Home Cinéma Bruno Reidal, confession d’un meurtrier

Autopsie d'un crime

© Les Bookmakers / Capricci Films

L’affaire avait fait grand bruit en 1905. Sans motif particulier, Bruno Reidal tue et décapite François Raulhac, un gamin de douze ans, avant de se livrer à la police. Pour son premier long-métrage, Vincent Le Port tient moins à expliquer le geste qu’à se tenir face à son énigme.

Posant avec ses camarades séminaristes pour un portrait de groupe, le jeune Bruno est rattrapé par le sentiment viscéral de sa différence. Un plan cadre alors ses chaussures fatiguées tandis qu’il les dissimule sous sa chaise. Épaules de guingois, regard par en-dessous, le jeune homme de 17 ans est souvent tassé sur lui-même, comme pour se protéger ou disparaître. C’est ainsi un mélange de fragilité et de retenue que Dimitri Doré, tenant là son premier rôle, a réussi à rendre sensible. La chose est d’autant plus délicate que Reidal est un être complexe, tourmenté depuis la prime enfance par de violentes pulsions. Le récit s’appuie sur les véritables confessions du garçon, rédigées à la demande de médecins dirigés par Alexandre Lacassagne. La précision de ses souvenirs laisse deviner la violence du conflit intérieur. Bruno aura-t-il finalement trouvé quelque apaisement à écrire ce qui l’avait tant tiraillé ? La force du film tient à la rigueur de sa mise en scène, permettant de se tenir au plus près du personnage sans pour autant donner une représentation complaisante de ses fantasmes et de son acte. Après des courts-métrages remarqués (Le Gouffre), Vincent Le Port s’impose comme un cinéaste à suivre.

Raphaël Nieuwjaer // Photo : © Les Bookmakers / Capricci Films

De Vincent Le Port, avec Dimitri Doré, Jean-Luc Vincent, Roman Villedieu, Alex Fanguin… En salle


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