Home Cinéma Let’s Get Lost

À bout de souffle

Quand Bruce Weber filme Chet Baker en 1987, quelques mois avant sa mort, le musicien n’a plus le visage innocent de sa jeunesse. Toujours aussi douce, la voix qui a susurré My Funny Valentine émane d’un masque profondément ridé. Le cinéaste sculpte encore celui-ci par un noir et blanc contrasté, comme si Baker faisait corps avec la nuit. Écrivant la légende du jazzman, toujours entouré de femmes enamourées et de jeunes admirateurs (dont Chris Isaak), Let’s Get Lost saisit aussi la fragilité d’un homme à bout de souffle. Comme le glisse l’un des intervenants, « chacun a son histoire sur Chet Baker ». Les témoignages de musiciens, de proches ou de parents se mêlent aux chansons. Mais comme un moineau toujours sur le point de s’envoler, Baker demeure insaisissable.

Raphaël Nieuwjaer / Photo : © The Jokers Films

Documentaire de Bruce Weber. (Re)sortie le 19.06


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