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Lille fantastique

© Zak Eazy

Un ours sortant du métro sur la place Rihour, la Vieille Bourse naviguant sur des flots déchaînés et tirée par des colombes, des orques volant autour du beffroi… Revue et corrigée par Zak Eazy, Lille prend des atours pour le moins fantastiques. Ce jeune graphiste n’aime rien tant que transformer sa ville natale en cité enchantée. En ces temps troublés de confinement, ses photomontages nous font voyager très très loin… depuis notre écran. Entretien.

Quel est votre parcours ? J’ai toujours aimé l’art et dessine depuis mon plus jeune âge. Sachant que je voulais absolument exprimer ma créativité, j’ai d’abord tenté des études d’architecture avant d’entrer en fac d’arts. Je me suis ensuite formé à Photoshop, via des tutoriels en ligne. Plus j’apprenais, et plus le souhait de réaliser mes propres illustrations grandissait. C’est pourquoi, après avoir mené des projets graphiques à Paris durant plus de trois ans, je me suis lancé en tant qu’auto-entrepreneur en ce début d’année.

D’où vient ce surnom, “Zak Eazy” ? Cela remonte à ma jeunesse. Je m’appelle Zakariya, alors on m’a vite surnommé “Zak”. Ensuite, j’ai tendance à relativiser, à garder mon calme, d’où le complément “easy”. En remplaçant tout de même le “s” par un “z” pour la petite touche personnelle.

Comment définiriez-vous votre art ? Purement surréaliste.

© Zak Eazy

© Zak Eazy

Pourquoi cet intérêt pour le photomontage ? J’aime l’idée de créer quelque chose de fantastique à partir d’un bâtiment ou d’un animal bien réel, et j’adore Photoshop. Le photomontage s’est donc imposé naturellement.

Concrètement, comment travaillez-vous ? Quel est votre processus créatif ? Je suis à la recherche constante de LA photo. Je ne compose pas à partir d’une idée en particulier, mais lorsque je déniche un cliché intéressant, j’entrevois d’emblée un autre monde.

D’où viennent ces images ? Des photographes avec lesquels je collabore ou de banques d’images. Il m’arrive aussi d’utiliser des clichés personnels.

Comment choisissez-vous les images que vous réarrangez ? Comment les harmonisez-vous ? J’adapte l’importance de la faune et de la flore en fonction des prises de vues et de l’angle de la photo. Je cultive une ambiance surréaliste, mais il m’importe que certains détails paraissent bien réels. Aussi, je soigne particulièrement les ombres des animaux, les rayons du soleil, etc.

© Zak Eazy

© Zak Eazy

 

Pourquoi focalisez-vous autant sur la ville de Lille ? Quel rapport entretenez-vous avec la capitale des Flandres ? En tant que Lillois, je tenais à mettre en avant son architecture, son histoire et ses monuments.

Cette ville se prête-elle particulièrement bien à votre projet ? J’en connais les moindres recoins. Je peux alors réinterpréter certaines photos facilement. Il est vrai aussi que l’architecture de la ville – entre bâtisses des Flandres ou de type haussmannien, son beffroi et son emblématique Colonne de la Déesse sur la place du Général de Gaulle – se prête bien au jeu. Enfin, les cieux tourmentés du nord de la France offrent une belle palette de couleurs.

© Zak Eazy

© Zak Eazy

 

Comment choisissez-vous les lieux ? Je privilégie les plus connus, pour renforcer l’effet de surprise devant mes créations.

Vous intéressez-vous aussi à d’autres villes ? En fonction de mes inspirations du moment. J’ai déjà eu l’occasion de créer des images de Bali, Phuket et dernièrement Paris avec l’Arc de Triomphe.

Que souhaitez-vous exprimer ? La crainte d’un déluge ou autres catastrophes climatiques ? Ce n’est pas mon objectif principal. Je cherche d’abord à faire voyager les gens depuis leur écran.

S’agit-il aussi d’aborder notre quotidien sous un angle plus fantastique ? Tout à fait ! J’aime casser notre routine quotidienne en bousculant la réalité, en y ajoutant une touche de fantaisie.

Pouvez-vous commenter l’une de vos œuvres ? Votre préférée, peut-être ? Je recommande alors Freedom, Freelance, Freestyle (La Vieille Bourse de Lille). Le bâtiment représente un coffre renfermant une île paradisiaque. Elle affronte des eaux agitées. Des colombes libèrent cette île et son trésor caché… Cette création décrivait parfaitement mon “mood” durant le mois de janvier. En pleine réflexion quant à mon aventure entrepreneuriale. La peur de l’inconnu est ici symbolisée par la mer. Tandis que mon art est figuré par cette île se dévoilant progressivement grâce aux colombes.

© Zak Eazy

© Zak Eazy

 

Plus généralement, quelles sont vos sources d’inspiration ? Evidemment, j’ai toujours aimé les oeuvres de l’illustre Salvador Dalí. Mais j’affectionne aussi le travail de la nouvelles vagues d’artistes digitaux (Julien Tabet, Luisa Azevedo…).

Quels sont vos projets ? On m’a invité à exposer durant les prochains mois. En attendant, je continue de poster mes créations sur les réseaux en abordant nouvelles techniques et supports artistiques.

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