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Bea Fremderman

A qui ressemblera le monde d’après ? Vaste question. Bea Fremderman, elle, ne compte pas franchement parmi les optimistes. Oh, ce n’est pas forcément le coronavirus qui l’inquiète. Cette New-Yorkaise s’est toujours intéressée à la crise climatique, qu’elle considère (à juste titre !) comme le principal problème de notre époque. « Je pense qu’à l’avenir, les historiens regarderont en arrière et diront : “C’est fou. Ils savaient ce qui se passait et n’ont pas agi” », explique-t-elle à Cultured Magazine. L’artiste prend ainsi un malin plaisir à détourner nos détritus ou objets du quotidien, imaginant à quoi ils ressembleraient dans le futur… mais sans nous. Morceaux de verre, de plastique, cartes de crédit découpées, puces informatiques… « Nous avons créé des matériaux qui ne se décomposeront plus jamais, des choses qui survivront au pire des scénarios, et à l’humanité », dit-elle, considérant ses créations telles « des reliques de l’avenir ». Sa dernière œuvre prend ainsi la forme de vêtements recouverts de mousse végétale. Comme si ces jeans, chaussettes, chemises ou pulls avaient été délaissés soudainement, puis redécouverts par de lointains archéologues après des années d’abandon. Ces sculptures vivantes témoignent d’un monde où la nature aurait repris ses droits, engloutissant doucement les dernières traces de l’Homme. Elles révèlent aussi ce que fut notre civilisation, à travers des objets usuels ayant résisté au passage du temps, dans un vertigineux (et un poil déprimant) effet miroir… Sinon, ça va vous ?

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