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Qu’importe le flocon

© Cyrille Maguer

Ringarde, la boule à neige ? N’allez surtout pas dire ça à Yves Le Tollec. Ce Concarnois en possède plus d’un millier, et a même dédié à cette petite sphère son tout premier festival international, dans le Finistère – dont on attend la sixième édition en 2022, Covid oblige. Notre homme est ce qu’on appelle un chionosphérophile (du grec “khiôn”, signifiant neige) et demeure intarissable sur cette passion restant avant tout une affaire sentimentale.

D’où vient cette passion ? Je suis représentant en produits d’entretien et côtoie donc du monde, du particulier au restaurateur en passant par les collectivités. Il y a 27 ans, une cliente travaillant dans une crêperie m’a annoncé qu’elle partait en vacances aux États-Unis. Pour rigoler, je lui ai demandé de me ramener une boule à neige de San Francisco… ce qu’elle a fait ! Ma première pièce représente donc le Golden Gate sous la neige. Depuis ce jour-là, à chaque fois qu’un client ou un proche part en vacances, il me ramène une boule. Aujourd’hui, j’en possède exactement 1 006.

De quoi votre collection est-elle constituée ? Ce ne sont que des cadeaux. À chaque fois j’inscris le nom, le prénom et la date de réception sous le socle. Mes boules viennent du monde entier. Cela va de la ville de Concarneau à la dernière que j’ai reçue, représentant Lima au Pérou, en passant par Mexico, La Havane… et il y a très peu de doublons. Il ne me manque que la Corée du Nord, pas au top côté tourisme… Sinon j’en achète aussi mais seulement pour les offrir, car j’ai transmis le virus, histoire que tout le monde perde la boule !

Qu’est-ce qui vous passionne dans cet objet ? Au départ je m’en fichais un peu, et le trouvais même ringard. Je suis surtout intéressé par la relation humaine qu’il instaure, le fait que les gens pensent à moi, même à l’autre bout de la planète. Alors oui c’est un peu kitsch, mais j’assume totalement. C’est ma passion, je pourrais en parler durant des semaines comme d’autres le font avec les timbres.

Où les rangez-vous ? A une époque, je les exposais un peu partout dans la maison et au bout d’un moment ma femme en a eu ras-le-bol. Je les ai donc installées sur des étagères dans mes toilettes. Lorsque je contemple mes boules (façon de parler !), je m’évade.

Quelles seraient les plus belles pièces de votre collection ? Celle de San Francisco, une autre de Walt Disney, lumineuse et musicale et puis la boule accueillant une photo de mes enfants sous la neige. J’en ai aussi reçu une de Lourdes, avec la Vierge Marie posée sur un socle en marbre, datant des années 1960… Il n’y a pas que des villes dans ma collection, à chaque Noël je monte par exemple une crèche où tous les personnages sont dans des boules à neige. Mais au final peu importe la qualité, seul compte l’aspect sentimental.

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Propos recueillis par Julien Damien
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