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Poupée opportuniste

(c) Barbie

Fin janvier, le géant du jouet Mattel annonçait la sortie de deux nouvelles Barbie, l’une sans cheveux et l’autre atteinte de vitiligo. Ces modèles rejoignent ceux de la gamme Fashionistas, lancée en 2016, et parmi lesquels on trouvait déjà des poupées aux couleurs de peau, morphologie et particularités diverses… A première vue, l’action est louable et permet à chaque fillette de trouver chaussure à son pied parmi les 170 pièces proposées. Longtemps accusée de fausser l’image de la femme avec cette silhouette irréaliste et peu représentative de la diversité, la société américaine semble avoir bien réagi. Mais l’on est également en droit de questionner l’honnêteté de cette démarche. En 2018, suite à de mauvais résultats, l’entreprise avait décidé de licencier à tour de bras dans ses usines mexicaines. Quelques années auparavant, Mattel avait été épinglé en Chine pour conditions de travail abusives et travail de mineurs (plutôt ironique pour un fabricant de jouets pour enfants, non ?). En 2015, la marque était même accusée d’enregistrer les dialogues des enfants à des fins commerciales via Hello Barbie, un modèle équipé de la reconnaissance vocale… On peut donc supposer que derrière cette habile stratégie marketing se cache une volonté de s’en mettre plein les fouilles. Comme dirait notre petite pimbêche en plastique : « Tu peux être tout ce que tu veux ». Ou plutôt : « Nous pouvons être tout ce que tu veux ».

Tanguy Croq
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