Home Exposition BXL UNIVERSEL II : multipli.city

Bruxelles, ville-monde

Q(ee)R Codes BXL – Gaia Carabillo Place de la Constitution, 2020 © Anna Raimondo

Deuxième chapitre d’une trilogie initiée en 2016, BXL Universel est un portrait subjectif de la capitale belge et européenne. Après s’être intéressé aux folklores (et avant l’utopie), ce projet original se penche sur une facette primordiale de l’identité bruxelloise : le cosmopolitisme. À l’heure du repli sur soi et de la résurgence des nationalismes, cette exposition aiguise notre regard sur l’autre et souligne le rôle fédérateur de la culture – plus essentielle que d’aucuns le pensent.

Un pied dans la ville, un autre dans le monde. Ainsi va la foisonnante Bruxelles, où cohabitent près de 200 nationalités, soit « la seconde cité la plus cosmopolite au monde, derrière Dubaï », rappelle Tania Nasielski, l’une des commissaires de cet événement. Et pour faire le lien entre les deux ? L’art bien sûr, ici servi par la Centrale. C’est tout le propos de BXL Universel dont le deuxième volet (multipli.city) célèbre le « vivre-ensemble » et la diversité culturelle, dans tous les sens du terme. Celle-ci s’incarne dans le format des oeuvres mais aussi le choix des onze artistes présentés ici, originaires des quatre coins du globe et tous établis dans la capitale belge. Pensé comme une “exposition-forum”, ce parcours laisse également une belle place au public, invité à dialoguer avec les curatrices où les créateurs dans un espace dédié. « Nous envisageons ce projet comme une conversation, un échange avec les associations locales et les artistes ».

L'arbre à palabres de Stephan Goldrajch,  Vue d’exposition 13 BXL UNIVERSEL II : multipli.city, CENTRALE, 2021 © Philippe De Gobert

L’arbre à palabres de Stephan Goldrajch, Vue d’exposition 13 BXL UNIVERSEL II : multipli.city, CENTRALE, 2021 © Philippe De Gobert

Intimité publique

La plupart des créations ont d’ailleurs été conçues avec les Bruxellois, à l’instar de l’Arbre à palabres du Belge Stephan Goldrajch, constitué de pièces de broderie, de couture ou de crochet réalisées par de jeunes enfants comme des personnes âgées – histoire de tisser du lien. De son côté, l’Italienne Anna Raimondo a recueilli la parole de femmes ou membres de la communauté LGBTQ, leur demandant de choisir un endroit spécifique de Bruxelles résonnant avec un événement joyeux, triste ou violent, mais toujours très intime de leur existence (Q(ee)R Codes). Ces douze témoignages sont disponibles numériquement. « Il y a un QR code pour chaque lieu et participant.e. Ils sont disséminés dans l’expo et la ville », explique Carine Fol, la seconde curatrice. Dans le même esprit d’ouverture, l’Algérien Oussama Tabti expose une série de sonnettes, invitant chacun à appuyer sur le bouton pour écouter les récits de personnes immigrées et qui ont fait de Bruxelles leur nouveau foyer. « Beaucoup de ces oeuvres témoignent de parcours de vie qui sont ici partagés avec le public », observe Tania Nasielski. Soit une belle façon d’aller à la rencontre de l’autre. Une démarche salutaire, après des mois d’isolement et de solitude.

Julien Damien / Photo : Q(ee)R Codes BXL – Gaia Carabillo Place de la Constitution, 2020 © Anna Raimondo // Vues d’exposition Philippe De Gobert
Informations
Bruxelles, Centrale For Contemporary Art
25.03.2021>12.09.2021mer > dim : 10 h 30-18 h, 8 > 2,50 € (gratuit -18 ans)
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