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Batterie de cuisine

Audrey Basset © Se Faire Food

A priori, associer légendes du rock et gastronomie n’avait rien d’évident. Audrey Basset transforme l’essai comme une cheffe dans le livre Cook’n Roll, tout juste sorti du four. En réunissant « 50 recettes pour cuisiner la musique, de David Brownie à Mötorbread », cette Bretonne conjugue toutes ses passions : le fooding, le rock et les jeux de mots « capillotractés, parfaits pour les métalleux à cheveux longs ».

On aurait bien aimé rencontrer Audrey Basset à l’adolescence. « Je faisais du air guitar, j’avais des cheveux gras et des jeans déchirés, et j’écoutais Nirvana et Freddie Mercury », rit-elle. Chez la Rennaise à la longue chevelure auburn et au bras droit entièrement tatoué, le goût du rock est venu avant celui des bons petits plats. « Je n’avais jamais vraiment cuisiné avant d’y être obligée. Mais étudiante déjà, j’étais plus nouilles sautées aux légumes que pâtes bolo », remarque cette graphiste de formation.

Les feux de l’humour

Dans ses deux domaines de prédilection, Audrey prend plaisir à explorer. Du punk, du hard, du death metal côté musique. Des recettes véganes ou sans gluten côté fourneaux, parce que « la malbouffe est le fléau de notre société ». Lassée de son boulot dans la pub, elle lance en 2015 son entreprise d’impression 3D de moules à biscuits. Et poste, en parallèle, ses récits de voyage, recommandations de restaurants et recettes sur son blog, baptisé “Se Faire Food”. « Il y avait un truc à faire en mêlant l’humour et la cuisine, détaille la jeune femme de 36 ans. En France, la nourriture, c’est encore assez sérieux ! ».

AC Desserts

Cook’n Roll, dont elle signe, excusez du peu, les textes, photos, recettes et hilarants graphismes, est un panthéon personnel aussi drôle que gourmand. « Un jour où je préparais des brownies chez moi, la musique à fond, j’ai eu l’idée de les appeler “David Brownie” ». Pour le reste, Audrey trouve généralement le jeu de mots seule ou « pendant un apéritif entre potes », avant d’imaginer la recette correspondante. Cocktail Gin Morrison, frites à l’ail Van Haleine, houmous de betterave Dip Purple pour les pages “Apérosmith” ou cheesecake salé Salmon & Garfunkel pour le chapitre “Plat c’est beau”… Le spectre musical et culinaire est large. Fan de Courtney Love, l’auteure, qui se rêvait en « meuf rock star », n’oublie pas les figures féminines, entre cookies Griotte Grrrl et muffins Craneberries – dans les pages “AC Desserts”. Cerise sur le gâteau, elle indique à chaque page la chanson idéale quand on met la main à la pâte – histoire de jouer les dur(e)s à cuire !

 


 

Le menu de fête d’Audrey Basset

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– Apéritif –

Rancidre

« Un cocktail épicé à base de cidre brut, whisky et orange. A déguster devant un feu de cheminée, en écoutant Rancid, bien sûr ! »

– En guise d’entrée –

Assortiment d’Apérosmith

« Découpez votre Alice Coppa, une base de pizza fourrée aux olives et à la coppa, en forme de sapin de Noël. »

– Plat –

Sans-Jacques White

« Une recette veggie à base de champignons eryngii revenus dans du beurre et un peu d’eau salée, pour la saveur iodée (sans Saint-Jacques, donc). »

– Dessert –

Griotte Grrrl

« Un dessert fruité qui se mange sans faim, et un groupe qu’on écoute sans fin ! »

 


 

Top of the Rock

La playlist idéale d’Audrey pour cuisiner

David Bowie – Space Oddity (1969)

Freddie Mercury – Don’t Stop Me Now (1978)

System of a Down – Toxicity (2001)

Rammstein – Sonne (2001)

The Interrupters – Take Back the Power (2014)

et Got Each Other (feat Rancid, 2018)

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Arthur H Photo Léonore Mercier

Arthur H Photo Léonore Mercier

 

Marine Durand
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