En 1919, des Égyptiennes ont pris la parole pour dénoncer des viols commis par l’armée d’occupation britannique et réclamer justice. La dramaturge et metteuse en scène Laila Soliman réhabilite le combat de ces femmes tout en interrogeant la persistance de ces crimes à notre époque.

Le théâtre peut-il dire l’horreur de la guerre, l’impuissance des civils (et principalement des femmes) face à la barbarie des Hommes (et surtout des hommes) ? De nombreux dramaturges s’emparent de ces questions brûlantes. Parmi eux, la Cairote Laila Soliman. Cette auteure de 36 ans s’est plongée dans les archives d’un procès bien réel : celui de soldats britanniques qui, en 1919, ont fait irruption dans un village égyptien et violé une douzaine de ses habitantes. Dans un décor à la sobriété exemplaire, ce théâtre documentaire met en scène les témoignages poignants des victimes. Quatre comédiennes racontent et réfléchissent à haute voix, soutenues par une violoniste. Elles incarnent successivement les juges et les témoins, les militaires et les victimes, les femmes d’hier et celles d’aujourd’hui. Ainsi, elles mettent en perspective les drames intimes qui, de l’Europe Centrale au Moyen-Orient, en passant par l’Afrique, ont encore lieu. Car le viol est malheureusement encore aujourd’hui utilisé comme une arme de guerre, condamnant les femmes au silence plus sûrement que n’importe quel tribunal. Une œuvre nécessaire et salutaire.

Informations
Arras, Théâtre d'Arras

Site internet : http://www.tandem-arrasdouai.eu

14.11.2017>15.11.201720h - 20h30, 10/8€