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Spirituals

Santigold, ce fut tout d’abord, en 2009, un premier essai éponyme épatant, puis deux albums honorables, mais moins marquants. Six ans après 99¢, qu’est-ce que l’Américaine pouvait bien nous proposer ? En soi, elle n’est pas tombée dans le piège (fréquent) de la musicienne courant après les vogues et les modes. À l’instar d’une M.I.A. (à laquelle elle fut beaucoup trop comparée) Santigold possède une patte bien à elle. Cet album confirme l’étendue de son talent et de sa palette musicale. S’il fallait trouver un dénominateur commun à ces dix morceaux, ce serait l’amour des basses. La native de Philadelphie navigue entre reggae dub (Ushers of the New World), bass music à l’anglaise (Witness, Ain’t Ready), funk bondissant et détraqué (Shake) et fait également du pied à New Order période Brotherhood (1986) sur Fall First. Enregistré à la maison, durant le confinement, à grands coups de ping-pong virtuel avec une palanquée de producteurs (dont Rostam, Boys Noize, Dre Skull, Nick Zinner ou encore SBTRKT), Spirituals est loin d’être la ramasse et marque un retour plus que digne. Espérons qu’il ne faudra pas attendre une nouvelle pandémie pour avoir des nouvelles de Santigold…

Thibaut Allemand