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Mur du son

© Dan Kendall

Ils sont fuyants avec les médias mais électrisent toutes les oreilles qui passent à proximité. Les jeunes Anglais de black midi font dérailler le rock. Au menu ? Post-punk et blues urbain sur fond de noise en guise de carte postale envoyée d’Albion. C’est la rentrée, on ne sèche pas la leçon de vacarme.

Que se passe-t-il lorsque de jeunes lettrés s’attaquent à une musique originellement dévolue aux mauvaises graines ? Cette question, les Londoniens de black midi y répondent avec Schlagenheim, premier album en forme de déflagration. Pas d’autre mot pour définir ce mélange d’érudition et d’énergie pure, comme le rock n’en avait pas connu depuis le Sun Coming Down de Ought. Car ces Anglais passés sur les bancs de la Brit School, comme d’autres prestigieux congénères (le génial King Krule), partagent avec ces Canadiens une rare intelligence punk. Ils sont capables d’empiler au sein d’une même chanson toute l’histoire d’un genre et de ses ramifications, avec une pertinence inouïe – sans oublier de secouer la nuque. Les guitares tordues et distordues de Matt Kwasniewski-Kelvin et le chant habité de l’extravagant Geordie Greep les posent en héritiers de Sonic Youth. Mais, curieux et fouineurs, ces quatre gusses jonglent avec les goûts et brouillent les pistes (les excellents Reggae et Western n’ont plus grand-chose à voir avec la langue d’Elvis). Tels des jazzmen, ils jouent de la répétitivité comme des brusques changements de rythme. Ne cherchez pas black midi à quatorze heures : c’est immanquable.


Rémi Boiteux
Concert(s)
Black Midi
Bruxelles, Beursschouwburg

Site internet : http://www.beursschouwburg.be

L'accueil est ouvert du lundi au vendredi de 10h à 18h
L'expo est ouverte en continu du mercredi au samedi de 11:00 à 18:00

10.10.2019 à 20h00complet
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