<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>LM magazine &#187; arts modestes</title>
	<atom:link href="https://www.lm-magazine.com/blog/tag/arts-modestes/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.lm-magazine.com</link>
	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
	<lastBuildDate>Fri, 12 Jun 2026 10:14:40 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=4.2.38</generator>
	<item>
		<title>Hervé Di Rosa</title>
		<link>https://www.lm-magazine.com/blog/2018/12/01/herve-di-rosa-3/</link>
		<comments>https://www.lm-magazine.com/blog/2018/12/01/herve-di-rosa-3/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 01 Dec 2018 00:32:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[arts modestes]]></category>
		<category><![CDATA[Bande dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Hervé Di Rosa]]></category>
		<category><![CDATA[Musée du Touquet-Paris-Plage]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Punk]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://www.lm-magazine.com/?p=93135</guid>
		<description><![CDATA[<p>Comment est née votre vocation ? Je suis né à Sète dans les années 1960. A cette époque il n&#8217;y avait rien...</p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com/blog/2018/12/01/herve-di-rosa-3/">Hervé Di Rosa</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com">LM magazine</a>.</p>
]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comment est née votre vocation ?</strong> Je suis né à Sète dans les années 1960. A cette époque il n&#8217;y avait rien là-bas : pas de musée, ni de TGV&#8230; Venant d&#8217;une famille très modeste, nous n&#8217;avions pas les moyens de partir en vacances. Je n&#8217;avais donc que le dessin pour m&#8217;évader.</p>
<p><strong>Quel fut le déclic ?</strong> Quand j&#8217;avais 16 ans, ce qu&#8217;on voyait dans les musées ne m&#8217;emballait pas, je me sentais assez loin de l&#8217;art conceptuel, par exemple. Au départ, j&#8217;étais plutôt attiré par l&#8217;édition. Dans les années 1970 est en effet apparue une bande dessinée &#8220;adulte&#8221; avec <em>Métal Hurlant</em> ou <em>Bazooka</em>. Des ponts étaient donc jetés entre l&#8217;art contemporain et l&#8217;illustration. Après avoir passé mon bac à Sète, je suis entré aux Arts décoratifs de Paris, pour ne plus jamais revenir. Mais je me suis vite aperçu que l&#8217;édition n&#8217;était pas pour moi. Mon ami Wolinski, à l&#8217;époque directeur de <em>Charlie Mensuel</em>, magazine dédié à une BD expérimentale, m&#8217;avait publié deux fois mais m&#8217;avait dit : &#8220;c&#8217;est mal dessiné, il n&#8217;y a pas d&#8217;histoire, tu n&#8217;as aucun avenir ici&#8221; (<em>rires</em>). Les musées et galeries m&#8217;ont finalement mieux convenu.</p>
<p><strong>La culture de &#8220;l&#8217;image&#8221; vous a beaucoup marqué&#8230;</strong> Oui, j<span class="has-pullquote" data-pullquote="Je suis un enfant de la BD, de l’illustration de pochettes de vinyles ou des affiches de films">e suis un enfant de la BD, de l’illustration de pochettes de vinyles ou des affiches de films</span>, du fanzine aussi, très spécifique à la France.</p>
<p><strong>Quels sont vos rapports à la bande dessinée, justement ?</strong> J&#8217;ai coutume de me présenter comme un artiste contemporain étant un grand amateur de BD. J&#8217;en possède une grande collection, c&#8217;est un moyen d&#8217;expression qui m&#8217;a marqué, comme Jérôme Bosch ou Henri Matisse. C&#8217;est une passion mais pas une pratique, hélas, car je ne suis pas capable d&#8217;en produire. C&#8217;est un vrai artisanat, comme les souffleurs de verre ou les ébénistes.</p>
<div id="attachment_92963" style="width: 821px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-large wp-image-92963" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/11/xpo_hervedirosa_2011-acrylique-sur-toile-157x125cm-rene-sous-l-eau-2011-1-811x1024.jpg" alt="Hervé DI ROSA, René sous l'eau, 2011 © Pierre Schwartz" width="811" height="1024" /><p class="wp-caption-text"><span style="color: #ff0000;">Hervé DI ROSA, René sous l&#8217;eau, 2011 © Pierre Schwartz</span></p></div>
<p><strong>Le punk a aussi beaucoup compté pour vous, n&#8217;est-ce pas ?</strong> Oui, j&#8217;avais 17 ans quand ce courant a explosé, et il m&#8217;a beaucoup aidé. Les Clash, les Sex Pistol&#8230; c&#8217;était un exemple pour moi. Ces jeunes musiciens n&#8217;avaient pas de technique ni de matériel, mais des choses à dire. Et ils les disaient. C&#8217;était pareil pour moi, je n&#8217;avais pas de talent particulier ni d&#8217;argent pour payer mes toiles, alors je peignais sur des morceaux de papier, de tissu, de carton…</p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui caractérise votre œuvre ?</strong> Je suis mal placé pour la commenter, j&#8217;ai d&#8217;ailleurs fondé à Sète le <a href="http://miam.org/" target="_blank">Miam (<em>Musée international des Arts modestes, ndlr</em>)</a> pour parler d&#8217;autre chose que de moi (<em>rires</em>). Au Touquet, on ne voit pas mes collections, mes sculptures, mais uniquement ma peinture, qui est la racine de mon travail, la sève. J&#8217;ai eu des périodes et techniques différentes, mais tout au long de ces 40 ans, il y a toujours eu la peinture, c&#8217;est une réaction vitale que je sécrète naturellement. Au final, j&#8217;essaie de transmettre une énergie positive à travers une image, un morceau de toile, de papier&#8230; A la limite, le sujet et la composition ne m&#8217;intéressent pas. Seule compte cette bataille entre la vie et la mort.</p>
<p><strong>Il y a une chose tout de même qui marque votre travail, ce sont ces personnages peuplant vos toiles comme Question Marc, Dr Tube ou les fameux Renés. Comment sont-ils nés ?</strong> Je n&#8217;avais pas beaucoup de facilités en dessin ou en peinture quand j&#8217;ai débuté. J&#8217;avais 18 ans, n&#8217;étais pas un grand technicien et me suis donc inventé une mythologie personnelle. Ces personnages représentent des types psychologiques ou formels. Certains sont jaunes, d&#8217;autres rouges, verts&#8230; Ils servent une espèce d&#8217;alchimie &#8211; même si j&#8217;ai aussi réalisé beaucoup de monochromes, comme on le voit dans cette exposition. Je pouvais aussi les utiliser de façon narrative, pour raconter une histoire.</p>
<p><strong>Pourquoi tous ces personnages réapparaissent-ils sans cesse au fil de vos tableaux, ou autres ?</strong> Parce que je ne crois pas aux périodes, je les fait donc cohabiter perpétuellement, j&#8217;ai réalisé une sorte de challenge conceptuel. Finalement, je conçois des images et des objets plus que de la peinture. Pour moi, elle s&#8217;est arrêtée au XIX<sup>e</sup> siècle et je n&#8217;ose pas me comparer à Titien, par exemple, je n&#8217;ai pas l&#8217;impression d&#8217;exercer le même métier. Ce n&#8217;est pas de la fausse modestie, certains le comprennent mal. A travers la création des Arts modestes, je n&#8217;établis pas de hiérarchie entre la peinture et l&#8217;image. Tout est intéressant, mais chaque chose a sa place. Je suis très rigoureux sur les classements, on peut voir de très bonnes illustrations et de très mauvaises peintures.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/uEfPPPf8wEU" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce que l&#8217;Art modeste ?</strong> Ce n&#8217;est pas un courant, comme l&#8217;Art brut ou l&#8217;Arte Povera, mais un regard. Je veux inciter les gens à appréhender les images, les productions de l&#8217;homme, l&#8217;artisanat avec un autre œil. On peut apprécier de la même façon une planche de BD comme la Chapelle Sixtine. Il s&#8217;agit d&#8217;être ouvert. Le Miam m&#8217;oblige ainsi à rester vigilant sur les artistes du monde, à garder cette curiosité et cette envie. Je m&#8217;intéresse donc beaucoup aux marges, aux périphéries, trouvant l&#8217;art là où l&#8217;on s&#8217;y attend le moins.</p>
<p><strong>S&#8217;agit-il de croiser arts contemporains et populaires ?</strong> Exactement, le Miam fait l&#8217;interface entre un public de néophytes et la création actuelle, parfois difficile. Ma peinture peut être vue par des gens qui n&#8217;ont jamais mis les pieds dans un musée et un spécialiste. Je pense qu&#8217;il faut mettre l&#8217;art à hauteur d&#8217;hommes. Ce milieu a une responsabilité envers les gens se sentant exclus. Moi-même, jeune, je n&#8217;étais jamais entré dans un musée. Je veux donc toucher un public large, mais ce n&#8217;est pas le nombre de &#8220;like&#8221; qui compte (<em>rires</em>) !</p>
<p><strong>L&#8217;autre spécificité de votre travail, c&#8217;est le voyage. Comment est né ce besoin ?</strong> D&#8217;abord d&#8217;une frustration, car je n&#8217;avais pas pu voyager durant mon enfance. A Sète, du port, je voyais les bateaux partir, toujours sans moi. Ensuite, j&#8217;ai beaucoup profité de mon nouveau métier pour partir vers les Etats-Unis ou en Europe, mais seulement pour exposer. A la fin des années 1980, j&#8217;ai eu ce sentiment que l&#8217;artiste avait un autre rôle que celui de peindre, je me suis alors vu comme un chercheur et me suis lancé dans cette quête de l&#8217;image et de l&#8217;objet à travers les continents, en Asie, en Afrique ou en Amérique latine. Je déteste voyager en touriste et ne voulais pas refaire le coup de l&#8217;artiste-baroudeur, une idée très colonialiste. Le pittoresque et le folklore ne m&#8217;intéressent pas. Mon but, c&#8217;est d&#8217;aller à la rencontre de l&#8217;autre, travailler avec les gens chez eux afin que toutes ces techniques artisanales brouillent ma propre peinture.</p>
<div id="attachment_92965" style="width: 854px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-large wp-image-92965" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/11/xpo_hervedirosa_dirosousleau-844x1024.jpg" alt="Hervé DI ROSA, La bibliothèque de Victor Plat, 2017 © Pierre Schwartz - Courtesy FIMAC" width="844" height="1024" /><p class="wp-caption-text"><span style="color: #ff0000;">Hervé DI ROSA, La bibliothèque de Victor Plat, 2017 © Pierre Schwartz &#8211; Courtesy FIMAC</span></p></div>
<p><strong>Par exemple ?</strong> J&#8217;ai passé quatre ans au Vietnam dans un village où l&#8217;on fabrique la laque et la nacre. Je présente aussi<a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2018/10/01/la-piscine/" target="_blank"> à La Piscine de Roubaix</a> les céramiques que j&#8217;ai conçues à Lisbonne, dans une fabrique d&#8217;azuléjos. Il m&#8217;a fallu cinq ans pour étudier cette technique.</p>
<p><strong>Finalement, peut-on considérer votre art comme &#8220;politique&#8221;, à l&#8217;heure de la résurgence des nationalismes ?</strong> Oui, et on ne l&#8217;aurait pas cru d&#8217;ailleurs&#8230; Il y a trente ans, je pensais que la question européenne était réglée. J&#8217;ai aussi connu les débuts du métissage, de la France &#8220;black-blanc-beur&#8221;, la révolution sexuelle&#8230; Tout cela semblait acquis mais est aujourd&#8217;hui remis en cause, me semble-t-il pour le pire. Cela me pousse donc à mener plus loin encore cet atelier nomade, afin de prouver qu&#8217;on a toujours besoin des autres. <span class="has-pullquote" data-pullquote="Un artiste comme moi ne peut exister seul. Tous ces artisans du monde interviennent directement sur mes créations, comme si d'autres cultures venaient vivre chez moi.">Un artiste comme moi ne peut exister seul. Tous ces artisans du monde interviennent directement sur mes créations, comme si d&#8217;autres cultures venaient vivre chez moi.</span></p>
<p><strong>Que peut-on découvrir au Touquet ?</strong> Une soixantaine de pièces datant de 1978 à aujourd&#8217;hui. On découvre mes premières œuvres de petits formats sur carton, plus expressionnistes, après le mouvement punk, puis mes personnages, la rencontre avec l&#8217;ailleurs&#8230; C&#8217;est un voyage dans le temps plus que géographique. Il y a enfin beaucoup de toiles très peu vues, 90 % au moins.</p>
<p><strong>Sur quoi travaillez-vous en ce moment?</strong> Je suis encore à Lisbonne, j&#8217;ai envie de produire des volumes en céramique, j&#8217;ai été à Prague aussi, car je m&#8217;intéresse au cristal de Bohème, matière à laquelle j&#8217;ai toujours souhaité me frotter.</p>
<p><strong>Comment jugez-vous l&#8217;évolution de votre art ?</strong> Je préfère les dernières pièces. Mon rêve serait de produire une peinture rassemblant toutes mes expériences, mais j&#8217;ai encore du pain sur la planche. Dites-vous bien que cette exposition au Touquet n&#8217;est pas une rétrospective, mais une introduction !</p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com/blog/2018/12/01/herve-di-rosa-3/">Hervé Di Rosa</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com">LM magazine</a>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.lm-magazine.com/blog/2018/12/01/herve-di-rosa-3/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
