&#8217;elle ne s&#8217;arrête pas non plus aux contours du support, comme si elle continuait audelà. Comme si Miró voulait nier les limites de l&#8217;existence&#8230; »</p>
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