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	<title>LM magazine &#187; Alberta Sessa</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Keith Haring</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Jan 2020 05:15:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Alberta Sessa]]></category>
		<category><![CDATA[Bozar]]></category>
		<category><![CDATA[Bruxelles]]></category>
		<category><![CDATA[Darren Pih]]></category>
		<category><![CDATA[Keith Haring]]></category>
		<category><![CDATA[Rétrospective]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Art is for everybody</em>. Inscrite en lettres chromées dès l&#8217;entrée du parcours, cette citation de Keith Haring donne le ton. Celui d&#8217;un génie qui fut la quintessence même de l&#8217;artiste pop. Né en 1958 en Pennsylvanie (comme son mentor Andy Warhol), il grandit à Reading, <em>« une petite ville ouvrière très religieuse et conservatrice »</em>, resitue Alberta Sessa, co-commissaire de l&#8217;exposition. Fan de BD et en particulier de Mickey et toute sa clique, son père l&#8217;initie très jeune au dessin. C&#8217;est sa première influence. <em>« Cette ligne continue et ces contours simples ne le quitteront jamais »</em>. En 1977, il s&#8217;inscrit à la Ivy School of Professional Art de Pittsburgh, découvre Dubuffet, Fernand Léger (pour qui la beauté était partout&#8230;) et une exposition du Belge Pierre Alechinsky. «<em> On ne le dit pas assez, mais c&#8217;est une immense révélation, l&#8217;abstraction lui apparaît dès lors comme une voie riche de possibles »</em>. En témoigne l&#8217;une de ses toutes premières œuvres où son style, à la fois abstrait et figuratif, bouillonne déjà, comme la pureté de son trait. <em>« Il est effectué d&#8217;un seul geste, sans préparation, rature ni coulure. Pour lui la peinture était une performance. Il parlait d&#8217;ailleurs de &#8220;flow&#8221;, à la façon des rappeurs »</em>.</p>
<div id="attachment_108818" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/12/kh_1.jpg"><img class="size-full wp-image-108818" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/12/kh_1.jpg" alt="Untitled, 1981, Sumi ink on paper, 95,3 x 125,7 cm © Keith Haring Foundation, Private collection, courtesy Martin Lawrence Galleries" width="800" height="606" /></a><p class="wp-caption-text">Untitled, 1981, Sumi ink on paper, 95,3 x 125,7 cm © Keith Haring Foundation, Private collection, courtesy Martin Lawrence Galleries</p></div>
<p><strong>Melting potes<br />
</strong><br />
A la fin des années 1970, le jeune homme débarque à New York. Un second choc. <em>« Il est alors fasciné par ce fourmillement humain et la géométrie de l&#8217;urbanisme »</em>. Keith Haring esquisse des cités imaginaires. Au sein de la School of Visual Arts, il découvre la sémiotique popularisée par William Burroughs, s&#8217;amuse à travers moult collages de mots découpés ici et là pour en livrer un tout autre sens. Sa signature se met en place. La Grosse Pomme achève sa formation. C&#8217;est alors une ville sale et dangereuse, frappée par la crise économique, mais aussi en pleine effervescence. Nous sommes à l&#8217;époque du punk, du disco, des débuts du rap, une scène dont il était proche, participant aux block parties et invitant même Afrika Bambaataa à ses vernissages. Haring est à la fois partout et nulle part. <em>« C&#8217;était une éponge</em>, explique Darren Pih, curateur à la Tate Liverpool. <em>Il absorbait le hip-hop, le graff, le pop art, les formes anciennes comme l&#8217;art aborigène ou les hiéroglyphes égyptiens, afin de les rendre accessibles via un langage universel »</em>.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/W04j0Je01wQ" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/jKP4T7QSpEI" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Hey, baby !<br />
</strong></p>
<p>Son premier terrain de jeu, c&#8217;est le métro. Il dessine à la craie sur les panneaux publicitaires souterrains, entre deux campagnes d&#8217;affichage, et travaille <em>« aux heures de pointe »</em>. La grande ambition de Keith Haring, c&#8217;est de créer un art public, <em>« de combler le vide entre la rue et les galeries »</em>. Il n&#8217;est certes pas graffeur, mais l&#8217;un des pionniers du street art. Ses fresques deviennent vite célèbres (et lui valent quelques arrestations). Les New-Yorkais découvrent son alphabet, constitué de personnages récurrents, comme le chien (aboyant pour attirer l&#8217;attention ou exprimer sa colère), l&#8217;atome (traduction de sa peur de l&#8217;apocalypse nucléaire) ou le fameux &#8220;radiant baby&#8221;, son logo préféré. <span class="has-pullquote" data-pullquote="« C'est l'expérience la plus positive, la plus pure de l'existence humaine »">« C&#8217;est l&#8217;expérience la plus positive, la plus pure de l&#8217;existence humaine »</span>, disait-il. <em>« C&#8217;est aussi un symbole de vitalité</em>, ajoute Sophie Lauwers, directrice de Bozar. <em>Keith Haring aimait profondément la vie, et la fête »</em>.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/LJiiW89It_U" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p>Pour preuve cette section consacrée au clubbing. Le peintre est installé dans l&#8217;East Village, ardent repaire d&#8217;artistes (tel son ami Jean-Michel Basquiat). Ses nuits sont ponctuées de grandes noubas, notamment au Club 57, une boîte nichée dans la cave d&#8217;une église (!). Entre défilés de mode et cabarets queers, Madonna y donne ses premiers concerts, Grace Jones côtoie Warhol (qui immortalise ici Keith Haring peignant le corps de la &#8220;panthère noire&#8221;). C&#8217;est d&#8217;ailleurs en suivant les conseils de ce dernier qu&#8217;il inaugure ses Pop Shops aux quatre coins du monde, soit des magasins où l&#8217;on trouvait des t-shirts, casquettes arborant ses créations, et même des fringues signées Vivienne Westwood. Le tout à prix cassés. <em>« Pas forcément pour gagner de l&#8217;argent, plutôt pour démocratiser sa production »</em>.</p>
<div id="attachment_108816" style="width: 1005px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/12/kh_6.jpg"><img class="size-large wp-image-108816" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/12/kh_6-1024x574.jpg" alt="Ignorance = Fear, 1989, Poster 660 x 1141 mm © Keith Haring Foundation / Collection Noirmontartproduction, Paris" width="995" height="558" /></a><p class="wp-caption-text">Ignorance = Fear, 1989, Poster 660 x 1141 mm © Keith Haring Foundation / Collection Noirmontartproduction, Paris</p></div>
<p><strong>The Message</strong></p>
<p>Au-delà de la forme, le fond est percutant. <em>« L&#8217;icône pop devient rapidement un activiste, le porte-parole de la société américaine »</em>, poursuit Sophie Lauwers. Ses oeuvres sont colorées, drôles, mais les sujets graves, reflets d&#8217;une époque en plein tourment. Keith Haring dénonce l&#8217;apartheid, le racisme, l&#8217;homophobie, l&#8217;escalade de l&#8217;armement nucléaire&#8230; La toxicité de la télévision aussi, qui vide les esprits, à l&#8217;image de cette femme berçant son enfant, mais dont la tête est un écran diffusant son propre cerveau (un tableau plus actuel que jamais&#8230;).</p>
<div id="attachment_108817" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/12/kh_4.jpg"><img class="size-full wp-image-108817" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/12/kh_4.jpg" alt="Keith Haring, 1958-1990 Silence = Death, 1989  Acrylic on canvas 101,6 x 101,6 cm © Keith Haring Foundation " width="800" height="792" /></a><p class="wp-caption-text">Keith Haring, 1958-1990 Silence = Death, 1989 Acrylic on canvas 101,6 x 101,6 cm © Keith Haring Foundation</p></div>
<p><strong>Libération</strong></p>
<p>Et puis, bien sûr, il y a son combat contre le Sida. Atteint du VIH, Keith Haring s&#8217;impose comme une figure de proue d&#8217;Act Up. Il affirme, revendique son homosexualité, libérant les corps et les âmes. <em>« Nous sommes dans les années 1990, Reagan est président des Etats-Unis, et son discours à propos du Sida est simple : &#8220;arrêtez de faire l&#8217;amour&#8221;. Keith Haring lui oppose tout le contraire, défendant l&#8217;importance de la sexualité. Il dévoile la sienne dans ses dessins, brise les tabous et en envoie un message aux générations futures, les exhortant à se protéger et trouver des remèdes pour s&#8217;aimer librement »</em>. Ses dernières créations sont plus sombres. Sexes brandis comme des armes, pleurs&#8230; Les couleurs s&#8217;obscurcissent, se teintent de rouge sang, à l&#8217;instar de cette scène de fête siphonnée par un trou noir. L&#8217;artiste n&#8217;est pas épargné par la maladie, et s&#8217;éteint le 16 février 1990.<em> « Mais nous ne voulions pas terminer sur cette note triste »</em>, insiste Alberta Sessa. L&#8217;ultime salle de l&#8217;exposition se concentre ainsi sur des toiles exécutées dans les boîtes de nuit, à la peinture fluo. Comme lui, elles brillent dans l&#8217;obscurité.</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2020/01/02/darren-pih/" target="_blank">A LIRE AUSSI : L&#8217;INTERVIEW DE DARREN PIH</a></strong></p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2020/01/02/keith-haring-2/" target="_blank">A LIRE AUSSI : TROIS QUESTIONS A SOPHIE LAUWERS</a></strong></p>
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