Home Musique Pet Shop Boys

Bêtes de scène

© Phil Fisk

C’est sans doute le duo le plus iconique de la pop britannique – en tout cas le plus vendeur. Formé en 1981 à Londres par le chanteur Neil Tennant et le claviériste Chris Lowe, Pet Shop Boys a trusté les charts du monde entier avec des titres devenus culte, enflammant les clubs (West End Girls) comme les stades (Go West). Toujours aussi mordants, auteurs de 14 albums (dont le dernier, Hotspot, est sorti en 2020), nos “garçons de l’animalerie” entament une tournée planétaire passant par Bruxelles, durant laquelle ils rejouent leurs plus grands hits. Passage en revue.

Un nom au poil…

D’abord baptisés West End, du nom d’un riche quartier londonien, Neil Tennant et Chris Lowe optent ensuite pour Pet Shop Boys, clin d’oeil à des amis travaillant dans une animalerie. « On trouvait que ça sonnait comme un groupe de rap » expliqueront-ils.

…ou pas

Un blase pas du goût de Peta. En 2009, cette organisation internationale de protection des animaux leur a très sérieusement demandé de se renommer les Rescue Shelter Boys, soit “les garçons de refuge”, pour mieux défendre leur cause. Le duo a refusé, mais a pris le temps de répondre à l’association, lui offrant une belle pub.

Hommage à Mylène

En 1992, Neil Tennant rejoint Electronic, supergroupe formé par Johnny Marr (The Smiths) et Bernard Sumner (New Order) pour composer Disappointed, un morceau influencé par… Désenchantée. « C’est mon petit hommage à Mylène Farmer », avouera le Londonien. Eh ouais.

Monte le son

Quelque part entre le disco, la dance music, la new wave ou même le rap, Pet Shop Boys, c’est tout simplement la quintessence de la pop britannique. Soit un sens inné pour les mélodies faussement légères, des nappes de synthés envoûtantes, un peu de mélancolie ici, de romantisme par là… le tout saupoudré d’un goût “so british” imperceptiblement décadent.

À l’Ouest

C’est le premier gros carton. Sorti en 1984, West End Girls synthétise les influences pop et hip-hop de PSB. Inspirée d’un poème de T.S Eliot, mais aussi de The Message de Grandmaster Flash, cette chanson, sous ses faux airs guillerets, traite des injustices sociales à Londres, écartelée entre le West End aisé et l’East End défavorisé.

La forme et le fond

Derrière les mélodies accrocheuses, les textes entretiennent une subtile ambivalence. Rent évoque ainsi les rent boys (prostitués londoniens), brouillant les lignes morales entre arrangements sexuels et financiers. Avec Being Boring, l’écriture douce-amère de Tennant est à son meilleur, il rend hommage à l’un ses amis d’adolescence décédé du sida. Un tour de force dans les années 1980.

Reprises de haute volée

Depuis leurs débuts, les PSB ont repris pas moins d’une quarantaine de chansons, leur offrant souvent une destinée bien plus brillante. C’est par exemple le cas de Always on My Mind interprétée par Brenda Lee puis Elvis Presley en 1972, ou encore de Go West des Village People (relecture qui deviendra un hymne du PSG). Oui, parfois la copie vaut mieux que l’originale.

La loi des séries

Sortie en 1987, It’s a Sin (“c’est un péché”) reste l’un des grands tubes des Pet Shop Boys, soit une chanson qui raille en creux l’absolutisme du catholicisme – bien avant Madonna. En 2021, elle a inspiré le titre d’une série anglaise racontant le combat de jeunes homosexuels contre le VIH dans les années 1980. Un bel hommage à ces militants (et icônes) LGBT.

Salut les copains

Parmi les artistes ayant collaboré avec PSB, citons David Bowie, Elton John, Madonna, Kylie Minogue, Lady GaGa, Boy George, Tina Turner, Blur, Liza Minnelli ou encore Soft Cell avec qui le duo vient de signer le morceau Purple Zone. Série en cours…

Give me 5

West End Girls, Being Boring, What Have I Done to Deserve it, Rent, Suburbia

Photo : © Phil Fisk
Concert(s)
Pet Shop Boys
Bruxelles, Forest National

Site internet : http://www.forestnational.be/

17.05.2022 à 20h0065>50€
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