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	<title>LM magazine &#187; Germaine Krull</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Photographie, arme de classe</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Nov 2019 03:00:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>D&#8217;abord, replantons le décor. Nous sommes à la fin des années 1920. La légèreté des Années folles laisse place aux tensions sociales et politiques. La crise économique sévit. La guerre et le fascisme menacent &#8211; en Espagne, en Allemagne ou en Italie. C&#8217;est dans ce contexte que les créateurs s&#8217;engagent. Ils sont notamment regroupés au sein de l&#8217;Association des écrivains et artistes révolutionnaires (dont Malraux, Aragon, Breton&#8230;). Au sein de cette AEAR, les photographes ne sont pas en reste. Parmi eux on compte de grands noms. Cartier-Bresson, Capa bien sûr, mais aussi Germaine Krull et Brassaï, immortalisant par exemple les soupes populaires parisiennes, ou Jacques André Boiffard qui, avec cette &#8220;chaussure et pied nu&#8221;, capture la pauvreté de la capitale, loin de toute représentation pittoresque. <em>« Cette façon d&#8217;aller vers les autres, d&#8217;occuper la rue, de montrer la figure humaine et ses conditions de vie annonce la photographie moderne et humaniste</em> », explique la commissaire de l&#8217;exposition, Damarice Amao.</p>
<p><strong>Tous photographes !</strong></p>
<p>Au fil des thèmes (l’antimilitarisme, la lutte contre les colonies&#8230;), cette centaine de clichés révèle des foules en colère, des tracts satiriques, beaucoup de masques à gaz et un grand nombre de styles et de formats. Car d&#8217;un point de vue esthétique, les lignes bougent également. <em>« Ces militants expérimentent beaucoup. Ils proposent des images à la croisée du reportage, du documentaire et de l&#8217;art »</em>. Citons les photomontages de Willy Ronis, transformant avec malice des cheminées d&#8217;usines en canons &#8211; &#8220;on travaille pour la guerre !&#8221;, note-t-il. De plus, ces artistes forment les amateurs, issus de la classe ouvrière ou petits employés, comme le montre cette photo d&#8217;Eli Lotar dévoilant un petit groupe en plein apprentissage de la contre-plongée. <em>« L&#8217;objectif est de témoigner du quotidien ou des violences policières durant les manifestations. On constitue ainsi une sorte d&#8217;agence de presse prolétarienne</em> ». Il s&#8217;agit d&#8217;alimenter des journaux illustrés de gauche comme <em>Regards</em>, qui dénote dans le paysage médiatique (aujourd&#8217;hui, on parlerait de réseaux sociaux). A une époque sans télévision, le pouvoir de l&#8217;image est déjà prégnant. Incontestablement, ces photographes effectuèrent une belle mise au poing.</p>
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