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	<title>LM magazine &#187; Albin Michel</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Kamal Haussmann</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Jan 2020 05:00:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Albin Michel]]></category>
		<category><![CDATA[Kamal Haussmann]]></category>
		<category><![CDATA[Lunatic]]></category>
		<category><![CDATA[Oxmo Puccino]]></category>
		<category><![CDATA[Pit Baccardi]]></category>
		<category><![CDATA[Time Bomb]]></category>
		<category><![CDATA[X-Men]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quel est le sujet de votre livre ?</strong> <em>Time Bomb</em> décrit tout simplement mon histoire. Celle d&#8217;un jeune Parisien né dans une famille pauvre mais cherchant à être heureux. En tant qu&#8217;adulte, je souhaite partager cette expérience assez originale.</p>
<p><strong>Comment l&#8217;idée a-t-elle germé ?</strong> J&#8217;ai monté ma boîte d&#8217;édition musicale il y a quelques années, Haussmann &amp; Miller. En studio, les artistes me demandaient régulièrement de leur raconter l&#8217;époque Time Bomb. On m&#8217;a alors suggéré d&#8217;écrire un bouquin. J&#8217;y pensais depuis l&#8217;âge de 20 ans mais j&#8217;ai longtemps trouvé ça prétentieux. J&#8217;étais aussi trop jeune, sans le bagage requis pour conduire l&#8217;exercice.</p>
<p><strong>Pourquoi avoir choisi la forme autobiographique ?</strong> Je voulais mêler la petite histoire à la grande. En présentant celle des rappeurs de l&#8217;intérieur. On comprend mieux les enjeux en s&#8217;identifiant aux protagonistes et à leur parcours.</p>
<p><strong>Pourquoi nourrissez-vous le récit de témoignages extérieurs ?</strong> Par souci d&#8217;objectivité. N&#8217;ayant pas la science infuse, je nourris le débats en croisant les points de vue. Histoire d&#8217;être au plus près de la vérité.</p>
<p><strong>Comment avez-vous découvert le rap ?</strong> Quand j&#8217;étais au collège, un ami m&#8217;a prêté une cassette qui a changé ma vie : <em>Paris sous les bombes</em> de NTM. J&#8217;ai découvert un monde qui me correspondait complètement. A 12 ans, habité par un vif sentiment d&#8217;injustice, le rap répondait à toutes mes questions. C&#8217;est mon histoire d&#8217;amour la plus violente, je n&#8217;ai jamais connu de sensation aussi forte…</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/FaSn8JJU7XU" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>A quoi ressemblait le hip-hop en France à cette époque ?</strong> Il était quasi inexistant, à part quelques mecs comme NTM, IAM, Benny B, MC Solaar ou Assassin. Très vite, avec mes potes, on s&#8217;est identifiés à NTM. A la télé, on les présentait comme des phénomènes de foire. Puisque les journalistes ne les comprenaient pas, par extension ils ne nous comprenaient pas non plus… Le fossé était évident. Il n&#8217;est même plus question de musique là, mais de stigmatisation sociale.</p>
<p><strong>Comment Time Bomb est-il né ?</strong> Grâce à DJ Sek et DJ Mars qui organisaient déjà des soirées à 17 ans avec les gars d&#8217;Assassin ou Jimmy Jay… Tous deux ont ensuite enregistré une compil&#8217; pour annoncer leurs couleurs. Les X-Men sont ainsi sortis du lot avec <em>J&#8217;attaque du mike</em>, très avant-gardiste. Puis, ils ont créé ce fameux collectif : Time Bomb.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/sLPJLBjohpo" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Pourquoi ce nom ?</strong> Mars et Sek l&#8217;ont trouvé en réunion. C&#8217;était supposé renvoyer à notre explosion à venir, dans le bon sens du terme. Comme vous le savez, c&#8217;est l&#8217;inverse qui s&#8217;est produit…</p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui caractérise votre son ?</strong> Il s&#8217;inspirait directement du rap américain, de Boot Camp Clik au Wu-Tang en passant par Nas. On a voyagé plusieurs fois à New York, ce qui a donné lieu à des scènes mémorables (<em>ndlr : notamment un concert émaillé de fusillades</em>). On a décortiqué tout ce qu&#8217;ils produisaient : musique, paroles, attitudes… et on l&#8217;a importé en France.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/VC4ORS5n9Hg" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Et sur le plan de l&#8217;écriture ?</strong> Gilles des X-Men revendiquait une discipline presque scolaire, une science de l&#8217;ordre de la poésie. Pit Baccardi (<em>membre de Time Bomb</em>) disait qu&#8217;on était <em>« spécialistes en rapologie »</em>. On exprimait un sentiment, mais en observant des règles précises. En planchant là-dessus, on savait qu&#8217;on était meilleurs que les autres.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/s8mGJbvfw24" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Que représentait ce collectif pour vous ?</strong> Le rap nous a donné des armes pour affronter le monde extérieur. On adhérait à une culture, constituant notre identité et notre rapport à la société !</p>
<p><strong>Comment avec-vous découvert Oxmo Puccino et Booba ?</strong> J&#8217;ai rencontré Booba en studio durant l&#8217;enregistrement de <em>Time Bomb explose</em>. Oxmo, c&#8217;était chez Gilles. Tous deux étaient très déterminés, d&#8217;un sérieux morbide. On ne pensait pas encore faire carrière tandis qu&#8217;eux voulaient devenir des stars. Leur succès est mérité. Ils ont une grande faculté d&#8217;adaptation, la définition même de l&#8217;intelligence.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/RSsIVuTmnto" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Le concert de la Fnac des Ternes marque un tournant dans votre histoire. Pouvez-vous nous rappeler les faits ?</strong> Il faut recontextualiser (<em>rires</em>). On est à la fin des années 1990, le rap est à peine installé. On travaille surtout en studio ou en radio, sans contact direct avec le public. Marc, qui bossait pour la radio <em>Générations</em>, a décidé d&#8217;organiser un concert gratuit à la Fnac des Ternes, à proximité des Champs Elysées. On attendait 500 personnes mais au bout d&#8217;une heure, on en comptait déjà 2000. Forcément, le concert a été annulé de peur que ça parte en vrille. Sur place, les lascars ont pété les plombs et ont tout saccagé, pillé les disques. On avait déjà vu des concerts de rap qui finissaient en bagarre mais là, il n’y a même pas eu de concert, juste une émeute (<em>rires</em>). On est rentrés chez nous et on s&#8217;est dit que c&#8217;était le moment ou jamais de produire un album.</p>
<p><strong>En tant que beatmaker, de quelles productions êtes-vous le plus fier ?</strong> Notre premier single c&#8217;était <em>Toute la night</em> de La Fouine, donc il a une valeur sentimentale. J&#8217;ai adoré produire <em>Oklm</em> de Booba et <em>Nador</em> de Kaaris.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/KpXSed8yVSI" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Comment votre génération se distingue-t-elle de ses aînés ?</strong> Nos prédécesseurs puisaient dans la musique des 1980&#8217;s- 90&#8217;s, comme LL Cool J ou EPMD. De notre côté, on visait déjà plus le rap du nouveau millénaire avec Notorious Big, Capone-N-Noreaga. L&#8217;ordre naturel des choses, quoi.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/_JZom_gVfuw" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>A l&#8217;inverse, qu&#8217;avez-vous avez apporté aux jeunes générations ?</strong> Durant notre âge d&#8217;or, les gamins estimaient qu&#8217;on était imbattables en termes de rythmes, de rimes… bref, qu&#8217;on avait atteint le sommet. Heureusement, tout n&#8217;a pas été défriché sur le plan de la musicalité. Récemment encore Lomepal a amené des trucs nouveaux en termes de son, même si techniquement il demeure proche de Time Bomb !</p>
<p><strong>On entend souvent dire que le rap était plus engagé et politique avant. Qu&#8217;en pensez-vous ?</strong> Je ne partage pas cet avis. Les problématiques qui traversent le rap actuel sont les mêmes : la précarité, la violence, la drogue, l&#8217;incompréhension&#8230; Un jeune comme Koba la D raconte des travers et des kifs partagés par toute une population. Il porte un vrai discours.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/rD-pMUYJxGM" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Comment définiriez-vous un bon rappeur ?</strong> Un bon rappeur ne joue pas de rôle. Un mec comme Orelsan est respecté parce qu&#8217;il est vrai. Quand il a dit <em>« Regarde-moi dans les yeux tu comprendras qu’j’suis qu’une baltringue », </em>il a choqué tous les voyous, mais ils se sont dit que c&#8217;était une caillera. Combine à ça le message et la technique, et c&#8217;est le succès garanti.</p>
<p><strong>Quelles relations entretenez-vous avec les anciens membres ?</strong> On se respecte énormément. Oxmo m&#8217;a envoyé un SMS pour me féliciter, Booba a posté le livre dans sa story&#8230; On n&#8217;a pas besoin de se parler tous les jours pour savoir qu&#8217;on a partagé un vécu. On est tous fiers d&#8217;avoir appartenu cette aventure.</p>
<p><strong>Qu&#8217;écoutez-vous en ce moment ?</strong> J&#8217;aime beaucoup Dosseh. Il vient de la même école, c&#8217;est le petit frère de Pit (Baccardi), son discours résonne en nous. J&#8217;écoute aussi Kery James, que j&#8217;ai toujours porté dans mon cœur. J&#8217;ai beaucoup bossé avec S. Pri Noir et on est les mêmes. Il a 10 ans de moins, mais on se comprend immédiatement. Côté ricain, je citerais Tory Lanez. Mon frère me tient au courant des sorties, mais ça devient compliqué de tout suivre (<em>rires</em>).</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/qAGsAyEhURI" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>A la fin de <em>Time Bomb</em>, vous évoquez <em>Reverse</em>.</strong> <strong>De quoi parle ce prochain livre ?</strong> C&#8217;est un roman historique en deux tomes se déroulant de 1400 à nos jours. Je n&#8217;en dis pas plus&#8230;</p>
<p><strong>Peut-on s&#8217;attendre à un retour en studio ?</strong> J&#8217;ai un projet avec mon frère, dont je ne peux pas parler pour l&#8217;instant, mais ça sera surprenant !</p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Sa playlist </strong></p>
<p style="text-align: center;">Hans Zimmer – <em>Now We Are Free (</em>B.O. de <em>Gladiator</em>)</p>
<p style="text-align: center;"><iframe src="https://www.youtube.com/embed/NBE-uBgtINg" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p style="text-align: center;">2Pac – <em>Pain</em> (B.O. d&#8217;<em>Above The Rim</em>)</p>
<p style="text-align: center;"><iframe src="https://www.youtube.com/embed/Q6PHwf61ZLA" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p style="text-align: center;">Jay-Z – <em>Can I Live</em></p>
<p style="text-align: center;"><iframe src="https://www.youtube.com/embed/BXkXt06pLKM" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p style="text-align: center;">Ideal J feat Rohff et Demon One – <em>L&#8217;Amour</em></p>
<p style="text-align: center;"><iframe src="https://www.youtube.com/embed/O8n5PidkWSQ" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p style="text-align: center;">Luciano Pavarotti – <em>Nessun dorma </em></p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/cWc7vYjgnTs" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Nicolas Offenstadt</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Nov 2019 03:48:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Albin Michel]]></category>
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		<category><![CDATA[chute du mur]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Offenstadt]]></category>
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		<category><![CDATA[Urbex RDA]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Pourquoi s&#8217;intéresser à l&#8217;ex-Allemagne de l&#8217;Est à travers ses lieux désaffectés ? En tant qu&#8217;historien, la RDA m’a toujours fasciné, parce qu&#8217;elle...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pourquoi s&#8217;intéresser à l&#8217;ex-Allemagne de l&#8217;Est à travers ses lieux désaffectés ?</strong> En tant qu&#8217;historien, la RDA m’a toujours fasciné, parce qu&#8217;elle a soigneusement entretenu la mémoire de la Première Guerre mondiale et de la Révolution de 1918. Puis, en la parcourant après 1990, j’ai été véritablement frappé par l’envergure des lieux abandonnés, partout, dans les villes comme à la campagne.</p>
<p><strong>Quelle est votre définition de l&#8217;urbex ?</strong> Elle est simple : la visite sans autorisation ni but lucratif de lieux abandonnés. Mais ce terme recouvre des pratiques différentes. Certains &#8220;urbexeurs&#8221; sont des photographes passionnés par les ruines, d&#8217;autres recherchent l’aventure.</p>
<p><strong>Où vous êtes-vous livré à cette exploration ?</strong> J’ai parcouru toute l&#8217;ex-RDA du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Mais sur place, même si l&#8217;expédition est bien préparée, il reste une part de hasard. Je me laisse donc guider par les opportunités.</p>
<p><strong>Etes-vous resté dans la limite de la légalité ?</strong> On ne sait jamais vraiment ce qui est légal dans la pratique de l’urbex. Certains endroits ne sont pas fermés. D’autres comportent des signaux d’avertissement. Je me donne pour règle de ne jamais forcer un site, ni de m’infiltrer dans un lieu gardé ou actif.</p>
<div id="attachment_106378" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/10/albindef64img_6372albin2.jpg"><img class="size-full wp-image-106378" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/10/albindef64img_6372albin2.jpg" alt="Maison de la culture des travailleurs, intérieur, Halberstadt, août 2015. - Photo © Nicolas Offenstadt / Albin Michell" width="800" height="533" /></a><p class="wp-caption-text">Maison de la culture des travailleurs, intérieur, Halberstadt, août 2015. &#8211; Photo © Nicolas Offenstadt / Albin Michell</p></div>
<p><strong>Avez-vous une idée du nombre de sites restant à explorer ?</strong> En Allemagne, il en reste des milliers ! Les plus fréquents sont des immeubles préfabriqués typiques de la RDA (Plattenbauten), des bâtiments industriels ou militaires du XIX<sup>e</sup> siècle réutilisés à l’époque, des constructions modernes des années 1970&#8230;</p>
<p><strong>Pour quelles raisons ces lieux ont-ils été délaissés ?</strong> Il y a plusieurs explications. Les gros sites industriels ont souvent disparu avec la liquidation de l’économie socialiste. Leur abandon est parfois postérieur, lié à certaines tentatives de reprises qui ont échoué. Enfin, une émigration massive vers l’Ouest a rendu de nombreux logements inutiles et abattre des bâtiments coûte cher…</p>
<p><strong>Quelles sont vos découvertes les plus marquantes ?</strong> On trouve un tas de choses passionnantes : œuvres d’art, machines, objets personnels… Mais ce qui m’intéresse le plus, ce sont les monceaux d’archives : dossiers, classeurs… J&#8217;ai été frappé par ces salles remplies de papiers. Notamment dans une fonderie à Chemnitz ou une usine de meubles à Neustadt / Dosse, avec tous ces fanions de l’équipe de football locale détrempés au milieu des documents. C&#8217;est comme un monde arrêté net… On retrouve cette atmosphère au pied des immeubles géants de Halle-Neustadt où un passage commercial moribond devait offrir toutes les fonctionnalités d’une ville socialiste modèle…</p>
<div id="attachment_106379" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/10/albindef5img_1760.jpg"><img class="size-full wp-image-106379" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/10/albindef5img_1760.jpg" alt="Galerie marchande, cernée par des immeubles vides (Hochhausscheiben), Halle-Neustadt, janvier 2019. Photo © Nicolas Offenstadt / Albin Michel" width="800" height="533" /></a><p class="wp-caption-text">Galerie marchande, cernée par des immeubles vides (Hochhausscheiben), Halle-Neustadt, janvier 2019. Photo © Nicolas Offenstadt / Albin Michel</p></div>
<p><strong>Sur le plan iconographique, quel fut votre parti pris ?</strong> Je voulais que le texte et l’image entretiennent un dialogue permanent. Observer ces ruines doit faciliter la compréhension. L&#8217;urbex n&#8217;offre pas des conditions de prises de vue sereines : planchers et plafonds fragiles, bruits suspects, rencontres plus où moins bienveillantes, lumière capricieuse… Mes clichés témoignent de tout cela.</p>
<p><strong>Comment avez-vous hiérarchisé toutes ces pièces ?</strong> Ce livre raconte l&#8217;histoire de la RDA et de sa disparition. On peut appréhender les chapitres comme en urbex, en vagabondant d’un site à l’autre, d’un texte à l’autre. Une lecture en continu permet aussi de saisir toute une époque. Les objets et les documents dénichés narrent les lieux, et au-delà le récit général du pays.</p>
<div id="attachment_106380" style="width: 217px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/10/albindef16img_6501albin1.jpg"><img class="size-medium wp-image-106380" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/10/albindef16img_6501albin1-207x300.jpg" alt="Polyclinique de Sket, Magdebourg, août 2015." width="207" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Polyclinique de Sket, Magdebourg, août 2015.</p></div>
<p><strong>Pourquoi parlez-vous d&#8217;un &#8220;pays disparu&#8221; ?</strong> D’abord, l’unification s’est accomplie au détriment des édifices de la RDA. Plus encore, depuis les années 1990 de nombreux lieux ont été détruits : le plus célèbre étant le Palais de la République de Berlin. De même, quantité d’œuvres et sculptures de l’espace public ont été démontées, marginalisées ou rasées.</p>
<p><strong>Comment expliquez-vous que la mémoire de la RDA soit à ce point occultée ?</strong> Je ne dirais pas occultée. On parle énormément de la RDA, à travers des émissions, des publications, des expositions. La question est plutôt celle de sa présence concrète, physique dans l’espace public allemand et la manière dont on en parle. Le discours dominant néglige l&#8217;expérience des Allemands de l’Est.</p>
<p><strong>La différence entre les deux Allemagne persiste-t-elle ?</strong> Il y a des différences objectives importantes : les disparités salariales demeurent, le taux de chômage est aussi plus important à l&#8217;Est. Les élites économiques et culturelles sont majoritairement issues de l&#8217;Ouest.</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/10/urbex-rda_couverture.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-106381" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/10/urbex-rda_couverture-238x300.jpg" alt="" width="238" height="300" /></a>Existe-t-il une nostalgie de la RDA ?</strong> Ce terme est un peu trop ambigu. Certes, nombre d’Allemands regrettent des aspects protecteurs du régime de la RDA : travail pour tous, protection sociale généralisée, soins accessibles. Il décrivent une société plus solidaire. Mais attention, chacun bricole aussi ses souvenirs et son identité. On peut vanter certains côtés de la RDA tout en se réjouissant de l’unité allemande et de la disparition du régime communiste.</p>
<p><strong>Cette zone d&#8217;ombre est-elle exploitée ?</strong> Le souvenir de la RDA et celui des années 1990 reste un enjeu politique important. L&#8217;extrême-droite, et notamment l’AfD, l&#8217;instrumentalise efficacement. Ce parti se présente comme un représentant des Allemands de l’Est. Ils trouveraient, avec lui, un nouvel élan. <em>« L’Est se lève »</em> clame l&#8217;un de ses slogans…</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=106419" target="_blank">A LIRE AUSSI : ON REFAIT LE MUR DE BERLIN !</a></strong></p>
<p><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/10/11-francois-regis-cypriani-baiser-brejnev-honneger.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-106392" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/10/11-francois-regis-cypriani-baiser-brejnev-honneger-300x213.jpg" alt="11-François-Régis-Cypriani-Baiser-Brejnev-Honneger" width="300" height="213" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Marion Brunet</title>
		<link>https://www.lm-magazine.com/blog/2018/03/04/marion-brunet/</link>
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		<pubDate>Sun, 04 Mar 2018 00:11:19 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>Dans une petite ville du Luberon où tout se sait, il faut jouer son rôle, répondre aux attentes, tenir son rang pour...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans une petite ville du Luberon où tout se sait, il faut jouer son rôle, répondre aux attentes, tenir son rang pour éviter le poids des jugements. Alors quand Céline, 16 ans, tombe enceinte d’un inconnu, les langues se délient et la violence du père alcoolique n’arrange rien. La soeur cadette, Johanna, regarde elle ailleurs, loin de cette vie pavillonnaire routinière&#8230; Marion Brunet nous introduit ici chez les &#8220;petites gens&#8221;, entre deux mondes. On perçoit cette tension entre l’adolescence insouciante et la rudesse du quotidien, la pression des adultes. Un roman social convaincant, dans lequel l’ombre des personnages est scrutée sous un soleil de plomb.</p>
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		<title>Blexbolex</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Dec 2017 04:29:47 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>En 2009, le Douaisien Bernard Granger (alias Blexbolex) reçut le prix du &#8220;plus beau livre du monde&#8221; à la Foire de Leipzig, avec <em>L’imagier des gens</em>. Point de ligne claire chez cet amateur de Chaplin, mais une grande clarté. Un style marqué par une esthétique rétro et la technique de la sérigraphie que l’on retrouve dans son nouvel ouvrage. Ici, il prend le parti de raconter <a href="http://www.albin-michel.fr/ouvrages/nos-vacances-9782226392497" target="_blank">une histoire sans texte</a>. Celle-ci illustre les aventures d’une fillette en vacances chez son grand-père, mais perturbées par l’arrivée d’un éléphanteau… Un récit teinté d’étrangeté où l’imaginaire du lecteur est sans cesse stimulé – jusqu’à en devenir le co-auteur. Ces doubles pages d’aplats de couleurs vives sont ponctuées de vignettes dynamisant la narration. Encore un très beau livre, assurément.</p>
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