Home Cinéma Loin de vous j’ai grandi

La vie devant soi

© Epicentre Films

En 2001, Marie Dumora filmait deux soeurs que leur placement à l’assistance publique allait séparer (Avec ou sans toi). Depuis, elle n’a cessé d’accompagner Sabrina et Belinda, formant une fresque familiale âpre et émouvante. Avec Loin de vous j’ai grandi, elle s’attache à Nicolas, le fils de Sabrina, au moment où celui-ci traverse l’adolescence.

Il n’est pas nécessaire d’avoir vu tous les longs-métrages consacrés à la famille Muller pour être saisi par la beauté et l’ampleur de Loin de vous j’ai grandi. Celui-ci reprend toute l’histoire: le baptême de Nicolas, le placement en foyer, le mal de vivre de Sabrina et l’insondable tristesse de son père, dont les parents se sont rencontrés tout jeunes dans le camp de Vorbruck-Schirmeck, pendant la Seconde Guerre mondiale. L’enjeu n’est cependant pas de restituer le passé mais de faire place au présent, par-delà les déterminismes sociaux et historiques. Dans ce foyer, Nicolas a trouvé un lieu où s’épanouir. On le découvre lisant Homère et Jack London, écoutant Prokoev. A-t-il été sauvé par la culture? Ce serait un peu naïf. De rencontre en rencontre, il semble surtout avoir troqué la mélancolie d’un voyage impossible à son peuple sédentarisé, les Yéniches, pour les ivresses de l’imaginaire. Au milieu de la forêt vosgienne, là même où furent emprisonnés ses grands-parents, Nicolas s’est construit une cabane de mots. Les incertitudes n’ont pas disparu, la fatalité n’est pas complètement conjurée, mais le lm se tient

Raphaël Nieuwjaer // Photo: © Epicentre Films

Documentaire de MArie Dumora. Sortie le 17.11.

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