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Haut en couleur

David Hockney,

C’est sans doute l’un des plus grands peintres encore en activité, et l’un des artistes les plus populaires de la planète. Depuis le milieu du XXe siècle, David Hockney produit une œuvre située entre figuration et abstraction. Si tout le monde connaît ses fameuses représentations de piscines, le désormais octogénaire n’a pas fini de nous surprendre. En témoigne cette double exposition bruxelloise. A Bozar, on découvre une rétrospective de son travail et sa toute dernière série de tableaux magnifiant l’arrivée du printemps. Ou comment célébrer une éternelle renaissance.

Originaire de Bradford, ville industrielle du nord de l’Angleterre, élevé au sein d’une famille modeste de cinq enfants, David Hockney a conquis le monde avec ses natures mortes, portraits ou paysages aux couleurs acidulées. Dès lors, il serait facile de le ranger dans la case “pop art”. Mais l’histoire est plus complexe. « Il a toujours refusé les étiquettes », explique Ann Flas, l’une des commissaires. Ce « virtuose du dessin et de la peinture » fut en effet très tôt marqué par la rétrospective Picasso, présentée à la Tate Gallery en 1960 et qu’il verra huit fois. « Il pouvait maîtriser tous les styles. La leçon que j’en tire, c’est que l’on doit les utiliser tous », déclarera-t-il. Depuis cet instant, David Hockney ne cessera de se réinventer, passant de l’art abstrait au figuratif ou effectuant des détours (moins connus) par le cubisme. Un foisonnement dont témoigne le premier volet de ce diptyque bruxellois, rassemblant de façon chronologique plus de 80 oeuvres de la collection de la Tate, de 1954 à 2017.

Lumière dans la nuit

Si l’on regrette de ne pas y trouver A Bigger Splash (le musée londonien n’ayant pas souhaité s’en séparer), l’exposition n’est pas avare de chefs-d’oeuvre. Dès l’entrée, le visiteur est accueilli par Bigger Trees Near Warter, un gigantesque assemblage de 50 toiles de plus de 12 mètres de long (sa création la plus imposante) représentant un paysage de son Yorkshire natal. Cette même Angleterre puritaine qu’il dut quitter en 1969, « où l’homosexualité était encore illégale », pour rejoindre Los Angeles et sa lumière écrasante. C’est là qu’il initie la série des Pool Paintings qui assureront sa célébrité. « Il est alors fasciné par le mouvement de l’eau, comme Monet, la transparence des matériaux et la géométrie des bâtiments ». A Bozar, on admire aussi quelques-uns de ses doubles portraits monumentaux, comme My Parents et Mr and Mrs Clark and Percy, évoquant Vermeer ou Hopper.

Mise en perspective

Au-delà de ces thèmes récurrents, David Hockney est également connu pour sa “perspective inversée”, enveloppant littéralement notre regard. « Il multiplie les points d’entrée dans la toile, souhaitant y représenter un monde en trois dimensions mais à plat. On peut ainsi tourner autour de certaines de ses peintures comme on le ferait avec une sculpture », décrypte Ann Flas. L’autre constante de son travail, c’est la variété de ses techniques. Dans sa palette, on trouve l’acrylique, l’aquarelle, la peinture à l’huile bien sûr, mais aussi le fax, l’ordinateur, le Polaroïd… Du haut de ses 84 ans, ce « féru de nouvelles technologies » est ainsi l’un des premiers à peindre avec un iPad, comme le révèle la deuxième partie de l’accrochage. À partir de janvier 2020, cet artiste « profondément optimiste » a immortalisé l’arrivée du printemps en Normandie, où il est aujourd’hui établi. Armé de sa tablette numérique, il a croqué le bourgeonnement des arbres, la renaissance des premières fleurs, la quiétude d’un étang… soit 116 tableaux (dont certains animés) saisissant cette explosion de couleurs et de vie. Une célébration de la nature qui, comme lui, n’en finit pas de se renouveler.

Julien Damien // Photo : David Hockney, "n° 88", 3 mars 2020, Tableau sur iPad © David Hockney
Informations
Bruxelles, Bozar

Site internet : http://www.bozar.be/

du mardi au dimanche, de 10:00 à 18:00, et le jeudi jusqu'à 21:00 (sauf pendant les vacances d'été).

08.10.2021>23.01.2022mar > dim : 10 h–18 h, un ticket pour 2 expos : 20 > 10 € (gratuit -6 ans)

OEuvres de la collection de la Tate, 1954-2017 + L’Arrivée du printemps, Normandie, 2020

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