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L’enfance de l’art

Always Everything  © Jan von Holleben

Jan von Holleben s’est révélé au début du millénaire avec sa fameuse perspective à plat, photographiant du haut d’une échelle ses modèles allongés sur le sol. Cette supercherie leur offre ainsi des pouvoirs illimités, comme celui de voler (la série Dreams of Flying). Drôles et oniriques, ces images mettent parfois en scène des canidés, érigés en pyramide (plutôt poilante) ou coiffés de crêtes punk, mais le plus souvent des enfants – ceux de son quartier ou d’amis. « Toutefois, après des années passées à terre, ça ne les intéressait plus. Ils m’ont alors poussé vers d’autres aventures, et nous évoluons ensemble ainsi ». Depuis, l’Allemand leur octroie de nombreux rôles, tout aussi bidonnants. Il les enturbanne de papier toilette, façon toile de maître flamand, pare leurs cheveux d’épingles ou leur refait le portrait grâce à un savant jeu de miroir – vous aviez saisi l’astuce ? On l’aura compris, ce quadragénaire n’aime rien tant que s’amuser. D’ailleurs, il se revendique du principe d’”homo ludens”, soit « l’Homme qui apprend par le jeu ». Né en 1977 dans la campagne du sud du pays de Goethe, notre artiste a très tôt imité son photographe de père, avant d’emboîter le pas de sa mère en passant un diplôme d’enseignant pour enfants handicapés… puis de revenir à son premier amour. Bien lui en a pris, car son travail est désormais connu du monde entier. D’ailleurs, c’est peut-être un certain Kanye West qui en parle le mieux, partageant un jour ce commentaire sur la toile : « Jan von Holleben makes dreams come true ! ». Bien vu Kanye.

Julien Damien

A lire / Always Everything (Tarzipan), 224 p., 19,95 €, tarzipan-books.com // Photo Adventures (Thames & Hudson), 96 p., 11 € (£9.95), thamesandhudson.com

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