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	<title>LM magazine &#187; Elisabeth Quin</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>François Armanet</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Dec 2013 15:18:56 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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		<category><![CDATA[François Armanet]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comment définiriez-vous cet ouvrage ?<br />
</strong> Il entre dans la catégorie des beaux livres, bien qu&#8217;il se lise autant qu&#8217;il se regarde. Il fallait écrire avec un certain style pour se montrer à la hauteur des personnages et photographes présents ! Le livre est drôle, ne porte pas de jugement définitif. Ce sont aussi des histoires, des moments judicieux qui donnent envie d&#8217;en savoir plus. La photo sert d&#8217;en-tête, d&#8217;accroche au texte.<br />
<strong><br />
Comment avez-vous procédé ?</strong><br />
Nous avons d&#8217;abord cherché les photo- graphies à travers une bibliographie et sur Internet. Il nous manquait parfois des détails comme l&#8217;année, le lieu ou le photographe. L&#8217;identification fut une étape fastidieuse. Quant à l&#8217;obtention des droits&#8230; c&#8217;est encore une autre affaire ! Ensuite, plutôt que de procéder chronologiquement, nous avons préféré éplucher la silhouette, du chapeau aux chaussures. Cette enquête représente trois années de travail.</p>
<p><strong>Quelle est votre définition du détail qui tue ?</strong><br />
C&#8217;est le défaut charmant selon Stendhal. Vous avez un gros grain de beauté placé au dessus de la bouche : théoriquement, il rompt l&#8217;harmonie du visage, pourtant quelques mannequins célèbres en ont fait une signature. C&#8217;est aussi, en quelque sorte, le défaut qui renforce une singularité, accroche le regard et détermine parfois un certain chic.<br />
<strong><br />
Jusqu&#8217;à quel point ce détail se cultive-t-il ?</strong><br />
Je ne pense pas que nos exemples cultivaient un détail dérangeant ou singulier. C&#8217;était naturel pour la plupart d&#8217;entre eux. À l&#8217;image de Fred Astaire qui transformait sa cravate en ceinture pour faciliter l&#8217;ajustement de ses pantalons lors des répétitions, car il perdait beaucoup de poids. Ou encore Brigitte Bardot qui, pour la fameuse scène de danse de<em> Et Dieu Créa La Femme </em>(1956), commanda à Repetto des ballerines spéciales, qui ne soient pas tout à fait des chaussons de danse, et plus adaptées à la rue. Elles se sont ensuite démocratisées.</p>
<p><strong>Un peu comme le tee-shirt blanc ?</strong><br />
C&#8217;est vrai que LA photo iconique du tee-shirt immaculé, c&#8217;est Marlon Brando. N&#8217;oublions pas qu&#8217;il a fallu attendre la fin de la Seconde Guerre Mondiale pour que le tee-shirt, jusqu&#8217;ici porté comme un maillot de corps, s&#8217;arbore sans rien au-dessus. Nous trouvions plus drôle de mettre Brando en marcel. Ici, Mel Gibson n&#8217;est pas l&#8217;homme le plus stylé mais il est d&#8217;une beauté transcendentale – au début de sa carrière, en tout cas. Pour nous, cela fait figure de petites mythologies.</p>
<p><strong>Pourquoi avoir choisi des artistes    ?</strong><br />
Car dans notre civilisation de l&#8217;image, ce sont souvent des personnes connues qui symbolisent ou inventent. <span class="has-pullquote" data-pullquote="Jusqu'au milieu du XXe siècle, les écrivains, plus que les autres, incarnaient le style. ">Jusqu&#8217;au milieu du XXe siècle, les écrivains, plus que les autres, incarnaient le style. </span>Ernest Hemingway ou Thomas Walsh ne sont pas dans l&#8217;ouvrage, mais auraient pu, car leur look est aussi évocateur que celui de Jay-Z aujourd&#8217;hui. Puis, les acteurs et musiciens ont pris le relais. Les auteurs sont moins sur le devant de la scène. Plus généralement, un artiste invente, incarne, révèle.</p>
<p><strong>Impossible de ne pas évoquer le dandysme&#8230;<br />
</strong> Il est souvent de tradition anglaise ou française, il y en a eu d&#8217;autres évidemment, mais quand on parle du style il existe un triangle franco-anglais/américain–italien. Le dandysme a donné naissance à toute une lignée assez excentrique allant de Beau Brummel à Oscar Wilde et côté français de Baudelaire à Raymond Roussel. Parfois, surprendre par l&#8217;excentricité permet de passer de la laideur au dandysme. C&#8217;est aussi ça le style, oser.</p>
<p><strong>Et les anonymes dans tout ça ?<br />
</strong> Un anonyme, c&#8217;est éphémère : sitôt l&#8217;effet produit, il disparaît. Obtenir des photos d&#8217;anonymes s&#8217;avérait trop compliqué. Nous ne sommes pas des sociologues de la rue, néanmoins elle est remplie de personnes qui inventent des styles et les font perdurer. La haute couture les exacerbe et les retransmet. Nous avons simplement essayé de lire une époque et ses personnages.</p>
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