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	<title>LM magazine &#187; In Praesentia</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Olivier Theyskens</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Jul 2019 10:16:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[In Praesentia]]></category>
		<category><![CDATA[la Cité de la dentelle et de la mode de Calais]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Theyskens]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comment avez-vous abordé cette carte blanche ?</strong> Elle est assez inattendue, car j&#8217;avais déjà eu l&#8217;occasion de présenter mon travail il y a deux ans lors d&#8217;une exposition monographique au MoMu d&#8217;Anvers (<em>ndlr : <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2017/10/01/olivier-theyskens/" target="_blank">She Walks in Beauty</a></em>). A l&#8217;époque, nous avions eu des discussions à bâtons rompus sur le sens d&#8217;un parcours chronologique recensant chaque silhouette et collection, disposées les unes à la suite des autres. A Calais, ce nouveau projet m&#8217;offrait cette fois l&#8217;opportunité d&#8217;analyser mon œuvre différemment, d&#8217;en décortiquer les multiples facettes et certaines récurrences.</p>
<p><strong>Quels étaient les défis de cette exposition ?</strong> Je n&#8217;ai connu aucune contrainte ! J&#8217;ai vécu cette carte blanche comme une expérience jouissive. D&#8217;abord d&#8217;un point de vue humain, car j&#8217;ai pu m&#8217;y atteler avec des collaborateurs très proches (pour l&#8217;éclairage, la scénographie, la photographie&#8230;). C&#8217;est une méthode qui m&#8217;est familière car, au quotidien, je sollicite toujours beaucoup de monde.</p>
<div id="attachment_101724" style="width: 367px" class="wp-caption alignright"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/07/olivier-theyskens-32.jpg"><img class=" wp-image-101724" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/07/olivier-theyskens-32-200x300.jpg" alt="Vue d'expo (c) Julien Damien" width="357" height="536" /></a><p class="wp-caption-text">Vue d&#8217;expo (c) Julien Damien</p></div>
<p><strong>Comment avez-vous choisi les thématiques ?</strong> D&#8217;emblée, il fut évident d&#8217;établir un lien avec la dentelle française car elle occupe chez moi une place très particulière. Mes premiers créations en étaient souvent ornées et j&#8217;y suis revenu régulièrement, notamment lorsque j&#8217;ai intégré la maison Rochas. J&#8217;ai aussi pu visiter les collections de la Cité de la dentelle et de la mode de Calais et découvrir son patrimoine industriel. J&#8217;ai été frappé par la beauté de ces outils, que j&#8217;ai disposés en regard des vêtements dans chaque section. Ils me renvoient à des esthétiques que j&#8217;apprécie. Certains objets m&#8217;évoquent des cellules de Louise Bourgeois, ou même l&#8217;art brut.</p>
<p><strong>Vous avez aussi visité des usines locales, n&#8217;est-ce-pas ?</strong> Oui, mais avant la tenue de cette exposition, j&#8217;avais déjà eu l&#8217;opportunité de le faire à Caudry, lorsque j&#8217;ai débuté chez Rochas. C&#8217;est un monde très brutaliste alors que le dentelle semble si délicate, si précieuse&#8230; Ces machines semblent nous renvoyer à une autre industrialisation, un autre temps. On ne se doute pas de ce contraste. Personnellement, le graphite, cette poudre noire servant de lubrifiant pour les machines, m&#8217;a beaucoup marqué.</p>
<p><strong>Une des premières étapes de l&#8217;exposition dévoile une forte ressemblance entre une pièce issue de la collection du musée (cette robe à crinoline datant du XIXe siècle) et une de vos créations (la robe en taffetas de soie moirée bleue). Comment avez-vous vécu cette découverte ?</strong> Je suis toujours très réceptifs aux &#8220;heureux hasards&#8221;. J&#8217;aime les petits &#8220;signes&#8221; autour de nous, ils sont autant de clés nous permettant de comprendre notre vie. Durant le long processus accompagnant la création de l&#8217;exposition, dans l&#8217;élaboration du propos ou le choix des modèles, le parti pris fut de me fier à mon intuition. Et effectivement, en m&#8217;immergeant dans cette collection, je fus assez subjugué de constater que certaines pièces me rappelaient directement mon travail. J&#8217;ai aussi observé beaucoup d&#8217;autres correspondances. Ces rapprochements m&#8217;ont sauté aux yeux et m&#8217;ont permis de renforcer ce dialogue entre présent et passé.</p>
<div id="attachment_101722" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/07/olivier-theyskens-3.jpg"><img class="size-full wp-image-101722" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/07/olivier-theyskens-3.jpg" alt="Vue d'expo (c) Julien Damien" width="800" height="533" /></a><p class="wp-caption-text">Vue d&#8217;expo (c) Julien Damien</p></div>
<p><strong>Pourquoi travailler avec une matière &#8220;patrimoniale&#8221; comme le dentelle ? Que vous apporte-t-elle ?</strong> J&#8217;ai tendance à utiliser des éléments suggérant la trace du passé. Cela peut-être des formes, des techniques, la coupe, le choix de certaines matières ou couleurs&#8230; Ce lien nostalgique est souligné dans l&#8217;exposition. Selon moi, la création contemporaine peut être moderne, avant-gardiste, mais aussi embrasser nos racines culturelles. Jouer avec les souvenirs, des choses vues ou vécues, suscite une émotion. On peut se situer au-delà de l&#8217;esthétique pur et apporter un supplément d&#8217;âme à la mode.</p>
<div id="attachment_101725" style="width: 248px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/07/olivier-theyskens-33.jpg"><img class=" wp-image-101725" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/07/olivier-theyskens-33-200x300.jpg" alt="Vue d'expo (c) Julien Damien" width="238" height="357" /></a><p class="wp-caption-text">Vue d&#8217;expo (c) Julien Damien</p></div>
<p><strong>Des pièces vous touchent-elles plus que d&#8217;autres ?</strong> C&#8217;est plutôt le parcours dans son ensemble, cette liberté de choix dans les modèles. Elle m&#8217;a permis de sortir d&#8217;une habitude ressassée dans les expositions de mode, et consistant à montrer des vêtements dévoilés lors de défilés. Pour tout dire, certaines saisons ne sont même pas représentées ici ! A Calais, je révèle des pièces jamais vues, plus personnelles ou écartées des podiums. Certaines de ces silhouettes y furent portées mais sous de longs manteaux, restant donc invisibles. Au final, cette carte blanche m&#8217;a libéré du carcan du créateur.</p>
<p><strong>Vous parlez de nostalgie. En ressentez-vous pour vos débuts ?</strong> Oui et non. Pour moi la mode se porte bien lorsqu&#8217;elle change vraiment. Quand j&#8217;ai commencé en 1997, il n&#8217;y avait pas de portable, on communiquait par fax&#8230; c&#8217;était un autre temps ! Je regarde donc mes premiers pas avec un œil amusé. A l&#8217;époque j&#8217;étais aussi très jeune, c&#8217;était plus rock&#8217;n&#8217;roll, l&#8217;ère de la débrouillardise, j&#8217;étais constamment dans l&#8217;improvisation, la découverte&#8230; bref, tout était une première fois ! Désormais, je suis stimulé par de nouvelles matières, des tissus, des conversations et je ressens de l&#8217;énergie et de la passion seulement lorsque j&#8217;ai l&#8217;impression de produire quelque chose de nouveau. Je n&#8217;hésite pas non plus à créer en regardant le passé, mais il n&#8217;y a chez moi rien de passéiste. Je reste guidé par la beauté.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/1vCHbJ8pzdg" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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