Home Exposition Infiniment proche

Plus près des étoiles

Rentrée dans l’atmosphère terrestre de la
capsule renfermant les échantillons prélevés,
le 6 décembre 2020 en Australie. Image capture
d’écran d’une vidéo https://www.hayabusa2.jaxa.
jp/en/topics/20201206_fireball/ Taille finale = 762 x
762 mm © JAXA

Si, comme nous, vous avez tendance à scruter le ciel une fois la nuit tombée, les yeux rivés sur les étoiles, alors cette exposition est taillée pour vous. Présentée au campus de la Cité scientifique de l’Université de Lille, Infiniment proche nous emmène aux confins de l’espace et du temps, aux prémices de la formation du système solaire. Ce parcours dévoile les enjeux d’une mission d’étude de matière extraterrestre, tout en initiant un dialogue entre science et art.

C’est un petit morceau de roche chargé de grandes promesses. Le 22 février 2019, la sonde japonaise Hayabusa 2 réussissait à se poser sur Ryugu, un astéroïde en goguette dans le cosmos, pas très loin de chez nous – enfin, à 440 millions de kilomètres… Son objectif ? Collecter de la matière carbonée à la surface de l’objet stellaire pour l’analyser en laboratoire, sur Terre. Et devinez quoi : une équipe lilloise est à la manoeuvre. « Nous avons reçu un échantillon il y a quelques jours », s’enthousiasme Hugues Leroux, qui dirige cette mission au sein de l’Unité Matériaux et Transformations (UMET) à l’Université de Lille, équipée de microscopes électroniques très pointus « pouvant plonger jusqu’à l’atome » – et donc dans un lointain passé. Cette « matière extraterrestre » s’annonce riche d’enseignements : Ryugu existait avant même la naissance du système solaire, il y a 4,5 milliards d’années. « En l’étudiant, nous pourrons ainsi mieux appréhender les conditions dans lesquelles se sont formées les planètes ». Ce n’est pas tout : cette poussière expliquerait peut-être comment fut transportée l’eau à travers l’espace, et la complexification de la matière organique.En clair : « il s’agit de déterminer l’apport extraterrestre dans l’émergence de la vie, nous glisse Hugues Leroux. On n’est pas à l’abri d’une découverte majeure… ».

Vers l’infini et au-delà

En attendant les premiers résultats, début 2022, l’Université de Lille partage cette formidable aventure au sein du parcours Infiniment proche. Ponctuée de conférences, l’exposition retrace les grandes lignes de la mission Hayabusa 2. Elle rassemble des clichés de l’agence spatiale japonaise JAXA, des images de ces poussières d’étoile et comporte aussi un volet artistique. Parmi ces oeuvres, citons l’installation vidéo Misurgia Sisitlallan de Vir Andres Hera. Passé par le Fresnoy de Tourcoing, le Mexicain s’est appuyé sur les recherches lilloises pour conter une histoire entre spiritualité et science, anthropologie et mythologie, l’infiniment grand et l’infiniment petit, afin de mieux prolonger la réflexion – et le rêve.

Julien Damien // Photo : Rentrée dans l’atmosphère terrestre de la capsule renfermant les échantillons prélevés, le 6 décembre 2020 en Australie. Image capture d’écran d’une vidéo https://www.hayabusa2.jaxa. jp/en/topics/20201206_fireball/ Taille finale = 762 x 762 mm © JAXA
Informations
Villeneuve d'Ascq, Campus Cité scientifique - LILLIAD Learning center Innovation & Xperium
15.10.2021>21.12.2021un > ven : 8 h-20 h • sam : 9 h-13 h, gratuit
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