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Le petit prince

© Alan Lear

Une guitare. Un iPhone. Et le logiciel d’enregistrement GarageBand. C’est avec ce paquetage rudimentaire que le jeune Steve Lacy enregistrait son premier EP voici deux ans. Un simple hobby ? C’est un peu plus que cela. Heureusement pour lui… et pour nous, surtout. Itinéraire d’un enfant surdoué.

Vu l’attirail, vous l’aurez compris : il ne s’agit pas de Steve Lacy, légende du free jazz, mais de son homonyme, future légende de… c’est vrai ça, de quoi au juste ? Né du côté de Compton (un quartier pas vraiment huppé de Los Angeles) dans une famille mélomane, Lacy se fit remarquer au sein de The Internet. À peine majeur, et sur la foi d’un EP princier sobrement intitulé Steve Lacy’s Demo (2017), il se vit offrir quelques ponts d’or par les majors. Lacy, pas chien mais fidèle à ses idéaux, préféra décliner. Comme si, à 19 ans, le teenager voulait conserver son insouciance (et la tête sur les épaules). Paradoxal ? Sans doute. À l’image d’un compositeur enregistrant avec trois fois rien et pourtant courtisé par l’aristocratie – il a produit Solange, Kendrick Lamar, Vampire Weekend, on en passe…

La tête dans les étoiles

Cette année, le prodige a publié son premier album, Apollo XXI. Un clin d’oeil à son âge et, peut-être, une acceptation de son nouveau statut de star. Sans s’épancher, il évoque cependant sa bisexualité. Ce qui, pour un Afro- Américain grandi dans les ghettos de LA, n’est pas un coming-out forcément évident. Que restera-t-il de ce disque demain ? On n’en sait rien. En attendant, le Californien saisit l’air du temps. Celui d’un jeune adulte nourri aux Neptunes et aux Dirty Projectors, à Prince et Mac DeMarco. Soit une discothèque sans frontière, avec pour seul viatique l’amour de la bonne chanson. En connaissez-vous d’autres ?

Thibaut Allemand
Concert(s)
Steve Lacy
Bruxelles, Botanique

Site internet : http://www.botanique.be

18.11.2019 à 20h0029>23€
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