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La résurrection

© Roger Sargent

Il y a quelque chose de vertigineux à écrire sur Peter Doherty en 2022. Après tout, cela fait une vingtaine d’années qu’on pense qu’il ne la passera pas – l’année. Et puis aussi parce qu’on l’a perdu de vue, à raison (il est parfois navrant) et à tort (la flamme ressurgit régulièrement). Aujourd’hui, le plus frenchy des Anglais est-il enfin présentable ? Eh bien oui.

Sa posture de poète maudit fatiguait. Or, l’homme en est revenu et, sans rien renier de son penchant pour la littérature (on ne va pas le lui reprocher) sait s’en amuser. Il évite ainsi le syndrome Nicola Sirkis – lui, en revanche, se contente de déchiffrer les quatrièmes de couverture, mais c’est un autre débat. Alors, avec “Pitou”, il y eut des hauts et des bas. Dans les noms de groupe, déjà : passer des Libertines (Sade et Diderot, OK) aux Babyshambles (bébés secoués et crise d’adolescence, d’accord) et finir avec The Puta Madres (Manu Chao et bonnet péruvien ? Ah non alors !). La musique s’en est également ressentie. Moins allègre. De plus en plus pataude. Jusqu’à une reformation des Libertines pour l’argent, et assumée comme telle. Compréhensible. Mais triste. D’autant que bien accompagné, l’Anglais désormais installé en Normandie est encore capable du meilleur. En témoigne un dernier album composé par Frédéric Lo, qui voit Doherty tutoyer les cimes : timbre fragile mais en place, mélodies jaillies du ciel, arrangements soyeux… Franchement, en 2022, on n’en croit pas nos yeux. Ni nos oreilles. Quelles merveilles !

Thibaut Allemand // Photo : © Roger Sargent
Concert(s)
Peter Doherty
Gand, Handelsbeurs

Site internet : http://www.handelsbeurs.be

11.05.2022 à 19h0033,50/29,50€
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