Home Théâtre & Danse La Dame blanche

Retour fantastique

Alseide ©Fares Micue

Spectacle annulé ou reporté

Il y a quatre ans naissait “la co[opéra]tive”, associant six scènes françaises (dont le Bateau Feu de Dunkerque et l’Atelier Lyrique de Tourcoing). L’objectif ? Populariser l’art lyrique. Après Les Noces de Figaro ou Gianni Schicchi, le collectif s’attaque à l’autre fantôme le plus célèbre (mais un poil plus drôle) de l’opéra : La Dame blanche. Au programme ? Château hanté, héros tourmentés, mais aussi rires et frissons…

Rossini y vit « un tour de force » et Wagner « la marque du génie français ». Composée en 1825 par François-Adrien Boieldieu, La Dame blanche fit un véritable carton. « Ce fut avec Carmen l’opéra- comique le plus joué en France », indique Enrique Thérain. Révolutionnaire en son temps, l’œuvre associe l’esprit de l’opéra-comique du XVIIIe siècle au romantisme naissant, influençant moult compositeurs – dont Bizet. « C’est la naissance d’un nouveau style. Il y a beaucoup de solistes, un chœur et des airs imposants, poursuit le délégué général de l’Atelier Lyrique Tourcoing. La dramaturgie est aussi très poussée, avec une vraie introspection des personnages, livrant leurs sentiments ». Une création avant-gardiste donc, mais aussi populaire, dispensant autant de « tubes inscrits dans la mémoire collective », comme Ah, quel plaisir d’être soldat ! ou Pauvre dame Marguerite, qu’on a dû fredonner inconsciemment.

Comme des bêtes

L’histoire, elle, est du genre folklorique. Abandonné après la mystérieuse disparition du dernier descendant, le château des Avenel suscite les convoitises. Le vil intendant Gaveston veut se l’approprier, contre l’avis des villageois, dévoués à leurs anciens maîtres. Mais il se murmure que les lieux se- raient hantés par le fantôme d’une dame blanche. L’arrivée du soldat George changera-t-il la donne ? « Le sujet est un peu daté, défendant la Restauration, soit le retour du fils prodigue qui reprend le trône, soutenu par le peuple… C’est peut-être à cause de cet aspect politique que l’œuvre fut oubliée ».

Nicolas Simon © Titan Mathieu Prat

Nicolas Simon © Titan Mathieu Prat

Mais l’intrigue importe peu. D’ailleurs la metteuse en scène, Louise Vignaud, « privilégie la carte fantastique », transposant le récit dans un monde animalier. Les Avenel de- viennent ici des oiseaux, Gaveston un scarabée… Côté musique en revanche, l’adaptation est des plus fidèles, car servie par l’orchestre Les Siècles avec des instruments d’époque. Ces hautbois et bassons confectionnés au XIXe siècle restituent dès lors toutes les nuances et couleurs originales. Ils soutiennent six jeunes solistes et un chœur de huit chanteurs, héros d’une fable décidément atemporelle.

Julien Damien
Informations
Compiègne, Théâtre Impérial de Compiègne
06.11.2020>07.11.202048>8€
Tourcoing, Théâtre municipal Raymond de Devos
21.11.2020>22.11.202043>6€
Dunkerque, Le Bateau-Feu

Site internet : http://lebateaufeu.com

24.11.2020>25.11.202018h, 15€

La Dame Blanche de François-Adrien Boieldieu, Livret d’Eugène Scribe d’après deux romans de Walter Scott, direction musicale Nicolas Simon, mise en scène Louise Vignaud

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