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Fragments

(Ninja Tune)

Figure de proue du style “downtempo”, Simon Green aka Bonobo n’avait plus donné de nouvelles depuis Migration, paru il y a cinq ans. Privé de scène, le Britannique s’est remis derrière ses machines pour publier un septième album, sans doute le plus abouti. Il y a du Burial (Closer) et du Four Tet dans cette electro orchestrale bardée de choeurs et de cordes (la harpe de Lara Somogyi dans Tides). Le natif de Brighton exilé à Los Angeles synthétise dans un geste érudit et généreux tout ce que la perfide Albion a apporté de mieux au dancefloor ces 30 dernières années (la base jungle de Sapien ou les infiltrations rave dans Otomo) tout en appuyant quelques clins d’oeil à la house de Chicago (Rosewood). Familier des collaborations, Bonobo ouvre également son jeu en conviant des pointures soul comme Kadhja Bonet, Jamila Woods ou le Néo-Zélandais Jordan Rakei (auteur avec What We Call Life d’un des plus beaux albums de l’année 2021, soit dit en passant). Si Fragments augure un potentiel hautement explosif sur scène, ces compositions introspectives et mélancoliques (Counterpart, l’un des sommets du disque) constituent aussi la BO d’un road-trip mental dont on ne reviendra pas de sitôt.

Julien Damien
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