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France Forêts

Vietnam / Because)

On l’attendait. À plus d’un titre. D’abord, parce que France Forêts est le successeur espéré d’un premier essai paru en 2015, qui fut le plus bel album de pop française de cette année-là. Ensuite, parce que ce disque tombe à pic au moment où le genre ronronne, entre retromania pépère, prétentions littéraires et écorchés en carton-pâte – on vous épargne la liste, on pourrait vexer Benjamin Biolay. Pas le genre de Maxime Chamoux, coeur et âme de Pharaon de Winter. Planent ici les ombres de JC Romand (le single avantcoureur L’habitacle), Jean-Pierre Treiber (qui orne la pochette) et… Xavier Dupont de Ligonnès, sur lequel Chamoux a enquêté pour le bimensuel Society. Un XDDL qui pourrait faire sienne la devise Fuge, Late, Tace (soit Fuis, Cache-toi, Tais-toi), titre conclusif et virevoltant. Pour le reste, armés de guitares, pianos délicats, basses rondes, cordes aériennes et d’une voix frêle, Chamoux et les siens déroulent leurs obsessions sans tomber dans le déballage d’états d’âme. Songwriter éclairé et honnête, de ceux qui citent leurs sources, admirateur de Sheller, Paddy McAloon et Véronique Sanson, Chamoux paie tribut au “leader” de XTC, le fragile Andy Partridge (Une Statue pour Nigel). Immense disque inclassable.

Thibaut Allemand
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