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	<title>LM magazine &#187; Boris Mikhailov</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Boris Mikhaïlov</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Feb 2019 04:50:16 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Centre régional de la photographie]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Boris Mikhaïlov a vu le jour en 1938, dans l&#8217;Ukraine soviétique. Comme son père, il fut d&#8217;abord ingénieur au sein d&#8217;une usine située dans sa ville natale, à Kharkov. Remarquant son goût pour la photographie, les autorités lui confient un appareil pour témoigner du quotidien de l&#8217;entreprise. Évidemment, il ne fera pas ce qu&#8217;on lui demande&#8230; Durant les années 1960, il est viré par le KGB pour avoir pris (avec ledit appareil) des clichés de sa femme nue. Dès lors, Mikhaïlov consacrera sa vie à son art, critiquant aussi bien le régime communiste que le capitalisme sauvage lui succédant. Visages édentés, corps difformes, enfants drogués&#8230; ses œuvres fissurent le vernis de la propagande officielle. Elles révèlent les damnés, tout en jouant d&#8217;audaces esthétiques, entre photomontages, collages ou colorisation.<em> « Il se revendique d&#8217;ailleurs plus du champ de l&#8217;art contemporain que de la photographie, c&#8217;est un plasticien de l&#8217;image »</em>, indique Muriel Enjalran la directrice du CRP, ravie d&#8217;accueillir <em>« un artiste de cette envergure »</em>. Cette exposition ne doit pourtant rien au hasard.</p>
<p><strong><img class="alignleft size-medium wp-image-95543" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/01/3665-300x268.jpg" alt="Sans titre, série Promzona, 2011, Courtesy Galerie Suzanne Tarasieve, Paris © Boris Mikhaïlov" width="300" height="268" />Destin tragique</strong></p>
<p>Le travail que Boris Mikhaïlov dévoile à Douchy-les-Mines fait écho à la crise industrielle qui frappa le Valenciennois et les Hauts-de-France. Encore jamais vue dans une institution française, la série <em>Promzona</em> fut réalisée en 2011 au cœur du Donbass (toujours en guerre, aujourd&#8217;hui), où il s&#8217;échina. Monumentales, ces photos captent les derniers instants de ce qui constitua le cœur sidérurgique de l&#8217;ex-URSS. Elles offrent l&#8217;ultime témoignage de l&#8217;activité des usines d&#8217;extraction de la houille ou du charbon. Toutefois, l&#8217;Ukrainien dépasse le cadre purement documentaire de son sujet. <em><span class="has-pullquote" data-pullquote="« Son regard est nourri de peinture, de cinéma, de littérature. Au-delà du contexte postindustriel, il nourrit une réflexion sur l'historie de l'art »">« Son regard est nourri de peinture, de cinéma, de littérature. Au-delà du contexte postindustriel, il nourrit une réflexion sur l&#8217;historie de l&#8217;art »</span></em>.</p>
<p>Ici, un enchevêtrement de poutres et de tuyaux métalliques où se perdent des ouvriers évoque <em>Les Constructeurs</em> de Fernand Léger. Là, cette présentation en tondo (format rond) renvoie à la renaissance italienne &#8211; comme à Picasso ou Braque. Plus loin, cette cheminée d&#8217;usine saisie en contre-plongée reprend le vocabulaire du constructivisme russe &#8211; Alexandre Rodtchenko en tête. Mais là où il s&#8217;agissait d&#8217;exalter la beauté de la machine, alors promesse d&#8217;émancipation et de progrès pour l&#8217;humanité, Mikhaïlov focalise sur son effondrement- et celui de son peuple.</p>
<p><img class="aligncenter size-large wp-image-95545" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/01/vue-boris-2-2-1024x640.png" alt="Sans titre, série Salt Lake, 1986 © Boris Mikhaïlov" width="995" height="622" /></p>
<p><strong>Photos salées</strong></p>
<p>Dans la salle d&#8217;en face on découvre une seconde série. <em>Salt Lake</em> nous emmène cette fois à Slaviansk (toujours dans le Donbass), une ancienne station thermale fréquentée par les apparatchiks, à la fin du XIXe siècle. Prises sur le vif en 1986 (trois ans avant l’effondrement du mur), ces scènes de bonheur dominical montrent avec un œil bienveillant, parfois drôle, des classes laborieuses se réappropriant les plaisirs des riches. Ces images aux couleurs sépia dévoilent des corps imparfaits barbotant dans un lac, entre rondeurs felliniennes, peaux tatouées ou ridées, en tout cas <em>« très loin de l&#8217;idéal esthétique soviétique »</em>. En arrière-plan, surtout, on remarque des cheminées, des tuyaux d&#8217;écoulement, des fils électriques, des rails&#8230; <em>« On comprend alors qu&#8217;une ombre menace la population&#8230; »</em>. Autrefois courues pour leurs vertus thérapeutiques, ces eaux boueuses et salées sont en réalité polluées par les usines environnantes &#8211; le scandale sera révélé quelques années plus tard. <em>« Boris Mikhaïlov nous explique ici comment son peuple parvient à vivre envers et contre toutes les difficultés imposées par le régime »</em>. Cherchant son coin de paradis au milieu de l&#8217;enfer.</p>
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		<title>Boris Mikhailov</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Apr 2016 00:39:56 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Boris Mikhailov]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>Viré de son boulot d’ingénieur par le KGB dans les années 1960 parce qu’il prenait des clichés de sa femme nue, Boris Mikhailov est dès lors devenu&#8230; photographe. Livrant une vision sans concession de « son » Ukraine, ses images fissurent le vernis de la propagande officielle pour dévoiler la déchéance et les damnés du monde soviétique et post-soviétique. <a href="http://www.fotomuseum.be/" target="_blank">En dix séries, cette rétrospective</a> nous montre des visages tuméfiés, édentés, des corps difformes et crasseux, des enfants drogués&#8230; Entre le travail documentaire et l’art contemporain, le natif de Kharkov nous plonge dans une société minée par la misère et l’alcool (<em>Tea, Coffee, Cappuccino</em>) où le peuple vit sous la coupe d’un régime violent (<em>Red Series</em>). Une œuvre parfois trash, voire insoutenable, mais puissamment évocatrice.</p>
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