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	<title>LM magazine &#187; David de Beyter</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>David De Beyter</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Jul 2018 12:56:07 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comment présenteriez-vous votre travail ?</strong> De manière assez simple, je m&#8217;intéresse à la question de la ruine, à &#8220;l&#8217;après&#8221;. Précédemment, je m&#8217;étais penché sur le thème de la conquête spatiale et la façon dont cet imaginaire s&#8217;est intégré à une architecture utopique, expérimentale, par exemple dans ces formes ovoïdes typiques des années 1960-70. Concernant les Big Bangers, ce n&#8217;est pas tant le rapport à la destruction qui m&#8217;intéressait, mais le processus accéléré de mise en ruine de la voiture.</p>
<p><strong>Comment avez-vous rencontré les Big Bangers ?</strong> Par hasard. J&#8217;effectuais des recherches dans le sud des Flandres, à Ypres, où les paysages me fascinent. Je souhaitais rejouer des scènes chaotiques de la peinture flamande où l&#8217;on voit des villages brûler, je pense notamment aux toiles de Joachim Patinir. A un moment donné, je suis tombé sur ces bagnoles crashées, ces types s&#8217;amusant à détruire des voitures dans les champs.</p>
<div id="attachment_87892" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-medium wp-image-87892" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/06/auto-sculpture-iv-2016-003-300x200.jpg" alt="(c) David De Beyter" width="300" height="200" /><p class="wp-caption-text">(c) David De Beyter</p></div>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui vous passionne ici ?</strong> Au-delà du paysage et de l&#8217;aspect communautaire, ce fut d&#8217;abord la dimension sculpturale de ces véhicules broyés. Il y a là une référence au land art. Puis il y a eu une rencontre humaine. Petit à petit, en allant dans leurs garages, je me suis rendu compte que pas mal de choses étaient conservées, tel ce morceau de carrosserie où il est inscrit &#8220;rest in peace&#8221;. Finalement, la voiture devient un objet de mémoire. <span class="has-pullquote" data-pullquote="Il y a un rituel social important autour de la machine.">Il y a un rituel social important autour de la machine.</span></p>
<p><strong>Qui sont les Big Bangers ?</strong> C&#8217;est d&#8217;abord une pratique et, au sein de celle-ci, on dénombre différentes communautés se regroupant par &#8220;teams&#8221;. Ce sont un peu les mêmes cercles qu&#8217;on retrouve dans la scène hardcore ou metal. Il y en a en Hollande, en Belgique et en Angleterre notamment.</p>
<p><strong>Comment est née cette pratique ?</strong> Elle est apparue sur les circuits, les parkings. Puis, à côté de ça existent des gestes périphériques se déroulant par exemple dans des champs, comme le montre la série <em>Auto Sculpture</em> : les voitures siamoises, explosées en forêt ou plantées dans le sol. Cela vient d&#8217;Angleterre. Les Big Bangers se livraient à des courses et, à la fin, s&#8217;adonnaient à la destruction de leurs montures. Au fil du temps, ils se sont rendus compte que la destruction intéressait plus les spectateurs. Certains sont donc là pour courir et d&#8217;autres pour &#8220;casser&#8221;, et c&#8217;est avec eux que j&#8217;ai le plus travaillé. Je me suis surtout concentré sur la Belgique et la Hollande car il y a une vraie dimension amatrice ici.</p>
<div id="attachment_87891" style="width: 1005px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-large wp-image-87891" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/06/auto-sculpture-i-2015-1024x812.jpg" alt="(c) David De Beyter" width="995" height="789" /><p class="wp-caption-text">(c) David De Beyter</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Votre travail comporte-t-il une approche documentaire ?</strong> Oui, il y a la fois une volonté conceptuelle et documentaire, de créer des formes à partir du réel. Par exemple, prenons <em>Auto Sculpture I</em>, cette image de voiture brûlant dans un champ à la verticale. J&#8217;ai ici déplacé, mis en scène un geste qu&#8217;ils exécutent régulièrement. Cela se nomme le &#8220;stunt&#8221; et l&#8217;idée est de planter la voiture avec ce bout de bois, puis ils foncent dessus avec une autre auto. Ils réalisent cette performance depuis une quinzaine d&#8217;années dans les ducasses, l&#8217;été, devant une centaine de spectateurs. En l&#8217;occurrence, celle-ci s&#8217;est déroulée à Comines, en Belgique. Je leur ai juste demandé de repositionner la voiture dans un autre champ car l&#8217;arrière-plan paysager m&#8217;intéressait.</p>
<div id="attachment_87896" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><img class="size-medium wp-image-87896" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/06/trophy-i-not-for-a-trophy-but-a-good-crash-2014-300x233.jpg" alt="(c) David De Beyter" width="300" height="233" /><p class="wp-caption-text">(c) David De Beyter</p></div>
<p><strong>On ne peut s&#8217;empêcher de voir dans ces destructions un geste politique&#8230;</strong> Il est clair qu&#8217;il y a un &#8220;je-m&#8217;en-foutisme&#8221; un peu punk chez eux, mais pas de revendication politique ni d&#8217;intention esthétique. Evidemment, la portée symbolique est très forte, tout cela joue avec l&#8217;imaginaire et nous questionne sur notre époque. Le consumérisme, la destruction&#8230; je comprends que ces sujets soient soulevés. Mais pour eux, c&#8217;est avant tout la recherche du geste qui compte. &#8220;Not for a trophy but a good crash&#8221;, pour reprendre un message écrit sur un capot froissé.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>David De Beyter</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Jul 2018 03:06:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[accident]]></category>
		<category><![CDATA[Big Bangers]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Apparue en Angleterre à la fin du siècle passé, cette pratique amatrice s&#8217;est répandue en Hollande, dans le Nord de la France...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Apparue en Angleterre à la fin du siècle passé, cette pratique amatrice s&#8217;est répandue en Hollande, dans le Nord de la France ou en Belgique. <em>« Les Big Bangers forment une communauté à part dans le milieu du stock-car</em>, explique <a href="http://www.daviddebeyter.com/" target="_blank">David De Beyter</a>. <em>Un peu à la façon des cercles propres à la scène hardcore ou metal »</em>. Mais l&#8217;artiste ne s&#8217;intéresse pas tant aux courses, plutôt <em>« aux gestes périphériques »</em> exécutés en dehors des circuits, dans des champs ou sous-bois. Passé par l&#8217;école du Fresnoy à Tourcoing, le trentenaire a découvert ces esthètes de la casse par hasard, au coeur de la campagne mélancolique d&#8217;Ypres. <em>« Plus généralement, je m&#8217;intéresse au thème de la ruine et j&#8217;effectuais des recherches sur les paysages flamands, afin de rejouer des scènes chaotiques des toiles de Joachim Patinir. Et puis je suis tombé sur ces types exposant leurs bagnoles&#8230; » </em>Inspiré par le potentiel pictural de cette imagerie convoquant le style steampunk de <em>Max Max</em> ou de <em>Terminator II</em>, il s&#8217;est lié d&#8217;amitié avec des membres de ces groupes, immortalisant leurs <em>« auto-sculptures »</em> à travers la photographie ou la vidéo.</p>
<p><iframe src="https://player.vimeo.com/video/268642693" width="640" height="360" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p>David De Beyter entretient une démarche à la fois documentaire et conceptuelle, à l&#8217;image de cette vieille berline américaine plantée à la verticale dans un no man&#8217;s land, à Comines. <em>« C&#8217;est du &#8220;stunt&#8221;, ça vient des états-Unis. La voiture est amarrée à un bout de bois, brûlée puis une autre lui fonce dessus. Ces performances sont réalisées durant les ducasses, l&#8217;été, devant une centaine de spectateurs. Je leur ai juste demandé de la repositionner dans un autre endroit, car l&#8217;arrière-plan paysager m&#8217;intéressait »</em>. On serait ainsi tenté de voir dans ces rituels de démolition un nihilisme propre à l&#8217;époque, ou une critique acerbe de la société de consommation, érigeant en totems fumants son corollaire contemporain : la consumation. <em>« Oui, il y a chez eux un &#8220;je-m&#8217;en-foutisme&#8221; un peu punk, mais aucun discours politique ni intention artistique »</em>. Ces Big Bangers restent uniquement guidés par la beauté du geste, comme le résume ce message tagué sur ce capot froissé : &#8220;Not for a trophy but a good crash&#8221;.</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=87865&amp;preview=true" target="_blank">A LIRE AUSSI : LES FOUS DU VOLANT</a></strong></p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2018/07/02/david-de-beyter-2/" target="_blank">A LIRE AUSSI : L&#8217;INTERVIEW DE DAVID DE BEYTER</a></strong></p>
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		<title>BIP 2018</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Feb 2018 05:10:41 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[photographie]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>En 2016, la Biennale internationale de photographie de Liège devenait Biennale de l’Image Possible. Un nom soulignant l’ouverture aux nouveaux usages et le virage de la manifestation « <em>vers un avenir porteur d’espoir</em> », relève la directrice artistique, Anne-Françoise Lesuisse. De la crise climatique à l’élection de Donald Trump, il y aurait bien des raisons de céder à la morosité ambiante. Au musée de La Boverie, les 12 photographes et plasticiens de <em>Fluo noir</em>, l’exposition centrale (la seule payante) de BIP 2018, « <em>ont pour point commun de créer en même temps qu’ils détruisent</em> ». À commencer par le Roubaisien David de Beyter, qui se consacre à l’étude du &#8220;Big Bangers&#8221;, une variante du motocross consistant à démolir des voitures pour la beauté du geste. Dans <em>Traum</em>, fiction rétro-futuriste mêlant courts-métrages, clichés et impressions 3D, SMITH saisit les étreintes entre un ingénieur narcoleptique et le fantôme d’un cosmonaute. Quant à Viviane Sassen, doyenne de la troupe du haut de ses 45 ans, elle ravive l’Afrique de son enfance dans ses portraits d’hommes et femmes sans visage, conférant à ses images une aura mystérieuse.</p>
<p><strong>Faire corps</strong></p>
<p style="text-align: left;"><img class="alignright size-medium wp-image-81489" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/01/files_fichier_10356_sans-titre-2014-c-guillaume-delleuse-c-les-brasseurs-c-bip2018--188x300.jpg" alt="LA FLAMME DOUBLE Sans titre © Guillaume Delleuse © Les Brasseurs" width="188" height="300" />À Liège, la photographie sort aussi de son cadre. Ainsi des <em>Sweaty Sculptures</em> de la Néerlandaise Anouk Kruithof, déployant en volumes et en couleurs une anatomie humaine transpirante. « Le corps tient une place centrale ici », remarque Anne-Françoise Lesuisse. Il préoccupe particulièrement la génération émergente. à l&#8217;image de <em>La Flamme double</em>, réunissant huit diplômés de l’ENSP* d’Arles, ou encore d&#8217;<em>Ultra Normal</em>, présentant ceux des meilleures écoles belges. Ces jeunes artistes explorent la dimension sociale de nos chairs, en s&#8217;intéressant notamment aux métamorphoses au moment de l’adolescence, ou à l&#8217;intrusion de la technologie… Enfin, un acteur inattendu s’invite dans cette Biennale : le chat, célébré dans le projet <em>Pussy</em>. Trente créateurs sondent l’omniprésence de l’animal totem d’Internet en exploitant son immense photogénie, un événement qui tombe pile-poil.</p>
<hr />
<p>* École nationale supérieure de la photographie</p>
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