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LOST IN LA MANCHE

Barfleur © Franck Juery

Le bout du tunnel n’est peut-être pas si loin. Voici venu le temps du re-re-déconfinement. Pour accompagner le mouvement, on vous offre une belle ration de couleurs ! Parmi les artistes qui ont marqué nos pages, on se souvient de Franck Juery (LM n°75 – juin 2012).

Onirique. Pour une fois, le terme n’est pas galvaudé. Prises dans le village normand de Barfleur, ces photographies mélancoliques et surannées autorisent tous les vagabondages. D’où vient ce bateau échoué sur la plage ? Qui vivait dans cette maison de maître sur le point d’être noyée par la marée ? Qui sont ces gens saisis par l’objectif de Franck Juery ? L’auteur nous éclaire : « Avant de me rendre sur place, j’ai effectué une collecte, découpant des personnages dans des catalogues, scannant des gravures, des photographies de maison, que je place ensuite in situ, sur la plage ». Et ce conteur d’histoires sans parole d’immortaliser des saynètes avec un outillage aussi bon marché qu’antédiluvien : « L’appareil Holga est un cousin du Lomo, mais il est encore plus cheap. On le trouvait même dans les paquets de lessive ». Cette série lumineuse détonne avec l’œuvre vaste de Juery, plus encline au clair-obscur, comme « les peintres de la Renaissance, qui m’inspirent beaucoup. Ainsi que des photographes japonais ou américains comme Rinko Kawauchi ou William Eggleston. J’aime leur souci de la narration ». Enfin, c’est à la Foto Povera de Bernard Plossu que le Parisien se réfère : armé de la « 2CV de la photographie », Juery a réalisé la série Barfleur entre 2003 et 2007 – bien avant la mode de l’Instagram et de l’Hipstamatic sur tous les iPhones, donc. Se sent-il dépossédé ? « Pas du tout. J’utilise beaucoup le numérique, mais je comprends cette nostalgie de l’argentique. Et puis, ce qui compte au final, ce n’est pas l’appareil, mais le sujet ».

Thibaut Allemand
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