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Le roi lézardé

© Rob Baker Ashton

Voici 53 ans que James Osterberg, alias Iggy Pop, incarne une espèce de totem du rock. Le rejeton azimuté d’un Sinatra sous électrochocs et d’un Jim Morrison qui ne se serait pas pris au sérieux. Les disques et les images d’hier révèlent encore une énergie incontrôlable, et une vie incontrôlée. Mais aujourd’hui ?

Adulé, moqué, méprisé… Parfois dans cet ordre. Souvent, les trois à la fois. Tel fut le (relatif) calvaire d’Iggy Pop. Relatif, car même s’il a frisé la folie, flirté avec la mort et fricoté avec les hôpitaux psychiatriques, notre homme n’a jamais pointé au bureau quarante heures par semaine. Alors oui, c’est vrai, voici quelques années encore on ricanait de ce septuagénaire se démenant sur scène à la recherche de son temps perdu, imitant son “moi” passé. Aujourd’hui, le voilà émouvant. Est-ce nous ? Est-ce lui ? C’est l’époque, sans doute. Les frères Asheton cramés, le voilà seul survivant des Stooges. Bowie parti, Lou Reed six pieds sous terre, reste finalement celui à qui on donnait trois mois à vivre en 1970. Qu’a-t-il fait de tout ce temps ? Un peu de caricature, parfois. Des surprises (Avenue B), des disques embarrassants (ses Feuilles mortes, franchement…) et puis une fin de carrière plutôt heureuse (Post Pop Depression et Free, très dignes), plaçant sa voix ténébreuse à peu près partout où on l’invite – récemment, avec Thomas Dutronc… pourquoi pas ? Finalement, “l’iguane” aura passé sa vie à jouer au caméléon. Reconnaissons que ses derniers tours de piste ne manquent pas d’allure.

Thibaut Allemand // Photo : © Rob Baker Ashton
Concert(s)
Iggy Pop
Lille, Le Zénith
10.05.2022 à 20h0085>56€
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