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Synthé esprit

© Nick Wilson

Né sur les cendres post-punk de Joy Division en 1980, New Order devint à son tour un groupe légendaire, imprégnant durablement l’histoire de la musique électronique. Les Mancuniens repartent en tournée pour défendre un album enregistré sur les lieux de leur première apparition télé, en 1979, avec Ian Curtis : les Old Granada Studios de Manchester. Dans cette galette au titre imprononçable (Σ(No,12k,Lg,17Mif) New Order + Liam Gillick : So it goes…), ils recomposent leurs morceaux phares avec douze synthétiseurs ! Un concert immanquable, à la hauteur du mythe.

Nouvel ordre

Dans la nuit du 17 au 18 mai 1980, Ian Curtis se pend dans sa cuisine, dans la banlieue de Manchester. C’en est fini de la courte vie de Joy Division – mais le début de sa légende. Bernard Sumner, Peter Hook, Stephen Morris et sa petite amie Gillian Gilbert décident de poursuivre l’aventure, et changent de nom : ce sera New Order. Pour l’anecdote, le blase avait déjà été utilisé par des anciens des Stooges.


Changement de ton

Influencés par Kraftwerk, Moroder et quelques virées aux états-Unis, les Mancuniens délaissent le post-punk pour un son plus synthétique et dansant. Apparition de la boîte à rythmes, voix désincarnée de Sumner, basse mélodieuse de Peter Hook… Ce dernier résume l’esthétique du groupe ainsi : « la magie de New Order réside dans cet effet d’attraction et de répulsion entre les facettes rock et électronique de la musique, entre le yin et le yang, entre moi et Barney ».


Lundi bleu

Parfaite illustration de cette évolution musicale, et chef-d’œuvre de New Order, Blue Monday reste le maxi 45 tours le plus vendu de tous les temps. Une rythmique hypnotique, un riff piqué à Ennio Morricone par-ci, une pincée de disco par-là, avec cette ligne de basse calquée sur celle de You Make Me Feel de Sylvester, et le tour est (bien) joué !


© S. Bollmann

© S. Bollmann

 Tout à l’ego

Comme tout groupe culte qui se respecte, New Order a connu ses hauts et ses bas(ses). Dans le rôle du trublion en chef, on retrouve Peter Hook, qui claque la porte en 2007. Il a intenté un procès à ses ex-comparses, déplorant “son exclusion financière”. L’affaire « entre la bande de vieux types bedonnants » ( sic) a été réglée en 2017, et “Hooky” joue de son côté le répertoire de ses deux anciens groupes. Toujours avec son sale caractère. En janvier dernier, il insultait un spectateur handicapé, au Bikini à Toulouse, pas assez “joyeux” à son goût…


 

© DR / Ben Kelly

© DR / Ben Kelly

Dans la boîte

L’histoire de New Order est aussi liée à celle de The Haçienda, adresse mythique de Manchester. Le groupe finance avec le label Factory ce lieu clef de la rave culture européenne. Des figures du mouvement comme Laurent Garnier, The Happy Mondays ou A Guy Called Gerald y ont fait leurs premiers pas. Hélas, une gestion désastreuse sur fond de guerre des gangs conduira ce club à la faillite et sa fermeture en 1997.


 Give me 6

CeremonyTemptationBlue MondayConfusionBizarre Love TriangleTrue Faith


Dans le désordre

Sinon, Bernard Sumner s’est associé avec Johnny Marr (The Smiths), Neil Tennant des Pet Shop Boys et Karl Bartos de Kraftwerk pour former Electronic. Entre autres collaborations, New Order a aussi signé Here to Stay avec les Chemical Brothers, figurant notamment sur la bande originale de 24 Hour Party People, mais aussi l’hymne soutenant les footballeurs anglais (World in Motion, avec John Barnes) lors du Mondial 1990. Enfin, le groupe a sorti en début d’année, sur Youtube, Transmission, une série documentaire retraçant la genèse de son premier album, Movement.


Porté sur la bouteille

En 2016, le groupe a lancé sa propre marque de bière, Stray Dog (une blonde qui a du chien).

Concert(s)
New Order
Bruxelles, Forest National

Site internet : http://www.forestnational.be/

14.10.2019 à 20h00115/57€
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