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	<title>LM magazine &#187; Corée du Nord</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Keum Suk Gendry-Kim</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Feb 2025 01:47:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[info LM]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Corée du Nord]]></category>
		<category><![CDATA[Dictateur]]></category>
		<category><![CDATA[Keum Suk Gendry-Kim]]></category>
		<category><![CDATA[Mon ami Kim Jong-un]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;autrice sud-coréenne de <em>L&#8217;Attente</em> (2021), qui évoquait le déchirement des familles séparées après la guerre de Corée, se penche à nouveau sur ce territoire via sa figure despotique, <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2024/05/05/david-szauder-2/" target="_blank">Kim Jong-un</a>. À travers les témoignages de gens l&#8217;ayant connu (il a étudié en Suisse), de transfuges (ayant fui le Nord), d&#8217;un universitaire et même de l&#8217;ex-président de la Corée du Sud (devenu…libraire à temps partiel !), Keum Suk Gendry-Kim dresse le portrait d&#8217;un homme et, surtout, d&#8217;un pays partagé en deux états. Sous la légèreté du trait et la douceur des couleurs (bleu ciel, mauve pâle), on y devine ses craintes face à l&#8217;imminence d&#8217;une guerre possible. Une lecture pas vraiment &#8220;feel-good&#8221;, mais hautement instructive pour qui souhaite (tenter de) comprendre les deux Corées.</p>
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		<title>Stéphan Gladieu</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Mar 2023 06:45:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Corée du Nord]]></category>
		<category><![CDATA[Musée de la photographie Charleroi]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphan L'adieu]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>La Corée du Nord comme vous ne l&#8217;avez jamais vue, ou plutôt imaginée, tant elle demeure une énigme, un mystère. Stéphan Gladieu fait partie des rares photographes à avoir entrouvert les portes de la péninsule. <em>« Il y a un paradoxe énorme entre la couverture médiatique dont bénéficie ce pays et l&#8217;invisibilisation de sa population</em>, relève-t-il. <em>On ne parle que de Kim Jong-Un, des tensions internationales, d’armes nucléaires mais finalement très peu de ce peuple, alors que 25 millions de personnes vivent tout de même ici. Ce sont ces gens qui m’intéressaient »</em>. Après de longues négociations avec les autorités locales, et sous bonne escorte, le reporter français a donc pu se rendre avec son studio portatif dans des espaces prédéterminés par le régime : ici une usine, là un hôpital, ou encore un salon de coiffure, une piscine, un stand de tir, un parc d&#8217;attractions et parfois dans la rue, devant des monuments à la gloire des tyrans&#8230;</p>
<div id="attachment_145659" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-3.jpg"><img class="size-full wp-image-145659" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-3.jpg" alt="Stéphan Gladieu. Serveuses du bateau-restaurant au pied de la tour du Juche. Pyongyang, Corée du Nord © Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing" width="800" height="1000" /></a><p class="wp-caption-text">Stéphan Gladieu. Serveuses du bateau-restaurant au pied de la tour du Juche. Pyongyang, Corée du Nord<br />© Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing</p></div>
<p>Son objectif ? Réaliser des clichés des habitants, pour le moins surpris par la démarche. <em>« Il faut savoir que le portrait n&#8217;existe pas en Corée du Nord. Dans les maisons, il n’y a quasiment pas d’albums de famille, l&#8217;individu est uniquement envisagé au sein du collectif »</em>, indique Stéphan Gladieu. Son travail observe alors des règles précises. Il reprend les codes visuels de la propagande nord-coréenne, pour mieux les <em>« surjouer »</em>. Ses sujets sont placés au centre de l&#8217;image, cadrés en pied, de manière frontale, dans des compositions colorées, soulignées au flash&#8230; et nous regardent droit dans les yeux. Cette représentation iconique offre ainsi <em>« un face-à-face avec l&#8217;individu. On en apprend presque autant sur lui que sur nous »</em>.</p>
<p><strong>Régime spécial </strong></p>
<p>Présentés en très grand format, ces <em>« portraits miroirs »</em> révèlent (un peu) une société à priori figée, au milieu du siècle dernier, et flirtent (beaucoup !) avec le surréalisme. <em>« On a l&#8217;impression que tout est faux, comme dans une telenovela mexicaine »</em> commente l&#8217;intéressé. C&#8217;est ici un homme qui pose en costume devant un étalage de sodas outrageusement chatoyant, là une paysanne se dressant fièrement dans un champ, faucille à la main, telle une illustration vivante de la propagande communiste&#8230; Si les lieux lui ont été imposés, Stéphan Gladieu s&#8217;est octroyé un <em>« espace de liberté »</em> durant ces shootings, grâce aux arrière-plans, jamais avares de <em>« clins d&#8217;oeil »</em>. À l&#8217;instar de ce couple et son enfant posant dans le zoo central de Pyongyang. Deux statues de manchot se mêlent discrètement à la famille, tel un symbole de l&#8217;uniformité et de la standardisation dictées par le régime.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/dQau2wVBHGM" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=145946" target="_blank">A LIRE ICI / L&#8217;INTERVIEW DE STEPHAN GLADIEU</a></strong></p>
<div id="attachment_145670" style="width: 210px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-36.jpg"><img class="size-medium wp-image-145670" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-36-200x300.jpg" alt="Stéphan Gladieu (c) Julien Damien" width="200" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Stéphan Gladieu (c) Julien Damien</p></div>
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		<title>Stéphan Gladieu</title>
		<link>https://www.lm-magazine.com/blog/2023/03/01/stephan-gladieu-4/</link>
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		<pubDate>Wed, 01 Mar 2023 01:15:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Charleroi]]></category>
		<category><![CDATA[Corée du Nord]]></category>
		<category><![CDATA[Musée de la Photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphan Gladieu]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Pourquoi vous êtes-vous intéressé à la Corée du Nord ? Parce qu&#8217;il y a un paradoxe énorme entre la couverture médiatique dont...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pourquoi vous êtes-vous intéressé à la Corée du Nord ?</strong> Parce qu&#8217;il y a un paradoxe énorme entre la couverture médiatique dont bénéficie ce pays et l&#8217;invisibilisation de sa population. On ne parle que de Kim Jong-Un, des tensions internationales, d’armes nucléaires mais finalement très peu de ce peuple, alors que 25 millions de personnes vivent tout de même ici. Ce sont ces gens qui m’intéressaient.</p>
<p><strong>Comment envisagiez-vous cette série ?</strong> L&#8217;idée principale est de travailler sur l&#8217;identité, dans un pays où l&#8217;individu est totalement dissout dans le collectif. Ici le portrait n&#8217;existe pas. Quand vous rentrez chez les habitants, il n&#8217;y a pas d&#8217;album de famille. On existe seulement dans le collectif : on vous photographie en groupe à l&#8217;école, à l&#8217;armée, dans les usines&#8230; J&#8217;avais vraiment envie de mener ce projet d&#8217;un point de vue humaniste, de simplement savoir qui étaient ces gens, leur donner un visage.</p>
<div id="attachment_145667" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-33.jpg"><img class="size-full wp-image-145667" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-33.jpg" alt="Centre commercial Kwangbok. Pyongyang, Corée du Nord © Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing" width="800" height="1000" /></a><p class="wp-caption-text">Centre commercial Kwangbok. Pyongyang, Corée du Nord<br />© Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing</p></div>
<p><strong>Comment avez-vous travaillé sur place ?</strong> J&#8217;ai eu la chance de pouvoir effectuer cinq voyages répartis sur trois ans, travaillant sur les demandes d&#8217;autorisation en amont et négociant chaque fois les lieux dans lesquels j&#8217;allais pouvoir bosser. A partir du moment où je me trouvais dans un endroit donné, j&#8217;étais toujours accompagné par les autorités locales, mais n&#8217;ai jamais rencontré de difficultés pour réaliser mes portraits. J&#8217;ai travaillé avec un studio portable. En gros, il y avait deux cas de figure : celui de l&#8217;unité de temps et de lieu bien définie, par exemple un hôpital, une école, une usine, un parc aquatique, un magasin&#8230; Je pouvais choisir les arrière-plans et les gens, leur demander s&#8217;ils acceptaient d&#8217;être photographiés. Le deuxième cas de figure, c&#8217;est celui de la rue : je décidais de l&#8217;arrière-plan et attendais de voir qui passe, lors d&#8217;une démarche plus aléatoire et selon un temps plus réduit.</p>
<p><strong>Y-a-t-il eu un contrôle sur vos clichés ?</strong> Non. A partir du moment où les autorités se sont engagées, et c&#8217;est valable pour l&#8217;ensemble de l&#8217;Asie, elle disent très rarement non. Mes accompagnateurs étaient donc complices de la photographie.</p>
<p><strong>Quel fut votre parti-pris esthétique ?</strong> J&#8217;utilise toujours le même procédé, ce j&#8217;appelle le &#8220;portrait miroir&#8221;, reprenant les codes de l&#8217;iconographie religieuse : les sujets sont placés au centre de l&#8217;image, photographiés de façon frontale. L&#8217;image est colorée et facile à comprendre, elle permet de véhiculer un message de façon directe : c&#8217;est un face-à-face avec la personne photographiée, on en apprend ainsi autant sur nous que sur elle.</p>
<div id="attachment_145659" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-3.jpg"><img class="size-full wp-image-145659" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-3.jpg" alt="Stéphan Gladieu. Serveuses du bateau-restaurant au pied de la tour du Juche. Pyongyang, Corée du Nord © Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing" width="800" height="1000" /></a><p class="wp-caption-text">Stéphan Gladieu. Serveuses du bateau-restaurant au pied de la tour du Juche. Pyongyang, Corée du Nord<br />© Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing</p></div>
<p><strong>Pourquoi parlez-vous souvent &#8220;d&#8217;image iconique&#8221; ?</strong> Je parle ici de la construction visuelle d’une icône et de sa symbolique, de son pouvoir. Ce type de représentation a été créé par les orthodoxes et les catholiques. C’est une image rectangulaire, horizontale. Elle est facile à lire, chatoyante et véhicule un message permettant d’adhérer à une idéologie religieuse. Cette simplicité lui donne toute sa force. Ce format spécifique a été repris pour assurer la propagande des états communistes ou encore dans la publicité américaine. Cette codification visuelle a donc successivement vendu une idéologie religieuse, puis politique et enfin marketing. Moi, j’essaie de servir une idéologie humaniste. Il n&#8217;y a pas de message politique ici, il s&#8217;agit de mettre en lumière des gens normaux qu&#8217;on ne voit jamais. Je joue aussi sur le rapport entre réalité et irréalité, créant un contraste entre le premier plan et l&#8217;arrière-plan, toujours très important pour moi. J&#8217;aime bien les accidents. Mais au final je photographie le monde réel, ce n&#8217;est pas un travail conceptuel.</p>
<div id="attachment_145660" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-31.jpg"><img class="size-full wp-image-145660" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-31.jpg" alt="Entraînement au stand de tir. Pyongyang, Corée du Nord © Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing" width="800" height="1000" /></a><p class="wp-caption-text">Entraînement au stand de tir. Pyongyang, Corée du Nord © Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing</p></div>
<p><strong>Vous jouez donc avec les codes esthétiques de la propagande nord-coréenne. S&#8217;agissait-il aussi de les prendre à leur propre jeu ? De dénoncer ce contrôle de l&#8217;image ?</strong> Ni l&#8217;un ni l&#8217;autre, je n&#8217;ai pas cette prétention de vouloir les piéger. Au contraire, je suis allé en Corée du Nord avec beaucoup de respect. C&#8217;est leur propagande, leur opinion, leur pays et je ne me pose pas en juge. Je suis simplement là pour l&#8217;observer, essayer de la retranscrire, de façon subjective et artistique, pour ensuite la partager. Pour moi, au final, l&#8217;intérêt de ce choix esthétique était double : d&#8217;une part il renforçait cette sensation visuelle correspondant à mon ressenti sur place, et d&#8217;autre part il rendait aux Nord-Coréens l&#8217;image plus lisible. Quelque part, je devenais presque compréhensible.</p>
<p><strong>Pourquoi &#8220;presque&#8221; ?</strong> Parce qu&#8217;on ne partage malgré tout aucun référent, ni social, ni politique, ni religieux, ni familial&#8230;</p>
<p><strong>Il ne s&#8217;agissait pas non plus de sublimer la propagande, n&#8217;est-ce pas ?</strong> Non, d&#8217;une certaine façon j&#8217;ai surjoué ses codes. En résulte un aspect surréaliste, semblant nous projeter dans une telenovela mexicaine, mais qui correspond à leur mode de vie, leur théâtralisation. Les Nord-Coréens ne se mettent pas en scène pour les photographes ou la poignée d&#8217;étrangers entrant dans leur pays, c&#8217;est juste leur quotidien.</p>
<div id="attachment_145666" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-32.jpg"><img class="size-full wp-image-145666" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-32.jpg" alt="Un couple marié au Zoo Central, Pyongyang, Corée du Nord © Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing" width="800" height="1001" /></a><p class="wp-caption-text">Un couple marié au Zoo Central, Pyongyang, Corée du Nord<br />© Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing</p></div>
<p><strong>Comment les habitants ont-il réagi face à votre démarche ?</strong> Il y a d&#8217;abord eu une grosse surprise, mêlée parfois à de la fierté, de l&#8217;amusement, sachant tout de même que si j&#8217;étais là, c&#8217;est parce que j&#8217;étais autorisé à l&#8217;être, il n&#8217;y avait donc pas de piège. Au final c&#8217;était relativement simple, même si une personne sur trois a refusé de se prêter au jeu.</p>
<p><strong>Qui sont ces gens que vous avez photographiés ?</strong> Difficile de le dire, mais de par les quelques échanges que j&#8217;ai pu avoir avec elles, j&#8217;étais face à des personnes extrêmement fières, éduquées, assez douce et je dirais presqu&#8217;enfantines. Ce régime infantilise énormément sa population. Le leader est le père de la nation, au sens premier du terme, mais à un niveau que nous, Occidentaux, avons du mal à imaginer.</p>
<p><strong>Pourquoi ?</strong> Parce qu&#8217;historiquement, nous ignorons ce qu&#8217;ils ont vécu : la répression chinoise, japonaise, russe, soviétique puis la guerre de Corée qui fut d&#8217;une violence extrême&#8230; Ce peuple a été martyrisé par le monde extérieur, et vit désormais dans une paranoïa tout à fait compréhensible. C&#8217;est aussi cela qui m&#8217;a poussé à mener ce projet. Ce régime perdure depuis plus de 70 ans. Pratiquement toutes les grandes dictatures africaines, sud-américaines et même de l&#8217;Europe de l&#8217;Est se sont éteintes car il y a eu des révolutions. En Corée du Nord, non. Pourquoi ? Selon moi parce que cette population est plus effrayée par le monde l&#8217;extérieur que par son propre gouvernement, malgré tout ce qu&#8217;il lui fait subir.</p>
<div id="attachment_145668" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-34.jpg"><img class="size-full wp-image-145668" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-34.jpg" alt="Monument à la fondation du Parti des travailleurs, Pyongyang, Corée du Nord. © Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing" width="800" height="1000" /></a><p class="wp-caption-text">Monument à la fondation du Parti des travailleurs, Pyongyang, Corée du Nord. © Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing</p></div>
<p><strong>Pourtant, on observe des gens sourire à travers certaines de vos photographies&#8230;</strong> Oui, c&#8217;est assez étonnant. Lors de son discours marquant le trentième anniversaire de la chute du mur de Berlin, Angela Merkel, qui a grandi en RDA, a dit quelque chose qui m&#8217;a énormément touché : en substance, qu&#8217;il était très difficile pour les gens n&#8217;ayant jamais vécu sous une dictature de comprendre&#8230; qu&#8217;on peut y être heureux. Même si l&#8217;on vit un stress intérieur très fort, sentant que le contrôle est omniprésent, on a malgré tout besoin de moments de félicité, de bonheur. C&#8217;est vital, et humain.</p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui vous a le plus marqué lors de vos séjours sous cette dictature ?</strong> Je citerais le propos d&#8217;un de mes guides, qui m&#8217;a dit un jour : &#8221; tu sais, le pays est en train de changer, l&#8217;argent commence à arriver <em>(car les Chinois ne respectent plus l&#8217;embargo)</em>. Je vois ce qu&#8217;on va gagner, mais j&#8217;ai surtout peur de ce qu&#8217;on va perdre&#8221;. Je pense que les Nord-Coréens sentent que le monde extérieur finira par gagner le pays, qu&#8217;il va y avoir une porosité et ça les effraie plus que tout. Nous avons une vision de la Corée du Nord très effrayante, or ses habitants ont tout aussi peur de nous. C&#8217;est à la fois touchant et perturbant. Ils sont près à vivre sous cette dictature plutôt que de suivre notre modèle. Bien sûr il ne faut pas être naïf, des gens la fuient, mais ça reste très compliqué tout de même&#8230;</p>
<p><strong>Les Nord-Coréens perçoivent-ils réellement notre monde ?</strong> Leurs dirigeants et l&#8217;intelligentsia ont étudié à l&#8217;étranger, en Chine ou même en Suisse comme Kim Jong-Un, et connaissent très bien la mondialisation, ce qui se passe en Europe, aux Etats-Unis. Ensuite il existe depuis peu une classe intermédiaire, qui a fondé des entreprises mixtes avec la Chine. Ceux-là importent des clés USB contenant des musiques, des films&#8230; Autre exemple : en 2017 j&#8217;ai croisé un seul type avec un téléphone portable. En 2020, on voyait des gamins avec des portables partout dans le métro, avec un réseau intérieur et contrôlé, certes, mais on observe une propagation de nos habitudes&#8230;</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2023/03/01/stephan-gladieu-3/" target="_blank">A LIRE ICI/ LA VISITE DE L&#8217;EXPOSITION</a></strong></p>
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