Home Best of Chroniques Deutsche Elektronische Musik 4

German Rock and Electronic Music 1971-83

(Soul Jazz Records)

Après trois impeccables volets consacrés aux défricheurs allemands, y avait-il encore quelque chose à compiler ? La réponse est oui. On retrouve évidemment des masto- dontes (toutes proportions gardées) tels Can, Amon Düül II, Harmonia, Conrad Schnitzler, Agitation Free, Michael Rother. Or, c’est du côté des plus obscurs que les surprises sont de taille. Ainsi d’E.M.A.K., qui semble inventer la décennie dès 1981. Ou d’une comptine solaire signée Klaus Weiss. Ailleurs, on reste soufflé par les textes psalmodiés d’une voix inquiétante (entre Nina Hagen et Darkthrone) sur un drone orientalisant (flûte traversière, sitar…) par l’étrange collectif Kalacakra. Tout n’est pas totalement électronique. Virus s’inscrit dans un psychédélisme sombre façon Hawkwind, quand Et Cetera semble surgir de la campagne britannique. Une fois encore, la maison Soul Jazz ratisse large et démontre que labourer le même sillon peut être prolifique. On s’émeut toujours devant la capacité de la jeunesse germanique à inventer, dans un pays pas forcément riant, une musique hors des sentiers battus, et qui essaimera longtemps… La richesse du répertoire est telle que l’on s’imagine bien chroniquer un 18e volume d’ici quelques années.

Thibaut Allemand
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