Home Exposition La Vie matérielle

Féminin pluriel

Lieve Van Stappen, ‘Ariadnes’ yarn’, 2003 – 2005
© Lieve Van Stappen

Si La Vie matérielle tire son nom d’un recueil autobiographique de Marguerite Duras, c’est en Émilie-Romagne qu’est née cette exposition offrant un nouveau regard sur l’art au féminin. En arrivant à Bruxelles, elle s’enrichit des oeuvres de quatre artistes belges, qui entrent en résonance avec leurs homologues italiennes.

Un panneau de bois, une dorure à l’or fin. Avec Majesté, Serena Fineschi rend hommage à la peinture de la Renaissance… à sa façon. En fait de feuilles d’or, la plasticienne siennoise « compile des papiers de Ferrero Rocher, tandis qu’au pied du tableau s’étend un tapis de sculptures en chewing-gum, critique de notre société du tout jetable », décrit Carine Fol, la directrice artistique de La Centrale. Le monochrome qui ouvre l’exposition a été créé avec des matériaux pauvres, « instaurant un lien avec la vie ordinaire ». La soixantaine de pièces rassemblées mettra de la même façon en valeur la capacité des femmes à briser les frontières entre art populaire et beaux-arts. Dans l’espace brut de la Centrale, Carine Fol et Marina Dacci, la commissaire, font dialoguer les oeuvres et les nationalités. Face à Serena Fineschi s’élance l’une des grandes pièces textiles de la Bruxelloise Arlette Vermeiren, en tissu d’emballage et papier de bonbon. Plus loin, les photos de presse rugueuses que Léa Belooussovitch adoucit au crayon de couleur se rapprochent des Molotovs de Loredana Longo, en métal et morceaux de verre brisé. Loin de la douceur domestique, les femmes savent aussi composer avec la violence pour construire une autre réalité.

Marine Durand // Photo: Lieve Van Stappen, ‘Ariadnes’ yarn’, 2003 – 2005 © Lieve Van Stappen
Informations
Bruxelles, Centrale For Contemporary Art
09.12.2021>13.03.2022mer > dim :10h30-18h, 8 > 2,50€
Articles similaires
Nanitos, Jean-François Fourtou © Maxime Dufour photographies