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Un pavé dans l'amer

Ça ne sent pas bon pour le maroilles. Le fromage a beau demeurer l’un des fleurons gastronomiques des Hauts-de-France, il n’échappe pas à la crise sanitaire qui touche toute la filière. En cause, la fermeture des restaurants, mais pas seulement. Depuis le confinement, les Français boudent les produits AOP (appellation d’origine contrôlée). Pourquoi ? Parce qu’ils se raréfient dans les grandes surfaces. « Les maroilles de 750 grammes ne sont plus vendus à la coupe dans les supermarchés, les rayons fromagers ne sont plus très garnis. C’est vraiment problématique », observe Claude Béra, le président du Syndicat du maroilles. Résultat, « chaque semaine, 57 tonnes ne sont pas produites », déplore-t-il. Pour survivre, nombre de producteurs privilégient ainsi le circuit court, directement à la ferme. « Nous mettons aussi en place des points de vente de proximité dans les grandes villes », indique Claude Béra. Une bonne raison de sortir de chez soi – muni de son attestation, évidemment.

Rappelons que cette spécialité est uniquement fabriquée dans le Nord de la France et l’Aisne, faisant vivre près de 2 000 personnes pour une production estimée à 4 160 tonnes par an. Aujourd’hui, les Hauts-de-France en appellent donc au patriotisme culinaire. « Nous avons besoin de l’aide du consommateur, assure Marie-Sophie Lesne, vice-présidente à la Région en charge de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Nous lançons un véritable cri de détresse pour sauver cette filière si symbolique de notre territoire ». Aux grands maux, les grands remèdes ? Il faut croire. « Nous allons également augmenter la consommation de maroilles dans les lycées, annonce-t-elle. Nous pourrions multiplier par trois nos achats, soit 6 400 kilos de maroilles, mais cela suppose des capacités de stockage et ça ne règle pas le problème ». Pas de la tarte, en effet…

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