Home Cinéma The Beach Bum

Légitime défonce

© Courtesy of Neon and Vice

Personne n’a oublié James Franco jouant Everytime de Britney Spears sur un piano blanc avant d’enchaîner les braquages. Sept ans après Spring Breakers, Harmony Korine continue d’explorer les mythes de la Floride, à la recherche cette fois du fameux “Grand écrivain Américain”.

Poète à l’inspiration fatiguée, Moondog (Matthew McConaughey) écume les plages en bermuda et chemise bariolée. à l’occasion, il lance au milieu de grands éclats de rire quelques strophes obscènes. Mais passe le plus clair de son temps à séduire les femmes et fumer des joints – pas un hasard, si son meilleur ami (Lingerie) est interprété par Snoop Dogg. Annoncé comme un « stoner movie » (ou “film de défonce”), The Beach Bum renoue avec l’esthétique de Spring Breakers. Tout baigne ici sous des néons roses ou bleus. Le montage enchâsse les lieux, les situations et les dialogues avec un flow d’une limpidité rare. Mariage, enterrement, renaissance : du point de vue du récit, le film paraît lisse, répondant aux schémas d’une rédemption toute hollywoodienne. Mais Korine est (évidemment) plus retors. à travers Moondog, c’est le mythe de l’écrivain américain qui ressurgit, et avec lui l’ombre d’Hemingway, autre joyeux ripailleur qui avait ses quartiers à Key West. Faut-il prendre au sérieux cette crise d’inspiration ? Pas sûr. Mais le cinéaste ne se contente pas d’ironiser sur la figure de l’artiste, tiraillé entre un goût pour la débauche et son a(r)gent. Son héros est surtout un symbole de liberté. Et Korine reste notre sale gosse préféré.

Raphaël Nieuwjaer

De Harmony Korine, avec Matthew McConaughey, Isla Fisher, Snoop Dogg, Zac Efron… Sortie le 31.07