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	<title>LM magazine &#187; Catel Muller</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Catel</title>
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		<pubDate>Sat, 30 Jun 2018 23:44:20 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Interview]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?</strong> J&#8217;ai toujours aimé dessiner. Mon grand-père était libraire, à Strasbourg. Il avait un grand bureau dans sa maison où il lisait tandis que je crayonnais. Bien sûr, j&#8217;ai lu tous les classiques belges, comme Tintin ou Spirou, mais aussi Astérix, et je réalisais moi-même des BD. Mais c&#8217;était un peu défendu, pas un métier ni même une éventualité. A cette époque, de mon point de vue de petite Alsacienne, il n&#8217;y avait aucun modèle féminin dans ce domaine, à part Claire Bretécher que j&#8217;ai découverte à l&#8217;adolescence. J&#8217;étais plutôt destinée, comme ma famille, à une carrière scientifique.</p>
<p><strong>Quel fut donc le déclic ?</strong> Du fond de ma classe de seconde S. J&#8217;avais totalement décroché dans ces matières. Un jour, en cours de maths, j&#8217;ai caricaturé le prof en cochon. Tous mes camarades rigolaient, jusqu&#8217;à ressentir une petite tape sur l&#8217;épaule. C&#8217;était le prof&#8230; Il a convoqué mes parents, j&#8217;étais morte de trouille. Ils se sont confondus en excuses mais il leur a répondu que j&#8217;étais super douée, que ma caricature était très drôle et qu&#8217;il me fallait suivre une voie artistique&#8230; il m&#8217;a sauvé la vie ! J&#8217;ai donc passé et réussi le concours des Arts décoratifs à Strasbourg.</p>
<p><strong><img class="alignleft size-medium wp-image-87906" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/06/c1-lucie-t3-224x300.jpg" alt="" width="224" height="300" />Est-ce ainsi que votre carrière a débuté ?</strong> Oui, à la fin de mes études, mon travail a été sélectionné à la foire du livre jeunesse de Bologne. Forte de ça, je suis montée à Paris et j&#8217;ai rapidement décroché du boulot dans différentes maisons d&#8217;édition et de presse jeune public. <span class="has-pullquote" data-pullquote="J'ai donc pu vivre assez vite de mes petits dessins, mais sans avoir l'idée de m'atteler un jour à la BD, ça me paraissait impossibl">J&#8217;ai donc pu vivre assez vite de mes petits dessins, mais sans avoir l&#8217;idée de m&#8217;atteler un jour à la BD, ça me paraissait impossibl</span>e, bien que j&#8217;ai fait mes classes aux Arts décos avec mon meilleur ami, Blutch. Je ne me rendais pas compte à l&#8217;époque à quel point c&#8217;était un génie. Il venait du même village que moi et m&#8217;avait embarquée avec lui dans l&#8217;équipe de <em>Fluide glaciale</em>, mais ça m&#8217;avait un peu effrayée de me retrouver dans cette équipe de mecs. Je me suis donc réfugiée dans le milieu de la &#8220;jeunesse&#8221;, où il y avait plus de filles. Durant dix ans, je me suis aguerrie, suis devenue deux fois maman, puis j&#8217;ai souhaité revenir à mes premières amours, les bandes dessinées de mon adolescence&#8230;</p>
<p><strong>Comment ?</strong> A la fin des années 1990, j&#8217;ai rencontré la coloriste Véronique Grisseaux, elle avait envie de se lancer dans la BD comme moi, et voilà comment est née <em>Lucie</em>. Nous racontions à travers elle nos histoires de trentenaires cherchant l&#8217;amour. Nous étions un peu les premières à prendre ce créneau. Casterman nous en a commandé une série en couleurs. L&#8217;aventure a commencé ainsi. Après trois albums, j&#8217;ai voulu aller plus loin en m&#8217;intéressant aux héroïnes de la grande Histoire, et j&#8217;avais besoin d&#8217;aide au niveau scénaristique. Celle-ci m&#8217;a d&#8217;abord été apportée par Christian de Metter et nous avons sorti Le Sang des Valentines, couronné du prix du public à Angoulême. Mais ma vraie grande rencontre fut celle de José-Louis Bocquet. Nous avons débuté avec Kiki de Montparnasse&#8230;</p>
<p><strong><img class="alignright size-medium wp-image-87912" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/07/catel-222x300.jpg" alt="26738" width="222" height="300" />Réhabiliter des personnages féminins méconnus, voire oubliés : est-ce votre leitmotiv ?</strong> En réalité, nous sommes tombés presque par hasard sur les mémoires de Kiki et avons découvert qu&#8217;elle fut une sorte de Madonna des années 1920, à Paris. Elle laisse une trace indélébile, c&#8217;est un symbole d&#8217;émancipation au moment où les femmes étaient obligées de se marier, de porter un chapeau&#8230; Nous souhaitions raconter cette vie et notre livre, 500 pages en noir et blanc, a obtenu un succès absolument inattendu ! Cela nous a offert un autre &#8220;ticket&#8221;, qui nous a naturellement envoyés vers Olympe de Gouges, la première féministe, l&#8217;auteure la déclaration universelle des droits de la femme et de la citoyenne. Ensuite est venu ce personnage incroyable : Joséphine Baker. Une superstar mondiale, partie de rien et devenant richissime en dansant nue avec des bananes. Elle fut très connue, certes, mais pas forcément pour les bonnes raisons&#8230;</p>
<p><strong>C&#8217;est-à-dire ?</strong> Au-delà de l&#8217;image rétrograde, cette vénus noire demeurait une femme engagée, résistante durant la Seconde Guerre mondiale, luttant contre la ségrégation aux côtés de Martin Luther King. Surtout, elle a adopté 12 enfants de couleurs et de religions différentes et chez elle, chacun pouvait vivre en conservant ses valeurs. Cette icône glamour a montré au monde qu&#8217;il était possible de vivre fraternellement ave ses différences. Coup de pouce extraordinaire du destin : ses enfants nous ont contactés au moment où l&#8217;on se penchait sur le livre, et nous ont révélé tout le versant humaniste de Joséphine !</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/yKQGcjpYf4M" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong><img class="alignright size-medium wp-image-87901" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/06/aquarelle-de-kiki-de-montparnasse-sur-scene-232x300.jpg" alt="Aquarelle de Kiki de Montparnasse sur scène © Catel" width="232" height="300" />Comment choisissez-vous vos personnages ?</strong> Après coup, nous nous sommes rendus compte que nous nous intéressions aux icônes, inconsciemment. Kiki représente la liberté, Olympe l&#8217;égalité et Joséphine la fraternité. Nous les définissons comme des clandestines de l&#8217;histoire, c&#8217;est-à-dire des femmes qui ont marqué l&#8217;Histoire et mais que l&#8217;Histoire n&#8217; a pas retenues, car ce sont des êtres libres qui dérangent, dans une société patriarcale. Elles ont pourtant fait avancer les choses. Notre petit moyen d&#8217;expression permet d&#8217;apporter une pierre à l&#8217;édifice de cette reconnaissance, et de donner aux jeunes filles des modèles dont elles manquent cruellement.</p>
<p><strong>Dans cet esprit, vous aviez d&#8217;ailleurs réalisé le portrait de Benoîte Groult&#8230;</strong> Oui, la plus grande féministe française. Elle fut l&#8217;un de mes modèles à l&#8217;adolescence. J&#8217;avais lu <em>Ainsi soit-elle</em> à l&#8217;âge de 15 ans. D&#8217;ailleurs, c&#8217;est drôle, car elle n&#8217;aimait pas la BD. Elle est née en 1920 et la seule héroïne, à l&#8217;époque, c&#8217;était Bécassine, une bonne idiote sans bouche, qui ne pouvait pas s&#8217;exprimer&#8230;</p>
<p><strong>Peut-on vous qualifier d&#8217;auteure féministe ?</strong> Bien sûr, mais tout le monde devrait l&#8217;être, car le féminisme est avant tout la lutte pour l&#8217;égalité des droits entre les hommes et les femmes, entre tous les êtres humains, donc. <span class="has-pullquote" data-pullquote="Je ne brûle pas mon soutien-gorge en public, on ne me voit pas dans les manifs, mais je milite à ma manière, dans mon atelier, avec mes dessins et mes livres.">Je ne brûle pas mon soutien-gorge en public, on ne me voit pas dans les manifs, mais je milite à ma manière, dans mon atelier, avec mes dessins et mes livres.</span></p>
<p><strong>Comment définiriez-vous votre style ?</strong> Je suis une espèce d&#8217;hybride entre mes rencontres et mes influences. Entre la ligne claire de l&#8217;école belge ce trait plus délié du roman graphique. Disons que je me situe entre le classicisme et la modernité. J&#8217;aime le côté plastique, graphique du dessin, réalisé à la plume ou à l&#8217;encre de Chine, mais tout en restant compréhensible, car pour moi la BD doit raconter quelque-chose. La lisibilité est donc pour moi essentielle.</p>
<p><strong><img class="alignleft size-medium wp-image-87909" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/06/stereotypescoulv1-1primairec-1-300x247.jpg" alt="" width="300" height="247" />Quelles sont les auteures qui vous ont inspirée ?</strong> Après Bretécher, j&#8217;en ai découvertes quelques-autres, telles Florence Cestac, Chantal Montellier, Annie Goetzinger ou la Belge Chantal De Spiegeleer. Je citerai aussi ma comparse Marjane Satrapi dont le <em>Persepolis</em> est sorti au même moment que <em>Kiki</em>. Et puis il y a toute une nouvelle génération ! Ma petite sœur Pénélope Bagieu, Catherine Meurisse, Aud Picault, Marion Montaigne et Claire Bouilhac avec qui j&#8217;ai publié <em>Adieu Kharkov</em>. Nous sommes d&#8217;ailleurs en train d&#8217;adapter <em>La Princesse de Clèves</em>&#8230;</p>
<p><strong>Justement, quelle est votre actualité ?</strong> <span class="has-pullquote" data-pullquote="Je prépare un gros projet, plus personnel, un portrait d'homme cette fois... René Goscinny !">Je prépare un gros projet, plus personnel, un portrait d&#8217;homme cette fois&#8230; René Goscinny !</span> Je le présente à travers les yeux de sa fille, Anne, avec qui j&#8217;ai noué une amitié absolument incroyable. J&#8217;ai recomposé le puzzle de sa vie, c&#8217;est une histoire père-fille, le roman des Goscinny. Anne compose des romans durs, mais elle est très drôle dans la vie. Elle a d&#8217;ailleurs écrit <em>Le Monde de Lucrèce</em>, que j&#8217;ai illustré. Il est sorti il y a un mois chez Gallimard et sera l&#8217;égérie de l&#8217;opération &#8220;Pièces Jaunes&#8221;, pour ses trente ans, en 2019. Lucrèce va devenir un personnage emblématique, alors qu&#8217;elle vient de naître&#8230;</p>
<p><strong><img class="alignleft size-medium wp-image-87904" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/06/26642-213x300.jpg" alt="" width="213" height="300" />Est-ce un &#8220;Petit Nicolas au féminin&#8221; ?</strong> Et même sa grande sœur ! Elle a 11 ans, elle vit dans notre monde, dans une famille recomposée. C&#8217;est une gamine impertinente et pertinente, elle analyse avec son iPhone et ses copines le monde des adultes, sur lequel elle pose un regard tendre et émerveillée. C&#8217;est un peu décalé, dans l&#8217;esprit de Goscinny.</p>
<p><strong>J&#8217;ai aussi lu que vous planchiez sur Nico, du Velvet Underground&#8230;</strong> Oui, avec José-Louis Bocquet! Elle n&#8217;est pas exactement un modèle de femme comme les autres, elle a eu une vie rude, prenait des stupéfiants&#8230; Mais c&#8217;est un personnage extraordinaire embarquée dans une historie extraordinaire, celle de la pop-culture. Nous allons trouver une nouvelle forme pour la raconter&#8230; En revanche, on travaille sur une autre clandestine de l&#8217;histoire : Alice Guy, la toute première femme cinéaste. Personne ne la connaît, mais elle a signé plus de 500 films ! Le livre sortira en 2020.</p>
<p><strong><img class="alignright size-medium wp-image-87903" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/06/alice-guy-intro-catalogue-caster-234x300.jpg" alt="Alice Guy © Catel" width="234" height="300" />Les femmes sont-elles victimes de cette ségrégation dans le milieu de la BD ?</strong> Bien sûr, les filles me racontent des histoires ahurissantes. J&#8217;ai même reçu au début de ma carrière des mails m&#8217;insultant de raclure de l&#8217;édition, j&#8217;en ai pleuré&#8230; Les attaques sexistes peuvent décourager les filles, elles sont aussi moins bien payées, ont des propositions moindres, se retrouvent peu représentées à Angoulême mais, cela dit, les choses changent. Il y a de plus en plus d&#8217;auteures et de lectrices. Les choses évoluent, surtout en Belgique&#8230;</p>
<p><strong>Que verra-t-on au sein de votre rétrospective, au CBBD de Bruxelles ?</strong> Le parcours est à la fois thématique et chronologique. Il dévoile mes débuts, en sortant de l&#8217;école, et même quelques croquis réalisés en classe aux Arts décoratifs. Je présente aussi mes illustrations, aquarelles, dessins de presse, planches diverses&#8230; Il y a 300 pièces originales. L&#8217;exposition forme un tout, c&#8217;est une sorte de représentation de la femme, fictive ou réelle, dans la bande dessinée et l&#8217;Histoire.</p>
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