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	<title>LM magazine &#187; Fanny Gonella</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Margaret Harrison</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Jan 2021 23:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[BPS 22]]></category>
		<category><![CDATA[Charleroi]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>C’est peu dire que les débuts de Margaret Harrison furent fracassants. En 1971, sa première action féministe la voit saboter l’élection de Miss Monde au Royal Albert Hall de Londres, bombardant de tomates et de farine le très sexiste présentateur de la soirée, Bob Hope. La même année, sa première exposition personnelle est fermée par la police pour cause d'&#8221;indécence&#8221;. Le motif ? Un petit dessin figurant Hugh Hefner, le patron de <em>Playboy</em>, en porte-jarretelles (comme ses &#8220;Bunnies&#8221;) avec un petit lapin à la place de vous-savez-quoi. Humour, radicalité, culture pop… les fondements sont posés.</p>
<p><strong>L’art et le cochon</strong></p>
<p>Qu’elle s’intéresse à la condition des travailleuses sous l’ère Thatcher ou aux stéréotypes de genre, la Britannique dénonce la chosification des femmes &#8211; à l’image de cette Betty Page, célèbre pin-up des fifties, représentée dans un sandwich tel un vulgaire morceau de viande… <em>« L’art doit être politique, sinon rien ! »</em>, clame-t-elle. Voilà pour le fond. Côté forme, l’œuvre est foisonnante, entre installations, peintures ou dessins saturés de couleurs. <em>« On ne peut la réduire à un style. Du figuratif au conceptuel, Margaret se renouvelle en permanence et ne cherche pas à être identifiée</em>, explique Fanny Gonella, la directrice du FRAC Lorraine et commissaire de cette exposition. <em><span class="has-pullquote" data-pullquote="Au-delà de la simple contemplation, ses travaux sont de puissants vecteurs de contestation, comme des banderoles">Au-delà de la simple contemplation, ses travaux sont de puissants vecteurs de contestation, comme des banderoles</span>. Finalement, pour elle, l’essentiel est de produire des images percutantes »</em>. Pour sûr, cette rétrospective carolo n’en manque pas.</p>
<p><strong>Variante anglaise</strong></p>
<p>Au BPS22, les icônes de la virilité et de la toute-puissance en prennent pour leur grade, à l’instar de ce Captain America en lingerie fine et talons aiguilles. Transformé en mannequin lascif, notre super-héros bodybuildé devient le porte-voix du sexisme ordinaire, dans une subtile critique du male gaze. Vêtu d’une robe de mariée, Batman se pose lui aussi des questions existentielles&#8230;</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/NOQj6FeEVIQ" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p>En sus de ses pastiches de comics, Margaret Harrison n’hésite pas à revisiter les grands maîtres de la peinture, comme Manet. On découvre ainsi à Charleroi moult versions de son fameux Olympia. Sauf qu’ici les rôles et rapports de domination sont (une nouvelle fois) inversés : la domestique noire est allongée sur le lit et la prostituée blanche reléguée à l’arrière-plan. De même, Michelle Obama, Jennifer Lopez, et Hattie MacDaniel (première actrice afro-américaine récompensée d’un Oscar) symbolisent des femmes de couleur et de pouvoir. Elles sont ici servies par Marylin Monroe, Marlene Dietrich et Vivien Leigh, soit l’essence du glamour hollywoodien d’antan. Le parcours s’achève sur une série de natures mortes d’objets utilisés lors de violences domestiques contre les femmes : tournevis, ciseaux, briques&#8230; Point d’ironie ici, juste un constat glaçant. Celui d’une artiste aujourd’hui âgée de 81 ans et dont le propos n’a, hélas, pas pris une ride.</p>
<p>&nbsp;</p>
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