Home Exposition André Kertész & Bernard Plossu

La photographie en mouvement

André Kertész. St-Germain-des-Près, Paris, vers 1933.
Sélection de 2 prises de vues d’après bandes négatives originales 35 mm numérisées.
© Donation André Kertész, Ministère de la Culture, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, diff. RMN-GP

Le Musée de la photographie de Charleroi rapproche André Kertész et Bernard Plossu. Ce double accrochage révèle, d’un côté, le passage du célèbre Hongrois au Leica et les bouleversements qui en découlèrent, et de l’autre la passion du Français pour la Belgique. Internationalement reconnu pour ses images en noir et blanc (mais pas seulement), ce « voyageur-migrateur » comme il se nomme a arpenté le plat pays dès les années 1970, lui offrant un relief inédit.

L’apport d’André Kertész (1894 -1985) dans l’histoire de la photographie est immense, et nombre d’icônes lui ont rendu hommage – Henri Cartier-Bresson en tête. Cette exposition apporte un nouvel éclairage sur le rôle déterminant qu’il a joué, notamment sur l’usage de l’appareil portatif qui, au xxe siècle, révolutionna la discipline. Le parcours focalise en effet sur la période durant laquelle il découvre le premier Leica, sorti en 1924. Celui-ci se distingue par un format compact, autrement plus maniable à la prise de vue qu’une chambre photographique encombrante. Sans oublier la révolution de la visée télémétrique qui facilite le réglage de la mise au point et la clarté des cadrages. Grâce à une reconstitution minutieuse de 360 pellicules récupérées en fragments, on constate qu’avec le Leica, Kertész, plutôt introverti de nature, ose cadrer de près et à la volée. Notamment une femme dans un café de Saint-Germain- des-Près. De même pour ces nombreuses scènes immortalisées dans la rue ou des jardins publics, véritables prémices de la street photography.

Voyage voyage

Né en 1945, Bernard Plossu s’inscrit pleinement dans la lignée du Kertész période Leica. Inconditionnel du 50 mm, il s’est imposé comme le chantre de la photographie en mouvement. Depuis 60 ans, il parcourt le monde et traverse régulièrement la Belgique. Pour retrouver des amis, exposer et évidemment prendre des photos. En voiture, à pied, en train, il nous emmène à Charleroi, Bruxelles, Anvers, Liège, Ostende… en noir et blanc et en couleurs (superbes tirages au charbon Fresson). Il saisit ainsi le coin d’une table dans un café, une vitrine de magasin, des visages dans la rue, les reflets d’une chaussée humide… Des scènes du quotidien a priori anecdotiques mais emplies de poésie. « J’ai appris à cadrer en lisant les BD de la ligne claire et je me sens très belge », confesse le Français. Plossu offre une vision fulgurante du soi-disant plat pays, ouverte au hasard des rencontres, bousculée par les soubresauts du transport, un peu granuleuse mais toujours sublime.

Bernard Plossu. Ostende, 2004. © Bernard Plossu

Bernard Plossu. Ostende, 2004. © Bernard Plossu

François Lecocq // Photos : André Kertész. St-Germain-des-Près, Paris, vers 1933. Sélection de 2 prises de vues d’après bandes négatives originales 35 mm numérisées. © Donation André Kertész, Ministère de la Culture, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, diff. RMN-GP// Bernard Plossu. Ostende, 2004. © Bernard Plossu
Informations
Charleroi, Musée de la Photographie

Site internet : http://www.museephoto.be

25.09.2021>16.01.2022mar > dim : 10 h-18 h, 7 > 4 € (gratuit -12 ans)
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