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Myopia

Deutsche Grammophon / Universal

Depuis 10 ans, la discrète Danoise rejoint la solitude monacale de son studio berlinois avec la régularité du métronome posé sur son piano. Toujours guidée par ses questions existentielles, Agnes Obel en ressort avec Myopia. Dans ce quatrième album, elle poursuit ses recherches débutées en 2016 avec Citizen of Glass. Après la fragilité et la transparence de nos êtres (thèmes de son précédent disque), elle évoque cette fois les notions de confiance et de doute. Notre voix intérieure est-elle vraiment la voie à suivre ? Comme à son habitude, elle oscille entre lumière et noirceur, légèreté des notes et ambiance nébuleuse. Plus que jamais, l’électronique emporte sa voix dans les graves puis les aigus, lui conférant une dimension surnaturelle. Le fantasmagorique Island of Doom intrigue (et inquiète) par son évocation de la permanence d’êtres pourtant disparus. Le refrain de Promise Keeper sonne comme une comptine. Parfois jugée ascétique, sa poésie flotte et nous enveloppe avec grâce. à l’écoute des trois pistes instrumentales (Roscian, Drosera, Parliament of Owls), on se prend à rêver qu’elle s’essaie enfin aux musiques de film…


Audrey Chauveau
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