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Franc-jeu

La hotte du Père Noël risque d’être encore bien lourde… S’il y a un secteur qui se porte à merveille, c’est bien celui des jouets. En 2019, il s’en est vendu 219 millions en France. Comment évoluent-ils ? à quoi servent-ils ? Nous avons tendu notre micro en plastique à Michel Moggio, l’ancien directeur général de la Fédération française des Industries Jouet – Puériculture, aujourd’hui retraité. Et il en connaît un rayon…

Quel est le profil du jouet d’aujourd’hui ? Il marche sur deux jambes : d’un côté on trouve les jouets traditionnels qui, à chaque Noël, reviennent sous le sapin (Lego®, Barbie®, Playmobil®, etc.). De l’autre il y a ceux qui sont connectés, interactifs. Un ours en peluche, aujourd’hui, a de fortes chances de discuter avec vous !

Comment cela ? On peut le relier au web, lui apprendre des choses. C’est la grande évolution : la technologie permet aux jouets de prendre vie. Il répond à des questions, lit des livres, sollicite l’enfant… Des propriétés un peu magiques !

Michel Moggio, Directeur Général de la FJPQuelles sont les tendances des dernières années ? Les robots-animaux se démocratisent, il y a aussi les appareils-photos numériques, les tablettes pour enfants, les drones… C’est le coté “imitation des parents”. Les jeux de construction marchent toujours bien.

Qu’en est-il des jeux de société ? Quand j’ai débuté dans ce métier il y a 30 ans on m’a dit : « avec le jeu vidéo, tout cela va disparaître ». Mais ils sont toujours là car ils permettent à la famille de se rassembler.

Le jouet se porte bien, donc… Oui, quasiment la moitié des jouets sont nouveaux chaque année. C’est un marché d’inventeurs. Les fabricants ne dépendent pas seulement des licences, beaucoup sont devenus des créateurs de contenu, avec leurs designers, scénaristes… Hasbro par exemple a créé un dessin animé, Mon Petit Poney, sans parler de sa série Transformers.

Les jouets vendus en France sont-ils sûrs ? Qu’ils soient fabriqués en France ou en Chine, ils obéissent aux mêmes standards de qualité fixés par une directive européenne, et doivent afficher le logo CE. C’est l’un des produits de consommation les plus contrôlés. Les marques se soucient de la sécurité car le moindre incident peut avoir des conséquences dramatiques pour elles.

Pour autant, n’y a-t-il pas des failles ? Il y a des produits non-conformes qui peuvent débarquer ponctuellement en Europe. Mais le jouet reste très surveillé par les douanes (la Task Force Dragon). Elles saisissent chaque année des références importées frauduleusement. (ndlr. Durant l’été 2020, les douaniers français ont saisi 250 000 contrefaçons de jouets et d’articles scolaires au cours de deux grosses opérations. Ils ont trouvé, entre autres, de faux produits Disney, Lego ou Marvel).

Comment cette sécurité est-elle assurée ? C’est de l’auto-contrôle. Généralement, le fabricant passe par des laboratoires agréés qui lui fournissent les certificats nécessaires, qui seront ensuite soumis au distributeur. Sinon, pas de mise en rayon !



Quelle est votre définition du jouet ?  C’est l’outil qui permet à l’enfant de transcender les moments de plaisir. Il est souvent considéré comme “quantité négligeable”. Or la pédopsychiatrie ou la psychologie démontrent que l’enfant acquiert énormément de compétences en jouant.

Dans quels domaines ? En psychomotricité, développement de l’imaginaire et sociabilité… Aujourd’hui il y a une reconnaissance de la valeur du jeu dans le cursus de l’enfant – y compris par l’Education nationale. On entretient les “esprits joueurs”, plus créatifs, mieux adaptés à notre époque. C’est notre mantra : le jouet c’est sérieux !

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