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Sous le soleil exactement

© César Santillán

Né à Pachuca, capitale de l’état d’Hidalgo au Mexique, César Santillán a déjà remporté de nombreux prix nationaux pour son travail d’illustrateur. Installé durant six ans aux Caraïbes avec sa famille, avant de rentrer chez lui pour fonder son studio, ce designer de formation a tiré de ce long séjour une série d’images colorées, lumineuses, où le soleil est à son zénith et les sports de glisse sont rois. En somme, une sublime ode à l’été – on en avait bien besoin.

Comment êtes-vous devenu illustrateur ? Je suis diplômé d’une école de design et, au cours de mon parcours universitaire, j’ai plutôt travaillé le graphisme, des disciplines industrielles et textiles. Mon incursion dans l’illustration n’était pas une décision réfléchie, mais un accident. J’ai commencé par représenter des personnages de la culture pop de manière abstraite, en utilisant des figures géométriques simples comme le carré, le triangle, le cercle… Cette expérimentation a façonné mon style, marqué par les lignes droites et les courbes.

Pouvons-nous qualifier votre travail de “minimaliste” ? Oui, car je n’ai pas besoin de créer de contexte ou d’environnement pour décrire un sentiment ou une action.

Quelles sont vos sources d’inspiration ? Le cinéma, la musique, la typographie, mais aussi les plantes, les jouets, les livres… je pense à tout ! L’écrivain Jorge Luis Borges est également un modèle.

Comment travaillez-vous, concrètement ? Je dessine d’abord des idées approximatives au crayon. Je ne trace jamais de grands croquis. Puis je poursuis numériquement, incluant ma palette de couleurs habituelle. Je peux travailler jusqu’à deux ou trois heures en continu sur une illustration. Si je fais cela en écoutant les Bee Gees ou Café Tacuba, tout se déroule parfaitement !

© César Santillán

© César Santillán

 

Comment choisissez-vous vos couleurs ? J’ai une palette prédéterminée, mise à jour régulièrement car les couleurs ont aussi leur temporalité, selon les modes. Dans cette fluctuation, j’essaie toujours de capturer des tons intenses, vibrants et joyeux.

Quels sont vos sujets favoris ? La femme, en général, m’inspire et j’essaie de la représenter dans des poses insolites. La lutte mexicaine est un autre thème important pour moi, car cela me rappelle des souvenirs d’enfance. Enfin, la plage des Caraïbes et la mer sont aussi de fantastiques sujets.

Parmi cette sélection, quelle serait votre création préférée ? Le gros plan de la jeune femme portant des lunettes de soleil. L’été est à son zénith, elle a beaucoup d’attitude, est sûre d’elle, sensuelle… Ma femme m’a inspiré cette image.

© César Santillán

© César Santillán

 

Cette série fait la part belle au surf et au skate. Quel lien entretenez-vous avec ces sports ? La vie dans les Caraïbes mexicaines m’a permis de découvrir de nouvelles expériences, et donc de nouvelles esthétiques. Les moyens de transport alternatifs, comme le vélo ou la glisse, m’ont fait prendre conscience que c’est devenu un nouveau mode de vie… et en plus ces activités vous rajeunissent ! Hélas, je commençais à peine à me sentir en confiance sur une planche de surf lorsqu’il a fallu rentrer chez nous, à Pachuca.

Vous êtes aussi écrivain, n’est-ce pas ? Je suis designer par vocation, illustrateur par hasard et écrivain par héritage. Mon père écrivait beaucoup et moi aussi, depuis tout petit. Ces dernières années j’ai imaginé des nouvelles et de petites histoires. Aujourd’hui, ma fille Frida compose à son tour des poèmes très intéressants. Les arts ont imprégné ma famille comme un cadeau.

Quels sont vos projets ? D’abord une production de jouets et d’objets à partir de matériaux recyclés. A moyen terme, je souhaite publier un livre de petites histoires, j’essaie actuellement d’illustrer chacune d’entre elles. Enfin, faire de Santillán Design une référence incontournable !

Propos recueillis par Marine Durand
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