Home Cinéma The Brink (Steve Bannon, le grand manipulateur)

Basses manoeuvres

© L’atelier Distribution

Deuxième documentaire sur Steve Bannon en deux ans, The Brink révèle les coulisses de sa nouvelle arène politique, en tant que figure autoproclamée du “mouvement populiste”. Ce film précieux permet de mieux cerner la psychologie d’un croque-mitaine du XXIe siècle.

Figure de l’alt-right américaine et mauvais génie de la campagne de Trump en 2016, Steve Bannon fascine autant qu’il répugne. Alison Klayman l’a suivi pendant un an, de son départ avec fracas de la Maison Blanche jusqu’à l’échec des élections de mi-mandat pour les républicains en 2018. Dans une perspective naturaliste, caméra à l’épaule, la documentariste accompagne l’idéologue dans tous ses déplacements. Loin du brûlot, le film dévoile un trublion à la psychologie complexe. On y découvre un ancien banquier d’affaires, enchaînant les boissons énergisantes et citant volontiers Abraham Lincoln. Cynique, Bannon assume attiser le ressentiment de la population, et cultive une certaine proximité avec la presse new-yorkaise (à l’opposé de ses discours anti-élites). En Europe, à la rencontre du “brexiteur” Nigel Farage, de Marine Le Pen ou du nationaliste flamand Filip Dewinter, il esquisse son projet d’internationale populiste. C’est lors de ces entrevues que Klayman a essuyé ses premières portes closes. Steve Bannon garde ses secrets sur les tractations, notamment financières… Le film se termine sur les doutes du démagogue, toutefois persuadé d’être à l’avant-garde de l’Histoire. Pour le coup, on rêverait d’un happy end.

Hugo Guyon

Documentaire d’Alison Klayman. Sortie le 25.09

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