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The Unstable Boys

Sonatine

Nick Kent, figure de l’âge d’or du NME, puis du Libération des 90’s, pourrait à juste titre se pavaner sur sa gloire passée – d’autres ne s’en privent pas, cachetonnant même dans des revues d’extrême-droite (Patrick Eudeline, quel naufrage !). Le Londonien a heureusement un peu plus d’élégance et signe, à 70 ans, son premier roman. The Unstable Boys, formation fictive ayant connu son heure de gloire dans les 60’s, nous rappelle Johnny Thunders et ses Dolls, ou plus sûrement Vince Taylor. Les voici de nos jours, survivant comme ils le peuvent, ennemis mais (peut-être) réunis grâce à la ténacité d’un écrivain de best-sellers souhaitant renouer avec sa jeunesse, en pleine crise existentielle. Se croisent alors un critique rock à la trentaine fatigué, un vieux disquaire qui a toujours la flamme, une pute au grand cœur, un hacker cynique… On songe parfois à Vernon Subutex de Virginie Despentes. Mais là où la Lyonnaise alignait des portraits creux, Kent donne du corps, une âme, une histoire à ses personnages. Éclaboussé de réflexions acides et spirituelles sur la fascination pour les stars du rock et de la pop, ce roman se lit d’un trait, que l’on soit, ou non, familier du grand cirque rock’n’roll.

Thibaut Allemand

320 p., 21€

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