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Together In Static

(Phantasy / PIAS)

Bientôt dix ans que Daniel Avery s’est installé dans le paysage électronique. Des débuts placés sous le saint patronage de deux figures de la fête (le regretté Andrew Weatherall et Erol Alkan) et que d’aucuns vécurent comme un revival big beat, tant l’influence des Chemical Brothers était manifeste. Mais voilà : Avery n’est pas du genre à se complaire dans la nostalgie. Il emmena sa techno un peu plus loin, la confrontant aux drones et à une approche plus ambient. De quoi dérouter les fans de la première heure et toucher un nouveau public, intrigué par cette post-techno à la fois cérébrale et physique. Successeur attendu de Love + Light, disque surprise paru en juin 2020, Together In Static relève de la divine surprise. En réalité celui-ci s’est imposé à lui : tandis qu’il composait quelques morceaux en vue d’un concert de confinement, à l’église de Hackney, l’Anglais s’est aperçu qu’il tenait là de quoi remplir un album complet ! Onze titres peu portés sur le dancefloor, mêlant l’ambient façon Eno à quelques éclats de trip-hop que n’aurait pas reniés Massive Attack. En ce sens, Avery, bien que signé chez Phantasy et Mute, s’impose comme l’héritier de l’IDM jadis défendu par Warp : une techno qu’on écoute moins en club qu’à la maison.

Thibaut Allemand
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